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	<title>Prise en charge de la douleur Archives - France Assos Santé</title>
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	<description>La voix des usagers</description>
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	<title>Prise en charge de la douleur Archives - France Assos Santé</title>
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		<title>Le projet TIGA pour lutter contre la douleur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sarah HECK]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2020 12:56:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Le Mag Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Fatigue et douleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Initiatives et innovations]]></category>
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					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-0"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><p><strong>TIGA signifie douleur en Samoan. Et il est grand temps de se soucier de la prise en charge de la douleur en France. En effet, la </strong><a href="https://www.sfetd-douleur.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><strong>Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur</strong></a><strong> (SFETD) rappelle que 12 millions de Français souffrent de douleurs chroniques et que 70% d’entre eux ne reçoivent pas de traitement adapté.<br />
</strong><strong>Entre les errances diagnostiques et le manque d’écoute et de traitements efficaces, les patients douloureux, épuisés, désemparés, parfois en situation de grande fragilité ou d’invalidité, démissionnent parfois totalement à l’idée d’être soulagés et délaissent peu à peu leur santé.<br />
</strong><strong>Sur la base du constat du risque avéré de rupture dans le parcours de santé pour ces patients douloureux chroniques, de multiples acteurs associatifs et institutionnels ont collaboré et imaginé le projet TIGA, un dispositif, déployé sur le territoire de la Ville de Paris, pour accompagner les plus vulnérables à reprendre le pouvoir sur leur santé.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>L’origine du projet TIGA</strong></h3>
<p>Mis en place début 2020, après 7 mois de préparation, le projet TIGA a été créé pour accompagner, dans leur parcours de santé, des personnes souffrant de douleurs chroniques et particulièrement fragiles, que cela soit sur le plan physique ou social.<br />
Le projet est porté par <a href="https://france-assos-sante.org/">France Assos Santé</a> et 3 de ses associations membres, à savoir :</p>
<ul>
<li><a href="https://www.petitsfreresdespauvres.fr/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Les Petits Frères des Pauvres</a></li>
<li>L’<a href="https://www.polyarthrite.org/index.php" target="_blank" rel="noopener noreferrer">APFric</a> (Association française des Polyarthritiques et des rhumatismes inflammatoires chroniques)</li>
<li>L’<a href="http://www.polyarthrite-andar.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ANDAR</a> (Association Nationale de Défense contre L&rsquo;Arthrite Rhumatoïde)</li>
</ul>
<p>Ces 4 associations d’usagers et de patients ont pour rôle, au sein du projet TIGA, d’identifier des personnes en état de douleur chronique et de leur proposer un accompagnement personnalisé. Alice Dassieu est la référente du parcours de santé du projet TIGA pour France Assos Santé. Elle assure l’accompagnement individuel des personnes et la coordination entre eux et les associations qui les ont orientés vers le dispositif.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>L’empowerment au cœur du dispositif</strong></h3>
<p>Ce dispositif, soutenu par une organisation territoriale, est co-contruit avec les usagers. L’objectif est d’engager une collaboration avec les patients suivis dans une démarche d’« empowerment », c’est à dire une démarche développant leur propre responsabilisation dans leur parcours de santé. Ils deviennent ainsi plus confiants, plus autonomes, davantage impliqués et acteurs de leur propre santé. Le but n’est pas qu’ils soient dépendants du dispositif mais que ce dernier leur serve de tremplin pour voler à nouveau de leurs propres ailes.<br />
Les participants au projet choisissent ainsi eux-mêmes s’ils préfèrent recevoir Alice à leur domicile, la rejoindre dans les locaux de l’association, privilégier le téléphone et parfois les appels en visio quand les bénéficiaires sont équipés du matériel et des abonnements nécessaires. Le téléphone et les appels en visio ont bien entendu été privilégiés durant le confinement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>Un accompagnement individuel, chacun à son rythme</strong></h3>
<p>Dans un premier temps, les patients bénéficiaires du dispositif sont reçus lors d’une consultation sur la douleur par le Dr Blanchet, médecin algologue. Une évaluation des besoins de chaque patient est alors formalisée. Sur cette base, Alice Dassieu entame un accompagnement individuel et règle en priorité les sujets les plus urgents, comme les troubles du sommeil, très courants chez les patients douloureux chroniques. L’accompagnement ne comprend pas uniquement un aspect médical ou de propositions et suivis de soins puisqu’il inclut les déterminants de la santé au sens large. Les orientations de prise en charge hors du champ purement médical sont très larges et vont de l’hypnose à la méditation, en passant par l’activité physique adaptée.<br />
« <em>Certains patients ont des demandes précises quand d’autres ont davantage besoin de conseils et de se sentir guidés. Dans tous les cas, la co-construction du parcours de santé est une priorité.  Leur imposer des solutions formatées, sans les écouter réellement, ne conviendrait pas</em>. », explique Alice Dassieu.<br />
Le recrutement des patients se fait bien entendu sur la base du volontariat et l’accompagnement est entièrement gratuit. Alice les contacte ou les voit environ une fois par semaine et reste joignable en cas de besoin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>Une première ébauche des problématiques des 14 premiers patients suivis par le projet TIGA depuis février 2020</strong></h3>
<p>Dans tous les cas, les patients souffrent de douleurs chroniques pour lesquelles ils ne sont pas soignés ou sont mal soignés ou encore pour lesquelles ils n’ont pas trouvé de traitement efficace. Dans l’ensemble, leurs attentes par rapport au projet TIGA sont de trouver un mieux-être, une meilleure qualité de vie, de recouvrer le sommeil et de reprendre davantage d’activités.<br />
Selon les cas, la rupture dans le parcours de santé a lieu, soit parce qu’il s’agit de personnes très éloignées du système de santé du fait d’un isolement social et d’un manque de repères dans le système de soins, soit parce qu’ils vivent des situations de telle précarité que leurs douleurs ne sont finalement pas leur priorité, soit, en dehors de toute préoccupation sociale, parce que les patients douloureux chroniques ne sont pas pris au sérieux et sont peu écoutés par les soignants, et parfois, par leur entourage. En outre, la prise en charge de la douleur en France ne suit pas un parcours vraiment formalisé et les patients, même motivés à se soigner, ne savent pas forcément vers qui se tourner. Effectivement, combien d’entre nous ont déjà pris rendez-vous avec un algologue ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>Les partenaires du projet TIGA.</strong></h3>
<p><a href="https://www.reseau-lcd.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Réseau Lutter contre la douleur</a></p>
<p><a href="http://hopitaux-paris-centre.aphp.fr/centre-detude-de-traitement-de-la-douleur/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">CETD (Centre d’Etude et de Traitement de la Douleur) de Cochin</a></p>
<p><a href="https://www.has-sante.fr/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">HAS (Haute Autorité de Santé)</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>NOS ARTICLES SUR LE MÊME THÈME :</strong></p>
<p><a href="https://france-assos-sante.org/2019/07/02/etat-des-lieux-sur-la-prise-en-charge-de-la-douleur-en-france/">Etat des lieux sur la prise en charge de la douleur en France</a></p>
<p><a href="https://france-assos-sante.org/actualite/prevenir-et-prendre-en-charge-la-douleur-decouvrez-notre-note-de-position/">Prévenir en prendre en charge la douleur : notre note de position</a></p>
<p><a href="https://france-assos-sante.org/2018/10/05/douleurs-et-sensations-de-brulures-pelviennes-et-si-cetait-le-nerf-pudendal/">Douleurs et sensations de brûlures pelviennes : et si c’était le nerf pudendal ?</a></p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-0" data-row="script-row-unique-0" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-0"));</script></div></div></div><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-1"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="fb_like wpb_content_element fb_type_standard wpb_content_element wpb_animate_when_almost_visible wpb_slideInLeft slideInLeft" ><iframe src="https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https://france-assos-sante.org/2020/09/01/projet-tiga-lutter-contre-la-douleur/&amp;layout=standard&amp;show_faces=false&amp;action=like&amp;colorscheme=light" scrolling="no" frameborder="0" allowTransparency="true"></iframe></div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-1" data-row="script-row-unique-1" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-1"));</script></div></div></div><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-2"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div  class="vc_tweetmeme-element wpb_animate_when_almost_visible wpb_slideInLeft slideInLeft wpb_content_element"><a href="https://twitter.com/share" class="twitter-share-button" >Tweet</a><script>!function(d,s,id){var js,fjs=d.getElementsByTagName(s)[0],p=/^http:/.test(d.location)?'http':'https';if(!d.getElementById(id)){js=d.createElement(s);js.id=id;js.src=p+'://platform.twitter.com/widgets.js';fjs.parentNode.insertBefore(js,fjs);}}(document, 'script', 'twitter-wjs');</script></div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-2" data-row="script-row-unique-2" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-2"));</script></div></div></div>
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			</item>
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		<title>Etat des lieux sur la prise en charge de la douleur en France</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2019/07/02/etat-des-lieux-sur-la-prise-en-charge-de-la-douleur-en-france/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jul 2019 15:27:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Fatigue et douleurs]]></category>
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					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-3"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><p><strong>Peut-être faites-vous partie des 12 millions de Français qui souffrent de douleurs chroniques et des 70% d’entre eux qui ne reçoivent pas un traitement approprié ? C’est le constat rappelé dans le <a href="http://www.sfetd-douleur.org/sites/default/files/u3349/Livres/livre_blanc-2017-10-24.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Livre Blanc de la Douleur</a> datant de 2017 et établi par la <a href="https://www.sfetd-douleur.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur</a> (SFETD). </strong></p>
<p><strong>Sous-estimées, sous-évaluées, sous traitées, les douleurs perdurent, s’installent. Les traitements mal adaptés manquent d’efficacité, chronicisent les douleurs, causent souvent des effets secondaires difficiles à supporter, voire des addictions. De telles situations peuvent s’avérer très invalidantes physiquement et moralement, tant au niveau privé qu’au niveau professionnel.</strong></p>
<p><strong>Bien entendu, une prise en charge inadaptée ou défaillante des patients douloureux  entraîne alors d’importants coûts pour la collectivité.</strong></p>
<p><strong>Il existe pourtant des centres spécialisés qui accueillent les patients douloureux chroniques : les centres d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD). Ces centres manquent malheureusement cruellement de moyens et alors qu’ils sont déjà engorgés, 30% d’entre eux pourraient fermer à moyen terme. En outre, il existe une iniquité territoriale d’accès aux soins très importante concernant le traitement de la douleur, puisqu’il n’y a tout simplement pas de médecins algologues dans certaines régions. </strong></p>
<p><strong>Le manque de volonté des pouvoirs publics par rapport à l’amélioration de la prise en charge de la douleur pousse ainsi de nombreux acteurs de la santé, dont les associations de patients, à s’emparer de ce problème, d’autant que le </strong><strong>4ème programme national douleur 2013-2017 n’a finalement pas vu le jour, que le sujet de la douleur a été quasiment absent du projet de loi santé de 2015, et que les budgets alloués à ce secteur s’amenuisent…</strong></p>
<h2>Douleur aiguë ou chronique ?</h2>
<p>Le docteur Frédéric Maillard du Centre National Ressources Douleur (CNRD) à l’hôpital parisien Armand Trousseau rappelle qu’il y a différents types de douleurs : celles dites « aiguës », récentes, et celles que l’on qualifie de « chroniques », c’est-à-dire évoluant depuis plus de 3 à 6 mois. Les deux types de douleur ne se traitent pas de la même façon.</p>
<p>En ce qui concerne les douleurs aiguës, en traitant la cause et en donnant des antalgiques, on parvient généralement à traiter la douleur. La prise en charge de ces douleurs a bien progressé, notamment à l’hôpital où désormais les douleurs péri-opératoires sont bien anticipées. Cependant les douleurs provoquées par les soins sont encore difficiles à maîtriser et à soulager. La <a href="https://www.sfetd-douleur.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur</a> (SFETD), dans son Livre Blanc rappelle que :</p>
<ul>
<li>« <em>Plus de 60 % des patients admis aux urgences ont une douleur modérée à sévère et moins d’1 sur 2 reçoit un traitement antalgique à l’admission.</em></li>
<li><em>Les douleurs du cancer restent encore insuffisamment traitées et il existe encore des réticences à utiliser les médicaments morphiniques dans ce domaine. </em></li>
<li><em>Près de 20 % des patients opérés gardent des séquelles douloureuses après une opération chirurgicale.</em>»</li>
</ul>
<p>En ce qui concerne la douleur chronique, le docteur Maillard explique qu’elle peut correspondre à une douleur aiguë qui n’a pas été bien traitée et s’est prolongée. Il est donc important de dépister et d’évaluer rapidement une douleur qui s’installe pour la prendre en charge sans tarder car plus elle dure et plus le système de détection de la douleur deviendra hypersensible au point que même si la cause première de la douleur a disparu, le système nerveux enverra des signaux au cerveau qui l’interprétera comme étant de la douleur. C’est le mécanisme physio-pathologique de ce que l’on appelle une « douleur chronique » qui s’auto-entretient si on ne réagit pas le plus tôt possible. L’un des exemples les plus fréquents est la douleur de la lombalgie qui en se prolongeant finit par échapper aux traitements antalgiques classiques. On peut aussi parler des cas de personnes amputées qui ressentent la douleur de leur membre fantôme, car le système nerveux génère la sensation de douleur en la localisant sur le membre qui n’existe plus. Ce dernier exemple montre qu’il est possible que la douleur persiste alors que la cause paraît de façon évidente avoir disparu.</p>
<p>« <em>C’est très décourageant pour les patients de souffrir dans un contexte où l’on ne peut pas mettre en évidence une cause et où le patient a du mal, en outre, à faire comprendre aux autres sa douleur. Pour les tiers, la douleur devient subjective et le patient peine à les faire valoir. Cela ajoute à la souffrance et à l’angoisse du patient. Il faut renforcer la formation des médecins à la prise en charge de ces douleurs afin qu’ils rassurent les patients, qu’ils leur expliquent pourquoi ils continuent d’avoir mal et de faire preuve d’empathie. Les patients ont besoin d’entendre qu’on les croit. </em>», ajoute Frédéric Maillard.</p>
<p>La douleur chronique est donc plus difficile à prendre en charge et nécessite la plupart du temps de consulter des spécialistes de la douleur, qui proposeront une approche pluridisciplinaire.</p>
<p>Selon le docteur Maillard, il y a beaucoup à gagner à apporter de l’information au grand public et aux professionnels de santé concernant la douleur chronique, afin d’apprendre à distinguer les douleurs dues à une cause que l’on peut traiter des douleurs dues à une sensibilisation du système nerveux. Les premières causes d’échappement thérapeutique sont surtout le fait d’erreurs dans l’évaluation de la douleur.</p>
<h2>Qui aller voir quand on souffre ?</h2>
<p>Frédéric Maillard regrette bien sûr que le 4<sup>ème</sup> programme national douleur n’ait pas vu le jour, puisqu’il devait mettre en avant la façon dont les patients pourraient exprimer leurs douleurs et se rapprocher des acteurs de proximité pour une prise en charge efficace. En effet, en premier lieu, les patients vont voir leur médecin généraliste ou éventuellement des spécialistes, comme un rhumatologue par exemple en cas d’arthrose. Le fait est que tous les médecins n’ont pas forcément reçu une formation adaptée à la prise en charge de la douleur.</p>
<p>Il y a également un type de médecins spécialistes assez peu connus du grand public et pourtant entièrement dédiés à la prise en charge de la douleur : les algologues. Ce sont des médecins qui consultent principalement au sein d’établissements hospitaliers, dans ce que l’on appelle les centres d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD), qui ont un rôle de recours en cas d’échec de la prise en charge auprès du médecin traitant. Malheureusement, seul un quart des établissements hospitaliers hébergent ce type de structures qui n’accueillent finalement pas plus de 3% des patients douloureux chroniques. Pour prendre rendez-vous dans un CETD, il faut avoir été adressé par son médecin, spécialiste ou généraliste, et le délai pour un premier rendez-vous se situe aux alentours de 3 mois, ce qui est très long quand on souffre…</p>
<h2>Quels sont les traitements efficaces pour traiter les douleurs chroniques ?</h2>
<p>Dans les centres d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD), il y a une approche pluridisciplinaire qui permet aux patients de tester et de croiser différentes pistes thérapeutiques. Il n’y a jamais de solutions toutes faites. Cela va dépendre de chaque patient et il faut bien comprendre que la douleur ne se soigne pas exclusivement dans le cabinet des médecins.</p>
<p>Si l’approche médicamenteuse paraît la plus évidente, son efficacité est limitée dans le contexte des douleurs chroniques, pour lesquelles on tentera également :</p>
<ul>
<li>Des approches physiques (par exemple : activité physique, stimulation électrique, kiné, yoga, acupuncture, Qi Gong,…) ;</li>
<li>Des approches psycho-corporelles (par exemple : psychologie, méditation, hypnose, etc.), qui permettent au cerveau d’interpréter la douleur différemment.</li>
</ul>
<p>Le docteur Maillard précise : « <em>Toutes ces approches sont des outils qui peuvent aider le patient à soulager sa douleur et si elle reste persistante, à accepter, à adapter sa vie en fonction de cette douleur. C’est un aspect essentiel pour le patient, car même si on peut parfois soulager un peu les douleurs, tout ne disparaît pas toujours et c’est alors important de travailler avec un psychologue pour gérer sa colère ou un sentiment d’injustice qui est comme une double peine pour le patient. Dans de tels cas, il faut pouvoir se fixer des objectifs compatibles avec l’état de santé du patient pour qu’il puisse accéder à un mieux-être, puis à un état de bien-être. </em>»</p>
<h2>Comment faire bouger les lignes et améliorer la prise en charge de la douleur ?</h2>
<p>D’après Laurence Roux, Chargée de mission santé publique chez <a href="https://france-assos-sante.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">France Assos Santé</a> et qui pilote le « groupe de travail douleur », un poids socio-culturel important persiste en France sur la vision de la douleur. Elle précise : « <em>On accorde une valeur à la douleur, qui nous vient de nos origines judéo-chrétiennes. Intrinsèquement, la douleur est encore considérée comme rédemptrice, purificatrice ou punitive.</em> ».</p>
<p>Elle explique que la douleur chronique n’est pas reconnue comme une maladie à part entière. De nombreuses associations de patients, comme l’<a href="https://www.association-afvd.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Association francophone pour Vaincre les douleurs</a> (AFVD) ou celles qui soutiennent les malades de fibromyalgie comme <a href="https://www.fibromyalgie-france.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Fibromyalgie France</a> ou <a href="https://fibromyalgiesos.fr/rdv2/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Fibromyalgie SOS</a>, ainsi que la <a href="https://www.sfetd-douleur.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Société Française d’étude et de traitement de la Douleur</a> (SFETD) réclament cette reconnaissance, notamment à travers le plaidoyer rédigé il y a quelques mois par la SFETD et quelques associations de patients mais qui n’a donné pour l’instant aucun résultat probant.</p>
<p>« <em>Chez France Assos Santé, un groupe de travail « douleur » a vu le jour. Ses objectifs sont d’intégrer la lutte contre la douleur dans toutes les politiques de santé, de soutenir le plaidoyer de la SFETD et d’interpeller les tutelles, comme la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Haute Autorité de Santé</a> et les <a href="https://www.ars.sante.fr/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Agences Régionales de Santé</a>. Nous voudrions également chiffrer et identifier les problématiques de prise en charge de la douleur dans les commissions d’usagers. Chaque <a href="https://france-assos-sante.org/2017/10/23/vous-aussi-devenez-representant-des-usagers/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">représentant d’usagers</a> siégeant à l’hôpital va essayer d’obtenir les chiffres de son établissement, même si on a conscience que cela ne sera que partiellement représentatif puisque les questionnaires de satisfaction aux patients sont trop peu remplis et ne sont pas fiables.</em> <em>En outre, une note de position a été rédigée par le groupe et des professionnels de santé. Un amendement douleur, requérant la nécessité de produire un état des lieux de la lutte contre la douleur, par la rédaction d’un rapport, a été déposé et retoqué par le Sénat. </em></p>
<p><em>France Assos Santé lance également un projet pilote sur les parcours de santé de personnes atteintes de douleur chronique à Paris </em>».</p>
<p>Lire la note de position de la douleur de France Assos Santé, en suivant <a href="https://france-assos-sante.org/actualite/prevenir-et-prendre-en-charge-la-douleur-decouvrez-notre-note-de-position/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">CE LIEN</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><u>DEUX TECHNIQUES DE POINTE DANS LE TRAITEMENT DE LA DOULEUR</u></strong></h3>
<p><strong>La neurostimulation médullaire expliquée par le Dr Borius, neurochirurgien à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris</strong></p>
<p>On propose la neurostimulation médullaire dans le cas de douleurs permanentes qu’on appelle « neuropathiques », c’est à dire qu’elles sont liées à un dysfonctionnement du système nerveux. On réserve ce traitement à des patients qui souffrent de douleurs rebelles, qui résistent à la prescription de médicaments, ainsi qu’à la prise en charge globale telle qu’elle est proposée dans les centres d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD).</p>
<p>Il s’agit de placer une électrode à la surface de la moelle épinière lors d’une intervention chirurgicale. Ces électrodes sont connectées à un neurostimulateur qui prend la forme d’un petit boitier, qui sera placé sous la peau (au niveau de l’abdomen, sous la clavicule, ou au niveau du quart supérieur de la fesse), au bout d’une semaine à 15 jours de test, si le patient réagit bien au traitement. C’est le cas pour plus de 90% d’entre eux lorsqu’ils sont bien sélectionnés.</p>
<p>Voici quel est le principe mis en jeu : dans le cadre de la douleur chronique, il y a une lésion nerveuse qui ne s’est pas réparée. Cela envoie au cerveau un message qui est celui d’une douleur permanente. La neurostimulation médullaire va « brouiller » le circuit de la douleur qui s’est mis en place depuis des mois, voire des années. Avec ce dispositif, le patient va ressentir comme des fourmillements au niveau de l’endroit où se situe sa douleur.</p>
<p>On cherche, en fait, à stimuler les fibres sensitives de la zone douloureuse, d’où le ressenti de fourmillements, pour atténuer voire bloquer le message de la douleur à cet endroit.</p>
<p>Il y a cependant des paramétrages de stimulation qui permettent de ne pas sentir les fourmillements tout en conservant l’effet antalgique. Les patients peuvent par exemple choisir d’avoir la sensation de fourmillement dans la journée (cela les rassure, cela leur montre que le dispositif fonctionne bien), mais la nuit ils préfèrent ne rien sentir.</p>
<p>10700 patients ont été traités par neurostimulation médullaire en France entre 2009 et 2013. Ce n’est pas encore une technique très connue, ni répandue, et tous les médecins ne pensent pas à adresser leurs patients à des équipes qui pratiquent ce type d’intervention.</p>
<p><strong>Les analgésies intrathécales expliquées par le Dr Dupoiron, du département Anesthésie-Douleur de l’<a href="http://www.ico-cancer.fr/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Institut de Cancérologie de l’Ouest</a></strong></p>
<p>Quand on donne de la morphine par voie générale, on en donne finalement beaucoup pour parvenir à ce qu’une très petite dose parvienne jusqu’aux récepteurs qui se situent essentiellement au niveau de la moelle épinière, afin de diminuer la transmission du message de douleur.</p>
<p>L’idée avec l’analgésie intrathécale est d’administrer l’analgésique directement dans le liquide céphalo-rachidien, au plus près des récepteurs, pour réduire les doses de médicament. On peut ainsi baisser les doses par 300, c’est-à-dire que 300mg de morphine administrés par voie orale auront le même effet que 1 mg injecté dans le liquide céphalo-rachidien qui entoure la moelle épinière. On obtient ainsi un meilleur contrôle de la douleur et, dans le même temps, on fait baisser les effets secondaires indésirables de la morphine administrée par voie générale. Le risque de dépendance est évidemment réduit. En effet, dans la plupart des cas, on peut réaliser un sevrage complet des morphiniques.</p>
<p>D’un point de vue pratique, il s’agit de placer, lors d’une intervention chirurgicale, une pompe rechargeable contenant l’analgésique relié à un tube (cathéter) qui atteint le liquide céphalo-rachidien. On place la pompe sous la peau et on la recharge à l’aide d’une injection à travers la peau, avec une aiguille spéciale, pratiquée par des soignants spécifiquement formés. La pompe peut être rechargée souvent pour les patients en traitement de cancer par exemple, c’est-à-dire toutes les deux à trois semaines. Pour les cas moins sévères, on recharge la pompe tous les trois mois environ.</p>
<p>Il est possible de mettre d’autres types d’antalgiques que la morphine dans la pompe et notamment des antalgiques à base de molécules novatrices à très fort pouvoir antalgique comme le Ziconotide que l’on ne peut pas inoculer par voie générale tant cet antalgique est puissant.</p>
<p>Ce n’est pas un traitement de première intention, bien que cela commence à le devenir aux Etats-Unis à cause des problèmes rencontrés par l’abus d’opioïdes. En France, on le propose quand une prise en charge globale de la douleur a échoué, pour des douleurs chroniques installées depuis plusieurs mois ou plusieurs années. Il arrive cependant, pour les patients cancéreux par exemple si les douleurs sont réfractaires, de proposer rapidement les antalgiques en administration intrathécale.</p>
<p>Peu de centres pratiquent ce traitement, qui n’est donc pas disponible dans toutes les régions et concerne environ 300 patients aujourd’hui en France.</p>
<p>La pompe est réglable et elle délivre l’antalgique en continu avec une option pour le patient, qui peut, à l’aide d’une télécommande, s’auto-administrer une dose supplémentaire avec un paramétrage qui bloque évidemment la délivrance du produit au-delà d’un certain seuil.</p>
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</div>
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<h3><strong>TÉMOIGNAGE DE VALÉRIE GISCLARD, PRÉSIDENTE DE L’<a href="https://unsed.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">UNSED</a> (Union nationale des syndromes d&rsquo;Ehlers-Danlos)</strong></h3>
<p>Je suis née avec une maladie rare que l’on appelle un syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile, mais on ne me l’a diagnostiqué que très tard, après mes 40 ans. J’ai donc vécu une enfance m’entendant dire que j’étais une gamine maladroite, qui avait toujours un truc de travers. C’est surtout une maladie qui s’attaque aux tissus conjonctifs (muscles, tendons, ligaments, etc.) et plus de 80% de mon corps est touché. Cela m’a valu, tout au long de ma vie, de multiples entorses, luxations, déchirures. À cette maladie, s’est ajoutée une endométriose qui a entrainé plusieurs interventions chirurgicales lorsque j’étais jeune fille. Il y a 30 ans, on ne parlait que très peu de l’endométriose et personne n’a pris en compte ma douleur, malgré mes règles hémorragiques et le fait que je me tordais littéralement en deux de douleur. On disait de moi que j’étais douillette et que je voulais surtout éviter d’aller à l’école. En outre, l’endométriose ne faisait évidemment pas bon ménage avec le syndrome d’Ehlers-Danlos que j’ignorais à l’époque.</p>
<p>En fait, depuis que je suis enfant, ma vie est douloureuse et le pire est que l’on s’habitue finalement à la douleur. Elle devient la norme et on croit que tout le monde a ce même niveau de douleur. Je me souviens que lorsque j’ai commencé à travailler, assez jeune, dans l’hôtellerie, quand je rentrais le soir, je n’arrivais pas à m’endormir tant j’avais mal partout et, à vrai dire, je pensais que tout le monde se couchait dans cet état.</p>
<p>Bien sûr, je trouve révoltant que l’on ne m’ait pas crue à l’époque, mais on ne prête pas plus attention à mon état de santé aujourd’hui, alors que désormais j’indique aux soignants que j’ai un syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile. C’est une maladie rare, donc je comprends que tout le monde ne la connaisse pas, mais souvent aux urgences, on dénigre mes douleurs sans chercher à se renseigner sur cette maladie. Il est même arrivé que l’on me donne, à mon insu, des morphiniques et des opiacées, alors que j’avais averti que j’étais allergique et que j’avais même sur moi ma carte d’allergies. Pire, j’ai malheureusement dû faire face également à une leucémie et il a fallu que je me batte pour ne pas précipiter les soins et rencontrer des médecins qui veuillent bien prendre en compte et m’expliquer les implications par rapport au syndrome d’Ehlers-Danlos.</p>
<p>À cause du syndrome d’Ehlers-Danlos, j’ai un périmètre de marche limité, une station debout difficile, des subluxations récurrentes des hanches, des genoux, des épaules, et j’ai donc besoin d’un fauteuil roulant électrique. La douleur fait partie de ma vie, alors quand je dis à un médecin que j’ai mal et que j’ai besoin d’une prise en charge spécifique pour mes douleurs, c’est que je suis arrivée à un stade de souffrance intolérable. Pourtant, il y a quelques semaines, alors que j’ai demandé une consultation pour la douleur à mon hématologue, il m’a tout simplement dit qu’il fallait que je me débrouille seule pour obtenir une consultation avec un spécialiste, en sachant que les temps d’attente sont très longs pour obtenir un rendez-vous.</p>
<p>Bien sûr, ces dernières années, on entend parler d’échelle de douleur à l’hôpital. Mais dans mon cas, quand un soignant m’interroge sur mon niveau de douleur, sur quoi suis-je sensée lui répondre ? Ma hanche, mes problèmes digestifs, mes épaules luxées ? Il y a eu des efforts peut-être, mais la réalité est que les équipes soignantes n’ont pas le temps de nous écouter et qu’on nous laisse sans solution. Dans mon cas, avec mon allergie aux morphiniques et aux opiacées, on ne me propose tout simplement rien d’autre pour essayer de me soulager. Là, je parle de douleur physique, mais c’est sans compter la souffrance morale que je vois beaucoup parmi les malades souffrant du syndrome d’Ehlers-Danlos que je rencontre. On a absolument besoin de comprendre d’où viennent nos douleurs. C’est une aide précieuse pour les supporter, mais bien souvent les malades manquent d’un accompagnement adapté sur ce point. La prise en charge de nos douleurs dépend vraiment de l’empathie des soignants que l’on rencontre et je dirais qu’une fois sur deux, on a un risque que cela se passe mal. En ce qui me concerne, j’ai subi beaucoup de dénigrements, voire d’humiliation de la part des personnels soignants qui ne me croyaient pas et c’est vraiment dur à supporter.</p>
<p>C’est pour cela que je me suis engagée à faire changer les mentalités, à collaborer avec les équipes dédiées pour mettre en place des solutions pérennes pour les patients.</p>
<h3><strong>TÉMOIGNAGE DE CLAIRE, 52 ANS ET PATIENTE EXPERTE AU SEIN DE L&rsquo;<a href="https://www.association-afvd.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">AFVD</a> (Association francophone pour Vaincre les douleurs) </strong></h3>
<p>J’ai une déformation de la colonne vertébrale qui a été diagnostiquée à l’adolescence et la douleur est devenue chronique il y a une douzaine d’années. Actuellement, À 52 ans seulement, je suis en retraite anticipée depuis 2 ans pour invalidité à cause de mes douleurs. Il a fallu que j’organise ma vie en fonction de ces douleurs et notamment de me résoudre, à un moment, à me mettre à mi-temps thérapeutique, ce qui a représenté une perte de revenus importante bien sûr. J’ai également entrepris des séances de relaxation, de sophrologie, de <a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/16/la-meditation-pleine-conscience-appliquee-au-champ-medical/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">méditation pleine conscience</a>, qui m’ont beaucoup aidée mais qui n’étaient pas prises en charge par l’Assurance maladie.</p>
<p>Je souffre de ce que l’on appelle des douleurs neuropathiques, dues à des lésions nerveuses de nerfs qui se sont retrouvés coincés dans la colonne vertébrale. Cela se traduit par des pertes de sensibilité, des douleurs intenses et des risques de paralysie. Le risque de paralysie a été évité de justesse mais les douleurs sont restées et elles sont réputées comme étant très difficiles à soulager. Les traitements qui existent actuellement ne fonctionnent pas efficacement chez tous les patients. En ce qui me concerne, je n’ai pas réagi de façon optimale. Au bout de 3 ans d’échec thérapeutique, après avoir essayé tous les médicaments possibles, et une prise en charge pluridisciplinaire dans un centre d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD), j’ai été orientée vers la neurostimulation médullaire qui m’a apporté un soulagement partiel, suffisant pour gérer un peu le quotidien mais par pour retourner au travail. Ce qui m’a beaucoup perturbée dans ce parcours de soin, c’est qu’il a fallu que je comprenne toute seule que j’étais arrivée au bout du chemin par rapport à ce que la médecine pouvait me proposer. Cela m’a pris des années, après de nombreuses tentatives pour reprendre mon travail, que je n’y arriverai plus. On n’est plus vraiment accompagné dans cette phase. C’est un deuil à faire. J’aurais aimé que l’on me dise que l’échec thérapeutique est une possibilité, que cela arrive parfois. C’est très difficile d’avoir à le comprendre et l’assumer seul, car on s’épuise pour essayer d’atteindre des objectifs qui ne sont tout simplement pas réalistes. J’aurais pu anticiper, revoir mes projets de vie et éviter de passer par une longue étape très décourageante.</p>
<p>Mon parcours a été ponctué d’une grande difficulté à trouver des médecins qui soient à l’écoute et j’ai changé plusieurs fois de médecins traitants car ils sont peu formés à la prise en charge de la douleur.</p>
<p>Au cours de ces dernières années, j’ai remarqué que les délais de rendez-vous pour voir un spécialiste &#8211; et pas uniquement un spécialiste de la douleur &#8211; s’allongent et atteignent souvent jusqu’à 6 mois. En outre, tous les spécialistes ne sont pas formés à la prise en charge de la douleur chronique. Cela signifie que ce n’est pas parce qu’on est enfin dans le cabinet du spécialiste que l’on aura une écoute et une prise en charge adaptée pour la douleur. On est alors réorienté vers un autre praticien, 6 mois s’écoulent à nouveau et entre temps il faut supporter sa douleur et essayer de vivre avec, sans traitement, ni accompagnement adaptés. Avec de la chance, le médecin généraliste connaît et comprend le patient douloureux mais ce n’est pas fréquent et pour les généralistes, ce sont des consultations chronophages, alors qu’ils sont déjà débordés. Enfin, il y a les consultations dédiées à la douleur dans les centres d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD), mais là aussi, les délais sont très importants puisque selon les centres, il faut parfois attendre 1 an ! Il y a donc beaucoup d’errance thérapeutique. Ces délais jouent avec la santé du patient puisque la douleur peut s’aggraver, et sa situation professionnelle, privée et sociale peut se dégrader.</p>
<p>Je pense aussi que les médecins sont eux-mêmes désemparés quand ils n’ont pas la solution pour soulager leurs patients et qu’il peut aussi se mettre en place un système de défense chez eux qui consiste à leur répondre qu’ils n’ont rien, que c’est dans leur tête, qu’ils ne font pas assez d’efforts et se complaisent dans cette situation. Les médecins n’ont pas les clés, dans leur formation, pour affronter ces situations où ils sont finalement impuissants et ils réagissent parfois par de l’exaspération.</p>
<div class="_3bJ2H CHExY">
<div class="_1l8RX _1ByhS"><em>Photo by <a href="https://unsplash.com/@roadtripwithraj?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText">Raj Eiamworakul</a> on </em><a href="https://unsplash.com/?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText"><em>Unsplash</em></a></div>
</div>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-5" data-row="script-row-unique-5" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-5"));</script></div></div></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Activité physique adaptée, fibromyalgie et syndrome de fatigue chronique</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2019/01/21/activite-physique-adaptee-fibromyalgie-et-syndrome-de-fatigue-chronique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2019 07:59:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Prévention et addictions]]></category>
		<category><![CDATA[Fatigue et douleurs]]></category>
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					<description><![CDATA[La fibromyalgie est un syndrome qui touche 2 à 3 % de la population en Europe, principalement des femmes à partir de 30 ou 35 ans.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La fibromyalgie est un syndrome qui touche 2 à 3 % de la population en Europe, principalement des femmes à partir de 30 ou 35 ans. Ce syndrome associe des douleurs diffuses, c’est-à-dire généralisées sur tout le corps, une grande fatigue et des troubles du sommeil sous forme d’un sommeil non réparateur ou d’une insomnie récurrente en raison d’un sommeil perturbé par les douleurs. Ces symptômes peuvent être invalidants au point de ne plus pouvoir mener une vie normale, autant sur le plan privé que professionnel. </strong></p>
<p><strong>Les douleurs et la fatigue sont évidemment des facteurs de démobilisation à l’activité physique, ce qui peut entraîner un cercle vicieux et laisser glisser le malade vers une sédentarité non souhaitable, puisqu’elle est un facteur de risque de perte d’autonomie et de développer un surpoids, voire de l’obésité ainsi que d’autres maladies comme le diabète, des troubles cardiovasculaires, certains cancers, etc.</strong></p>
<p><strong>Malgré les douleurs, il est recommandé de marcher tous les jours et de pratiquer une activité physique 2 à 3 fois par semaine, le tout de façon lente et régulière, en respectant son rythme et ses capacités. En cas de besoin, les malades peuvent aussi s’engager dans un programme d’« <a href="http://www.66millionsdimpatients.org/activite-physique-adaptee-conseils-pratiques-pour-lintegrer-dans-son-parcours-de-soins/" target="_blank" rel="noopener">activité physique adaptée</a> » (APA) prévue pour la fibromyalgie qui, comme son nom l’indique, sera spécifiquement élaborée pour accueillir chaque malade, quel que soit son âge, son état de santé ou ses capacités physiques. Les éducateurs en APA sont formés pour organiser des séances, dans diverses disciplines, comme la marche nordique, la gym douce, le Tai-Chi, le yoga, la balnéothérapie, l’aquagym, la sophrologie, etc., et de faire en sorte que chacun, à son rythme et selon ses possibilités, puisse suivre le programme sans se faire mal, puisse progresser petit à petit, et puisse voir ses douleurs et sa fatigue diminuer. </strong></p>
<p><strong>Pour trouver un programme d’activité physique adaptée, renseignez-vous auprès :</strong></p>
<ul>
<li><strong>Des mouvements sportifs locaux dont les organisations multisports comme :</strong><br />
&#8211; <strong>La fédération française <a href="http://www.sportspourtous.org/fr/notre-expertise/sport-sante-bien-etre/le-programme-diabetaction.html" target="_blank" rel="noopener">Sport pour tous</a></strong><br />
&#8211; <strong>La <a href="https://www.sport-sante.fr/fr/gymnastique-volontaire-ffepgv/programmes-ffepgv-publics-specifiques/diabete-et-obesite.html" target="_blank" rel="noopener">FFEPGV</a> (Fédération Française d&rsquo;Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire)</strong><br />
&#8211; <strong>Le groupe associatif <a href="http://www.sielbleu.org/" target="_blank" rel="noopener">Siel Bleu</a></strong></li>
<li><strong>Des associations locales de patients</strong></li>
<li><strong>Des réseaux sport santé bien-être de votre département</strong></li>
<li><strong>Des </strong><strong><a href="https://www.ars.sante.fr/" target="_blank" rel="noopener">Agences régionales de Santé</a></strong><strong> (ARS) ou de la </strong><strong><a href="http://drdjscs.gouv.fr/" target="_blank" rel="noopener">Direction régionale et départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale</a></strong><strong> (DRDJSCS) qui ont pour mission de recenser et de mettre à disposition du public les offres d’activité physique adaptée disponibles.</strong></li>
</ul>
<h2>INTERVIEW DE CAROLE ROBERT, PRÉSIDENTE DE <a href="http://www.fibromyalgie-france.org/" target="_blank" rel="noopener">FIBROMYALGIE FRANCE</a></h2>
<p><strong>66 Millions d’Impatients : Quelles sont, pour la fibromyalgie, les activités physiques les plus pertinentes ? Est-il possible de les étendre encore davantage à des activités hors du champ « sportif » comme de la sophrologie, des balades en forêt, etc. ?</strong></p>
<p>Dans la prise en charge de la douleur chronique fibromyalgique, selon les experts de l&rsquo;EULAR (<a href="https://www.eular.org/index.cfm" target="_blank" rel="noopener">European League Against Rheumatism</a>), la seule modalité thérapeutique qui peut être « fortement » recommandée en première intention dans la prise en charge de la maladie est justement l&rsquo;exercice physique. En effet, celui-ci est reconnu par les études analysées comme significativement efficace contre la douleur et le handicap fonctionnel.</p>
<p>Les activités physiques les plus pertinentes sont les activités en balnéothérapie (aquagym, vélo dans l’eau, etc.), le vélo sous contrôle du kinésithérapeute lors de la phase de rééducation, la marche nordique&#8230; En fait, toute activité physique qui ne s’appuie pas sur la performance mais sur l’endurance, à doses contrôlées.</p>
<p>Cependant, au-delà de l’activité physique, les patients sont de plus en plus nombreux à avoir recours à des activités telles que l’acupuncture, l’hypnose, la relaxation, la sophrologie, mais il existe un frein financier pour les patients.</p>
<p><strong>Par rapport aux besoins spécifiques des patients représentés dans votre association, quels sont les meilleurs indicateurs possibles pour évaluer si l’activité physique adaptée remplit bien ses objectifs ?</strong></p>
<p>Dans le cadre de la prise en charge de la douleur chronique fibromyalgique, les meilleurs indicateurs sont ceux portant sur la qualité de vie et l’autonomie. Si la fatigue et le sommeil peuvent être améliorés, ceci influe directement sur l’humeur. Le ressenti du patient concernant la douleur chronique peut alors être nettement modifié.</p>
<p><strong>Quels autres bénéfices peuvent apporter l’activité physique aux malades fibromyalgiques ?</strong></p>
<p>En raison de la douleur chronique sur tout le corps les malades évitent les efforts. Cet évitement peut entraîner une prise de poids, un isolement social, une dépression réactionnelle contre lesquels il faut pouvoir lutter avec des outils adéquates.</p>
<p>L’activité physique adaptée, bien conduite, au début sous surveillance d’un kinésithérapeute ou d’un intervenant qualifié comme un enseignant APA, redonne confiance au patient. Il peut oser reprendre lentement une activité – de son choix – et apprendre à moduler ses efforts (suffisamment mais pas trop pour éviter d’aggraver les douleurs).</p>
<p>L’APA devrait faire partie intégrante d’un programme d’Education Thérapeutique du Patient douloureux chronique fibromyalgique avec un suivi sur le long terme. En effet, une fois seul chez lui, sans un minimum d’accompagnement, le risque de « laisser tomber » les bonnes habitudes est grand.</p>
<h2>INTERVIEW CROISÉE DU DOCTEUR RENEVIER, RHUMATOLOGUE, ET D’ERWIN PAVARD, EDUCATEUR EN ACTIVITÉ PHYSIQUE ADAPTÉE.</h2>
<p><strong>TOUS DEUX TRAVAILLENT AU CENTRE DE RÉADAPTATION FONCTIONNELLE APARC À ROSNY-SUR-SEINE ET ACCUEILLENT RÉGULIÈREMENT DES PATIENTS FIBROMYALGIQUES</strong></p>
<p><strong>66 Millions d’Impatients : Est-ce que l’activité physique augmente ou au contraire peut calmer les douleurs chez les fibromyalgiques ?</strong></p>
<p><strong>Dr Renevier </strong>: Ce n’est pas l’activité physique qui est en cause dans la fibromyalgie mais le mouvement qui créé des tensions douloureuses au niveau des articulations, des tendons et des ligaments. Chez les fibromyalgiques, ces tensions sont beaucoup plus douloureuses que chez une personne qui ne souffre pas de cette maladie, car les fibromyalgiques ont un seuil de sensibilité douloureux exacerbé.</p>
<p><strong>Erwin Pavard </strong>: La douleur est diffuse sur l’intégralité du corps. Elle est généralisée et touche le dos, les membres supérieurs, inférieurs, etc. Il n’y a pas de localisation précise concernant les douleurs qui freinent la pratique d’une activité physique, mais c’est plutôt l’intensité des douleurs qui va décourager les patients.</p>
<p>En activité physique adaptée, on mesure d’ailleurs la douleur avant, pendant et après l’effort pour évaluer s’il y a ou non une variation de la douleur due à l’effort.</p>
<p>Certains exercices ont pour objectif de soulager les douleurs quand on fait par exemple des exercices de relaxation, en balnéothérapie notamment, ou des exercices de sophrologie.</p>
<p><strong>Quel est l’objectif et quels sont les moyens déployés lors d’un programme d’activité physique adaptée à la fibromyalgie ?</strong></p>
<p><strong>Erwin Pavard </strong>: L’objectif quand on souffre de fibromyalgie est de proposer une activité lente et régulière. Si on adapte bien les exercices, les patients les supportent bien malgré les douleurs. La balnéothérapie est une très bonne indication, car grâce à l’apesanteur ressentie dans l’eau, on atténue les effets secondaires et les douleurs. La chaleur permet en outre d’augmenter le relâchement musculaire.</p>
<p>En réalité, on peut pratiquer n’importe quelle activité physique en adaptant l’intensité aux capacités de la personne et en évitant toute activité où il faut supporter des charges ou de travailler en « résistance ». La gym douce, telle qu’elle est pratiquée chez les seniors, et la marche lente et régulière sont par exemple tout à fait indiquées pour les patients souffrant de fibromyalgie.</p>
<p><strong>Dr Renevier</strong> : Systématiquement, dans nos programmes d’éducation thérapeutique, on fait un bilan douloureux et on détermine avec les patients leur seuil de douleur pour pouvoir adapter le programme d’activité physique. On ne fera pas travailler de la même façon un patient un jour où l’intensité de sa douleur est à 9/10 et un autre jour où sa douleur est estimée à 6/10. Dans ce type de programme de rééducation en fibromyalgie, il est nécessaire que la prise en charge soit individualisée et de s’adapter à la personne, au jour le jour.</p>
<p><strong>Y a-t-il un seuil d’intensité et de fréquence au-delà duquel l’activité physique est bénéfique aux malades ?</strong></p>
<p><strong>Erwin Pavard </strong>: Quand nous recevons les patients pour le programme de rééducation, qui dure entre 4 à 6 semaines, ils sont dans une phase aigüe de la douleur et dans les journées que nous leur proposons, il y a environ 2 à 3 heures d’activités physiques par jour, réparties entre la kinésithérapie, l’ergothérapie, la balnéothérapie et l’activité physique adaptée. C’est donc un programme assez chargé. A l’issue du programme, ils repartent chez eux avec des conseils d’hygiène de vie au sens large puisque les patients rencontrent également un diététicien, et le but du stage est bel et bien de les encourager à appliquer cette hygiène de vie à la maison.</p>
<p>En rentrant chez eux, on leur recommande de marcher au moins 30 minutes à une heure par jour ou de faire du vélo elliptique qui est également bien adapté à leurs capacités physiques. En plus de cette base d’activité physique quotidienne, il est conseillé de pratiquer au moins deux heures, chaque semaine, une activité douce régulièrement comme de la marche nordique, de l’aquagym (idéalement adaptée pour les seniors, sans quoi cela peut-être trop intensif), du pilates, du Tai-Chi, etc. Il y a beaucoup d’activités qui ne sont pas traumatisantes et conviennent aux fibromyalgiques. On insiste sur la marche en priorité, car cela ne demande pas de matériel, ni d’investissement financier. Dans les faits, l’engagement des patients à conserver un bon niveau d’activité physique à la sortie du centre de rééducation va aussi beaucoup dépendre de leur personnalité.</p>
<p><strong>Un jour où un malade fibromyalgique ressent de grandes douleurs, est-il bénéfique qu’il sorte au moins pour marcher quelques minutes ou vaut-il mieux qu’il se repose ?</strong></p>
<p><strong>Dr Renevier</strong> : L’idéal est de sortir, ne serait-ce que pour prendre un peu l’air ou sinon de faire quelques étirements chez soi. En fait, dès lors que le patient est dans une zone de douleur qui lui laisse quand même la possibilité de se mettre en mouvement sans souffrance excessive, alors, toute pratique d’une activité physique douce, comme la gym douce, la marche lente et régulière, le tai-chi, la sophrologie, etc. sera bénéfique.</p>
<p>Il est important que les patients bougent dès qu’ils le peuvent, car le risque est que s’installe au bout d’un certain temps ce que l’on appelle une kinésiophobie, c’est-à-dire la peur des mouvements. L’objectif de l’activité physique adaptée est d’enseigner aux malades des mouvements très doux au départ, pour qu’ils ne craignent pas d’en faire régulièrement. Au fur et à mesure, on peut éventuellement augmenter l’intensité.</p>
<p><strong>Le manque d’exercice physique chez les fibromyalgiques est-il une cause de comorbidités ?</strong></p>
<p><strong>Dr Renevier :</strong> Les comorbidités chez les fibromyalgiques sont fréquentes mais pas forcément liées au manque d’activité physique. Il y a plein de comorbidités liées aux symptômes associés aux trois critères principaux de la fibromyalgie, à savoir la douleur chronique, la fatigue et les troubles du sommeil. Dire que ces comorbidités, que ce soit les troubles cognitifs, digestifs, de la mémoire, de l’attention, etc. sont en rapport avec un défaut d’activité, on ne peut pas l’affirmer. En revanche, le défaut d’activité sûrement va entraîner une comorbidité fréquente associée à la fibromyalgie qui est un syndrome anxio-dépressif. Le fait de rester chez soi ne va pas améliorer l’aspect relationnel dans la vie des malades qui est difficile à gérer dans la fibromyalgie. C’est un rapport de cause à effet assez instinctif, ce dont je vous parle là n’est pas factuel.</p>
<p><strong>Comment se passe une prise en charge dans un centre de réadaptation comme le vôtre ?</strong></p>
<p><strong>Dr Renevier </strong>: Nous accueillons des patients fibromyalgiques pour une hospitalisation complète de 4 à 6 semaines, dans une phase que l’on peut qualifier de burn-out. Ce sont généralement des femmes, puisque la maladie touche principalement les femmes, entre 30 et 50 ans, qui arrivent au bout de ce qu’elles peuvent supporter, à la fois sur le plan professionnel, sur le plan social et familial. En outre, elles errent depuis longtemps de médecins en médecins, prennent parfois plusieurs traitements antalgiques simultanément pour calmer leurs douleurs et ont besoin de sortir de ce cercle vicieux. Nous avons une approche pluridisciplinaire avec des médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, éducateurs en activité physique adaptée, psychologues, diététiciens, etc.</p>
<p>En sortant du centre, il y a une amélioration au niveau de la douleur qui descend autour de 4/10 alors qu’elles entraient avec des douleurs extrêmes. On note aussi une amélioration des mouvements, de la résistance à l’effort et du sommeil. Il y a également un mieux-être psychique. Souvent, les patientes peuvent alors envisager la reprise d’une vie personnelle, voire d’une activité professionnelle, au moins en mi-temps thérapeutique.</p>
<p>Pour être pris en charge dans notre centre de rééducation, il suffit de faire une demande d’entente préalable auprès de la sécurité sociale et, en général, c’est accepté puisque dans les centres de rééducation, l’objectif est de proposer une prise en charge pluridisciplinaire de patients dont l’état de santé nécessite une réhabilitation ou une amélioration.</p>
<p>Il y a peu de centres de rééducation qui accueillent des personnes fibromyalgiques. Je pense pourtant que ce type de prise en charge individualisée et encadrée est nécessaire car en ville, pour obtenir un même résultat, cela serait très chronophage et obligerait à mobiliser de nombreux acteurs de santé.</p>
<p>Notre service va déménager en 2020 dans un tout nouveau centre qui s’appellera l’Oiseau blanc, à Mantes-la-Jolie, et où nous pourrons alors également accueillir des patients en hôpital de jour, ce qui nous permettra de recevoir plus de patients, avec une plus grande souplesse.</p>
<h1>TÉMOIGNAGE DE MURIEL, 49 ANS, YVELINES</h1>
<p>Cela fait 10 ans que je suis malade. C’est un rhumatologue qui m’a parlé en premier de fibromyalgie car j’avais mal partout. J’ai laissé trainer le problème car j’avais deux enfants et je mettais les douleurs sur le dos de ma fatigue, des grossesses, d’une opération que j’ai subie au niveau du dos. Au fur à mesure, j’ai eu de plus en plus mal aux articulations, et me rendant compte qu’il y avait un problème plus sérieux qu’une simple fatigue, j’ai consulté à nouveau et le diagnostic d’une fibromyalgie a été confirmé.</p>
<p>Avec les années, les douleurs et la fatigue s’accentuent. Je dors très mal car les douleurs, qui me font souffrir toute la journée, sont souvent encore plus fortes la nuit et me réveillent. J’ai vraiment mal partout et un peu plus au niveau du dos et des cervicales, car j’ai deux hernies à cet endroit.</p>
<p>Cela m’a peu à peu invalidé. Cela fait désormais deux ans que je ne travaille plus. Dès que je fais quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire comme une sortie, le lendemain je suis épuisée, j’ai mal et je dois rester couchée. Il faut même que l’on m’aide parfois à me monter dans mon lit tellement je souffre. Cela dit, je continue à me battre pour continuer à faire au maximum comme tout le monde.</p>
<p>C’est d’autant plus difficile pour moi que j’étais très dynamique, très sportive. J’ai fait du roller en compétition et j’ai même été championne de France quand j’étais plus jeune. Me voir ainsi diminuée aujourd’hui est moralement très difficile. J’ai longtemps tenu, beaucoup travaillé malgré la maladie. Je ne l’écoutais pas. Je me suis effondrée en fait quand mes enfants ont pris leur indépendance et ont quitté la maison. Jusqu’alors, j’ai l’impression que malgré les douleurs, l’adrénaline me permettait de tenir. Il y a quatre ans, j’ai donc fait un malaise et je suis restée couchée 1 semaine. J’avais besoin d’aide pour tout, me lever, me laver, manger. C’était un burn-out complet. Aujourd’hui, j’évalue mon échelle de douleur moyenne quotidienne à 4/10 et les douleurs peuvent aller jusqu’à 6 à 8/10. Le pire est que je ne dors quasiment pas. En moyenne, je dors deux heures par nuit, et une bonne nuit pour moi c’est quatre heures de sommeil.</p>
<p>J’ai déjà suivi deux fois le programme du Dr Renevier au centre de réadaptation, en 2015 et en 2017, et je fais actuellement un troisième stage. À chaque fois je suis restée 3 semaines. La première fois, j’ai un peu mal vécu le fait d’être si longtemps hospitalisée mais la deuxième fois j’ai même regretté de ne pas rester plus longtemps. Il y a beaucoup d’activités tout au long de la journée. C’est assez dur à suivre, mais l’équipe est vraiment très compétente. Il y a d’abord la kiné le matin pendant une heure qui me permet de commencer la journée en me relaxant, ensuite on fait des exercices en balnéothérapie, vient une phase de repos et le déjeuner, puis l’après-midi je revois à nouveau la kinésithérapeute. Tout le monde est très à l’écoute. À la piscine, on adapte les exercices pour qu’ils soient très doux et que je n’ai pas mal. Je crois que c’est la piscine qui me plait le plus dans le programme. Dans l’eau, j’ai l’impression de revivre. Mes muscles se détendent, l’eau chaude me soulage. Les séances de kinésithérapie me font également beaucoup de bien. C’est tout en douceur. Certains jours, quand je me sens vraiment mal, la kinésithérapeute n’insiste pas, on ne fait pas d’exercices et elle me fait des petits massages par exemple pour que je me repose. Trois fois par semaine pendant le stage, on rencontre aussi une ergothérapeute. C’est très utile, on discute beaucoup du fonctionnement du corps, de la façon de faire les gestes du quotidien pour avoir moins mal. On est donc très sollicité mais tout se passe en douceur.</p>
<p>À la fin des deux stages, j’avais moins mal mais de retour à la maison, j’ai surtout du mal à me mettre en route le matin. Je me lève, j’essaye de faire un peu de ménage mais rapidement après je suis fatiguée et les douleurs m’empêchent de faire autre chose. Je ne vais pas à la piscine, car elle est trop froide pour moi pour y faire des exercices doux. En fait, malgré les conseils de l’équipe durant le stage, une fois rentrée à la maison, je n’arrive pas à me motiver toute seule. Je perds très vite les bénéfices des 3 semaines au centre malheureusement.</p>
<p>En attendant, par le biais du centre anti-douleur des Mureaux où je suis suivie, je vais pouvoir commencer des cours adaptés de Qi-Gong à partir de février. L’accès à des activités physiques adaptées va peut-être me permettre de me motiver et de continuer à poursuivre le travail fait au centre de réadaptation. Je suis même prête à aller à des activités physiques adaptées pour les personnes âgées si elles me conviennent. Pour aller mieux, je suis prête à tout !</p>
<div>
<h2>LE CAS PARTICULIER DU SYNDROME DE FATIGUE CHRONIQUE</h2>
</div>
<p>Alors que l’activité physique est désormais reconnue comme un outil thérapeutique par la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2878690/fr/activites-physiques-et-sportives-un-guide-pour-faciliter-la-prescription-medicale" target="_blank" rel="noopener">Haute Autorité de Santé</a> (HAS), au même titre que le sont par exemple les médicaments, il y a un cas particulier où elle n’est pas recommandée, c’est pour <a href="http://www.66millionsdimpatients.org/syndrome-de-fatigue-chronique-une-maladie-a-part-entiere/" target="_blank" rel="noopener">le syndrome de fatigue chronique (SFC), ainsi que nous l’avions vu dans cet article de 66 Millions d’Impatients</a>. En effet, le SFC se caractérise par une fatigue permanente, un sommeil non réparateur et également ce que l’on appelle des « malaises post-efforts », c’est-à-dire que lorsque les malades font une activité qui sort de l’ordinaire, ils s’écroulent de fatigue dans les 48 heures qui suivent cet effort supplémentaire. Ainsi que l’explique le professeur de Korwin, spécialiste en médecine interne et président du conseil scientifique de l’<a href="http://www.asso-sfc.org/" target="_blank" rel="noopener">Association Française de Fatigue Chronique</a> (ASFC), ce malaise post-efforts peut durer de quelques heures à plusieurs semaines et avoir lieu après un effort physique mais aussi émotionnel ou intellectuel.</p>
<p>Il n’est pourtant pas question de cesser toute activité physique, afin de ne pas sombrer dans la sédentarité et son cortège de maladies associées, mais il est nécessaire d’anticiper ses activités et de les adapter pour éviter les malaises post-efforts.</p>
<h1>QUELQUES MOTS DE ROBERT SCHENK, PRÉSIDENT DE L’<a href="http://www.asso-sfc.org/" target="_blank" rel="noopener">ASSOCIATION FRANÇAISE DE FATIGUE CHRONIQUE</a> (ASFC) SUR L’ACTIVITÉ PHYSIQUE, ADAPTÉE OU NON, DANS LE CAS DU SYNDROME DE FATIGUE CHRONIQUE (SFC)</h1>
<p>Il n’est pas évident de conjuguer activité et SFC puisque les experts de la maladie préconisent surtout le repos.</p>
<p>Les malades qui souffrent de SFC utilisent en fait un système de « Pacing », qui consiste à considérer qu’en se levant le matin ils sont comme une batterie qui ne pourra fournir qu’une quantité définie d’énergie.</p>
<p>Il faut donc arriver à connaître cette quantité, puis évaluer la part d’énergie requise pour chaque activité de la journée et faire le décompte pour ne jamais dépasser cette limite, sous peine de faire un malaise post-effort, qui est une spécificité de la maladie.</p>
<p>En revanche, beaucoup de nos adhérents se lancent vers certaines activités comme la sophrologie ou la méditation pleine conscience qui semblent leur amener de l’apaisement et pour certains une meilleure acceptation de leur état.</p>
<p>Pour l’instant, nous sommes plutôt dans la recherche de documents qui valident notre position pour éviter des souffrances inutiles aux malades.</p>
<p>Pour nous, c’est une hérésie de lancer un malade avec un SFC dans une activité physique, même si elle est adaptée. En revanche, les personnes souffrant de fibromyalgie sont eux plutôt aptes à suivre un programme d’activité physique adaptée&#8230; mais que faire alors des 40 % de malades atteints de SFC qui présentent aussi une fibromyalgie ?</p>
<ul>
<li><a href="http://www.66millionsdimpatients.org/activite-physique-adaptee-conseils-pratiques-pour-lintegrer-dans-son-parcours-de-soins/">Retrouvez ici notre DOSSIER consacré à l&rsquo;activité physique adaptée (APA)</a></li>
</ul>
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		<title>Douleurs et sensations de brûlures pelviennes : et si c’était le nerf pudendal ?</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2018/10/05/douleurs-et-sensations-de-brulures-pelviennes-et-si-cetait-le-nerf-pudendal/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Oct 2018 15:11:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fatigue et douleurs]]></category>
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					<description><![CDATA[La névralgie pudendale, qu'est-ce ? Le diagnostic est souvent long à poser. La névralgie pudentale se caractérise par un nerf pudendal enflammé ou lésé, qui provoque souvent de très vives douleurs au niveau de l’anus, du pénis pour les hommes et du clitoris et du vagin pour les femmes.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-6"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><p><strong>La névralgie pudendale correspond à une atteinte du nerf pudendal qui se situe au niveau de la zone pelvienne. On estime que 6 personnes sur 1000 sont touchées et que 3% vivent en phase de crise aigüe de douleur. En période de crise, qui peut durer malheureusement plusieurs années du fait que les médecins connaissent peu cette pathologie et que le diagnostic peut être très long à poser, les douleurs sont souvent violentes et invalidantes puisqu’elles se manifestent tout particulièrement lorsque l’on est assis. Cette position devient souvent intenable pour les malades, ce qui n’est pas sans poser de grands problèmes dans leur vie de tous les jours.  La névralgie pudendale est aujourd’hui enseignée aux étudiants en médecine mais depuis assez peu de temps finalement. C’est pourquoi pour l’instant, peu de médecins savent la reconnaître. </strong></p>
<p><strong>Ainsi, Nicole Briand, Présidente de l’Association d’information sur la névralgie pudendale (AINP), entend souvent des patients qui arrivent vers elle lui expliquer qu’ils ont été traités et parfois opérés pour diverses pathologies supposées en urologie ou en gynécologie avant de se rendre compte qu’il s’agissait tout simplement du nerf pudendal enflammé ou lésé, qui provoque donc parfois de très vives douleurs au niveau de l’anus, du pénis pour les hommes et du clitoris, du vagin et de l&rsquo;anus pour les femmes. Nombreux sont également les patients traités sans résultat avec des anti-douleurs et anxiolytiques inadaptés, qui les laissent continuer à souffrir durant de très nombreux mois, voire plusieurs années. </strong></p>
<h2>Interview de NICOLE BRIAND, Présidente de l’<a href="https://www.association-ainp.com/" target="_blank" rel="noopener">ASSOCIATION AINP</a> (association d&rsquo;information sur la névralgie pudentale)</h2>
<h3>Que sait-on sur l’origine de la douleur de la névralgie pudendale ?</h3>
<p>On sait désormais pourquoi et comment le nerf est abîmé ou irrité mais on l’a compris finalement depuis peu et les médecins ne sont d’ailleurs pas tous au courant de la façon de traiter la névralgie pudendale.</p>
<p>Il y a en réalité deux raisons principales à l’apparition de la douleur, qui sont différentes et ont en commun la lésion plus ou moins importante du nerf pudendal et qui ont pour conséquence le même type de douleurs.</p>
<p>Le nerf pudendal innerve le muscle que l’on appelle le périnée et qui se trouve dans la région pelvienne. Quand on souffre de ce nerf-là, les raisons sont :</p>
<ul>
<li>Dans les cas les moins fréquents, le nerf a été blessé par exemple :<br />
&#8211; en chutant très fortement sur les fesses,<br />
&#8211; en ayant pratiqué énormément de sport assis comme l’équitation ou le vélo<br />
&#8211; et pour les femmes en particulier qui sont plus touchées que les hommes, cela peut être suite à une intervention gynécologique ou urologique.</li>
<li>Dans la grande majorité des cas, 90 à 95%, il s’agit du nerf pudendal qui se trouve irrité, enflammé par les contractions musculaires à répétition durant plusieurs mois ou années. Cela apparaît alors vers 50 et plus encore 60 ans. C’est tout simplement le résultat de la vie et particulièrement de l’accumulation du stress qui fait de plus en plus partie de nos vies. A force de stress, on vit contracté au quotidien, jusqu’au moment où cela met le feu aux poudres. C’est vrai pour le nerf pudendal, mais c’est vrai également pour tous les autres nerfs. Il se trouve que le nerf pudendal, dans la mesure où l’on s’assoit dessus puisqu’il est tout en bas de la zone pelvienne, on le sent et on en souffre plus particulièrement.</li>
</ul>
<h2>Comment se manifeste la douleur dans le cas du nerf pudendal ?</h2>
<p>Du fait qu’il se situe dans la zone pelvienne, s’il est enflammé, on ne parvient plus à s’asseoir. Cela devient très douloureux. La douleur se calme un peu quand on est allongé mais cela met souvent plusieurs heures à se calmer. C’est une douleur épouvantable qui se manifeste comme une sensation de brûlure et il faut savoir que quand un nerf est irrité, la douleur apparaît au niveau des terminaisons nerveuses.</p>
<p>Dans le cas du nerf pudendal, les douleurs vont et viennent dans les différentes terminaisons nerveuses liées à ce nerf et qui se trouvent :</p>
<ul>
<li>Chez les hommes :<br />
&#8211; au niveau de l’anus<br />
&#8211; au niveau de l’urètre<br />
&#8211; au bout de la verge</li>
<li>Chez les femmes :<br />
&#8211; Dans le clitoris, ce qui peut d’ailleurs provoquer des orgasmes spontanés, évidemment non désirés et insupportables<br />
&#8211; A la sortie du canal vaginal<br />
&#8211; A la sortie du canal urinaire<br />
&#8211; Au niveau de l’anus</li>
</ul>
<p>En dehors des sensations de brûlures très douloureuses, les patients peuvent aussi ressentir une impression de corps étranger intra-rectal ou intra-vaginal.</p>
<p>Le fait que l’on ne puisse plus s’asseoir pose évidemment de gros problèmes pour aller travailler mais il y a d’autres conséquences par rapport à cette maladie, comme le fait de ne plus pouvoir avoir de vie sexuelle, avec des troubles érectiles chez les hommes, des douleurs à l’éjaculation ou lors de la pénétration.</p>
<p>Les patients peuvent aussi souffrir de fausses envies de déféquer, d’envies d’uriner plus souvent, de constipation, etc.</p>
<h3>Quels sont les traitements ?</h3>
<p>Les seuls anti-douleurs réellement efficaces sont les anti-épileptiques.</p>
<p>La plupart du temps, comme c’est une maladie encore trop peu connue des médecins, ces derniers prescrivent aux patients une batterie d’anti-douleurs qui n’agissent pas. Faute de résultat, souvent le médecin finit par prescrire un anxiolytique qui ne calme pas la douleur mais qui endort les récepteurs de la douleur situés dans le cerveau, de telle façon que l’on ne souffre alors effectivement plus. Le problème est que les effets secondaires peuvent être mal supportés car cela met un peu dans un état second et que cela fatigue notamment.</p>
<p>Avant d’envisager la chirurgie, il faut s&rsquo;assurer que le nerf n&rsquo;est pas uniquement irrité par des contractions musculaires. Un traitement médicamenteux est donc mis en place. Un décontractant musculaire classique n’est pas indiqué car un traitement « choc » limité dans le temps ne convient pas. Il faut plus de temps pour que les muscles commencent à se relâcher afin de ne plus irriter les nerfs. La prescription est donc celle d’un anti-dépresseur dosé en fonction du stress du patient. Le traitement dure environ 6 mois, car c’est le temps nécessaire aux muscles pour se décontracter complètement et au nerf de se calmer pour, petit à petit, cesser de souffrir. Tout ce qui est relaxant comme la sophrologie, l&rsquo;hypnose et de nombreuses thérapies psycho-corporels peuvent alors être d’une grande aide en complément des médicaments.</p>
<p>Si malgré ce traitement le patient continue de souffrir, cela indique qu&rsquo;il y a un autre problème et il faut alors envisager l’intervention chirurgicale.</p>
<h3>En quoi consiste le traitement chirurgical ?</h3>
<p>Pour les cas les plus fréquents, il s&rsquo;agit de décompresser le nerf. Le nerf pudendal se trouve précisément dans le canal d’Alcook et il arrive que l’on parle de ce canal pour parler de l’opération chirurgicale qui peut être envisagée comme traitement à la névralgie pudendale, de la même façon que l’on parle de l’opération du canal carpien pour la main. Il s’agit en réalité du même type de chirurgie.<br />
En fait, lorsqu’un nerf est blessé, il s’entoure de fibrose, qui sont des adhérences et qui compriment le nerf. Peu à peu, le nerf perd sa mobilité de sorte qu’à chaque fois que l’on bouge, on tire sur le nerf qui n’est plus mobile et on souffre.<br />
L’intervention chirurgicale consiste donc à ouvrir pour retirer les adhérences et redonner au nerf sa mobilité pour lui permettre de se régénérer. Il faut alors compter 1 an et demi à 2 ans pour que le nerf se régénère. Le seul problème avec le nerf pudendal, c’est que peu de chirurgiens pratiquent l’opération, bien qu’elle soit facile et dure une vingtaine de minutes, car il faut bien connaître cette zone du corps qui est un peu particulière du fait que lorsque le chirurgien ouvre la fesse, il se trouve confronté aux organes, aux viscères, aux muscles, parfois à beaucoup de graisse et qu’il n’est pas forcément évident de trouver le nerf.<br />
Il faut aussi savoir que le nerf se sépare en deux. Parfois le chirurgien ouvre la fesse à droite, parfois à gauche, parfois des deux côtés.</p>
<p>Plus rarement, en raison d&rsquo;une petite malformation d&rsquo;origine, le nerf est coincé dans la pince ligamentaire au niveau du ligament sacro-épineux. Le ligament est alors sectionné pour libérer le nerf.</p>
<h3>Qui consulter quand les symptômes apparaissent ?</h3>
<p>La névralgie pudendale fait partie du programme d’enseignement en médecine depuis très peu de temps et malheureusement, même dans les centres anti-douleur, cette pathologie n’est pas forcément connue de tous les médecins qui souvent proposent un traitement inadapté par anti-douleurs classiques puis anxiolytiques.</p>
<p>A l’association, nous connaissons surtout 3 centres spécialisés qui sont au fait de cette maladie et que nous indiquons aux patients qui nous appellent. Ils sont à Nantes, à Aix-en-Provence et à Saint-Jean-de-Luz.</p>
<p>En dehors de cela, les spécialistes officiellement en charge de la névralgie pudendale sont les urologues et, le mieux, est de consulter un urologue qui soit également neurologue.</p>
<h3>Pourquoi certains patients continuent à souffrir après l’opération ?</h3>
<p>Certains patients continuent malheureusement, en effet, à souffrir après avoir été opérés. Au début c’est normal, il faut du temps pour que le nerf se régénère (environ 1 an et demi à 2 ans) et on souffre en général jusqu’au 6<sup>ème</sup> mois après l’opération. Au delà, si les douleurs persistent, ce sont en réalité la plupart du temps des douleurs chroniques « fantômes » générées par le cerveau et qui étaient auparavant masquées par des douleurs aigües, c’est-à-dire réellement conséquentes au nerf blessé. On parle de douleur chronique en général quand cela dure depuis 6 mois. Dans le cas du nerf pudendal par exemple, une fois que l’on a été opéré, que la douleur aigüe a donc été supprimée et que le temps nécessaire à la régénaration du nerf est passé, si le patient souffre encore, il s’agit très certainement alors d’une douleur chronique qui est comme imprimée dans le cerveau. Cela ne retire rien à la réalité de la douleur bien entendu qui peut être très intense mais elle est en réalité fabriquée par notre mental. C’est un peu comme les personnes amputées qui continuent à souffrir de ce membre qu’ils n’ont plus. En fait, un bon moyen de savoir si la douleur est aigüe ou chronique, c’est quand elle a tendance à disparaître quand on est en vacances par exemple, c’est-à-dire au repos et que petit à petit on ne pense plus à la douleur qui par conséquent se fait oublier. Dans de tels cas, dès que la douleur ressurgit, c’est très vraisemblablement de la douleur chronique.</p>
<h3>Comment se débarrasser de ces douleurs chroniques « mentales » ?</h3>
<p>En théorie, elles pourraient être éliminées du jour en lendemain. C’est un peu une question de nature et à l’inverse, malheureusement, certaines personnes vivent toutes leur vie avec ce type de douleur. L’idée est de « décrocher », de ne plus y penser. En fait, dans n’importe quelle maladie, on guérit et ensuite le moral revient. Pour les douleurs chroniques qui n’ont pas de causes réelles mais sont bel et bien présentes, c’est l’inverse qu’il faudrait réussir à mettre en place, c’est-à-dire que retrouver le moral va aider petit à petit à effacer les douleurs. Les thérapies psycho-corporelles comme la sophrologie, l’auto-hypnose ou la méditation pleine conscience (<a href="http://www.66millionsdimpatients.org/la-meditation-pleine-conscience-appliquee-au-champ-medical/" target="_blank" rel="noopener">voir l’article de 66 Millions d’Impatients sur le sujet</a>) peuvent soutenir ce cheminement.</p>
<h3>Où en est-on de la reconnaissance et de la prise en charge de la névralgie pudendale ?</h3>
<p>Nous avons été gentiment reçus au ministère de la santé par le bras droit de Marisol Touraine mais on n’a jamais rien obtenu vraiment. La névralgie pudendale n&rsquo;a toujours pas la reconnaissance ouvrant des droits aux malades qui en sont atteints. Je pense que cela ne sera jamais pris en charge en Affection Longue Durée (ALD), car c’est ouvrir la boîte de Pandore puisqu’il y a tellement de maladies qui ont la même problématique que nous concernant la douleur chronique comme la fibromyalgie par exemple. Les patients sont donc remboursés des médicaments ou de la chirurgie mais ils ne sont pas pris en charge en ALD.</p>
<p>Ainsi aujourd’hui, les personnes souffrant de névralgie pudendale qui ne peuvent plus aller travailler font valoir de simples congés maladie mais ce n’est évidemment pas reconductible à l’infini.</p>
<h1>Témoignage de FRANÇOISE, 70 ans, région Nouvelle-Aquitaine</h1>
<p>Les douleurs se sont déclarées en 2003 alors que j’avais 55 ans, suite à une petite opération chirurgicale gynécologique bégnine. J’ai parlé au chirurgien des douleurs qui étaient apparues quelque temps après son intervention mais il était rassurant, me disant que tout était « nickel ». Aujourd’hui encore, de mon côté, sans pouvoir le vérifier, j’ai le sentiment qu’il y a pourtant un rapport de cause à effet entre cette opération et mes douleurs qui persistent depuis maintenant 15 ans.</p>
<p>Au début, on ressent surtout des douleurs pelviennes, une gêne lorsque l’on est assis, des perceptions pénibles au niveau des organes génitaux : brûlures, pincements, sesation de plomb. Dans un premier temps, j’ai eu du mal à en parler à mon médecin car j’étais mal à l’aise et j’avais d’ailleurs des difficultés à décrire précisément tous ces symptômes qui m&rsquo;étaient totalement inconnus. La position assise passant peu à peu de la gêne à la douleur, la situation au travail est devenue compliquée à gérer, d’autant que j’occupais alors un poste administratif, que j’étais assise toute la journée devant un ordinateur et que je faisais mes trajets en voiture de mon domicile à mon travail. Je me levais de ma chaise dès que je le pouvais. J&rsquo;avais des lombalgies terribles. Je disais à mes collègues que j’avais un problème au coccyx. Au bout de 6 à 8 mois, j’ai commencé à souffrir terriblement, d’une part sur le plan physique, particulièrement en fin de journée, mais également sur le plan moral car les différents médecins, généralistes puis spécialistes que je voyais ne savaient pas ce que j’avais et cela a généré chez moi une grande angoisse. Commença alors la descente aux enfers, une longue errance médicale, des consultations avec un rhumatologue, des gynécologues, des neurologues, des ostéopathes, un suivi par le centre anti-douleur de Bordeaux, une psychothérapie, une coloscopie, des séances avec plusieurs kinésithérapeutes, de multiples essais avec le panel entier des anti-inflammatoires non stéroïdiens et plusieurs antidépresseurs, au bout de 5 ans de souffrance, un médecin spécialiste de la douleur a fini par trouver un antalgique puissant qui me soulageait un peu mais il ne savait toujours pas d’où les douleurs provenaient.</p>
<p>Je vais éviter d’énumérer tous les magnétiseurs, kinésiologues et autres praticiens de médecine parallèle que j’ai également vus. J’ai malheureusement dépensé beaucoup d’argent pour peu de résultats car à cette période la douleur était trop intense pour que je sois réceptive aux médecines douces. Il était d’abord nécessaire que je sois soulagée par le traitement à base d’antalgiques que j’ai finalement trouvé. En effet, au bout de 5 ans de souffrances, un médecin généraliste et humaniste, qui s&rsquo;intéressait à la douleur de ses patients, a pris le temps de m&rsquo;écouter et m&rsquo;a prescrit un antalgique puissant qui me soulagea un peu. Toutefois, lui aussi ne parvenait pas à mettre un nom sur mes symptômes. J&rsquo;avais fini par identifier mes symptômes en faisant des recherches sur internet, et j&rsquo;en étais arrivée à une conclusion possible : je souffrais d&rsquo;un syndrome appelé « névralgie du nerf pudendal », bien que tout le monde me disait (tous praticiens confondus) que ce n&rsquo;était pas possible que ce soit « ça » !!! Une fois ce traitement mis en place, j’ai repris la pratique de la méditation pleine conscience (<a href="http://www.66millionsdimpatients.org/la-meditation-pleine-conscience-appliquee-au-champ-medical/" target="_blank" rel="noopener">voir notre article sur le sujet</a>) de la sophrologie ou de l’auto-hypnose et ce type de thérapies m’aident vraiment à supporter les douleurs qui malheureusement persistent malgré les antalgiques.</p>
<p>Il faut aussi comprendre que peu à peu, parallèlement à cette pathologie, s&rsquo;installe tout un cortège de douleurs comme :</p>
<ul>
<li>Des lombalgies à cause des mauvaises postures, notamment lorsque l’on est assis, puisque dans le cas de la névralgie pudendale, la position assise est la plus douloureuse</li>
<li>Des envies fréquente d&rsquo;uriner (pollakiurie) dues aux spasmes de l&rsquo;urètre</li>
<li>De la constipation due aux médicaments et aux spasmes du pelvis</li>
</ul>
<p>Il y a aussi les événements de la vie, des dueils, qui, à cette période m’ont particulièrement stressée et ont aggravé les douleurs.</p>
<p>En 2015, alors que je n’avais toujours pas d’idée sur l’origine des mes douleurs, après 12 ans d’errance, j’ai entendu parler de l’AINP (<a href="https://www.association-ainp.com/" target="_blank" rel="noopener">Association d’Information sur la Névralgie Pudendale</a>) et grâce à l’association, je suis un peu sortie de mon enfer. J&rsquo;y ai trouvé du soutien et de la compréhension, mais aussi des informations précieuses. J’ai alors été orientée vers le CHU de Nantes où se trouve un service spécialisé dans les douleurs pelvi-périnéales. J’ai été reçue dans ce service pour y pratiquer des examens approfondis qui ont révélé que c’était bien le nerf pudendal qui était mis en cause. Enfin j&rsquo;étais entendue et comprise par le corps médical !<br />
Différents traitements m’ont alors été proposés :</p>
<ul>
<li>Des injections de botox dans la zone du nerf,</li>
<li>Des infiltrations,</li>
<li>Une technique de stimulation magnétique transcrânienne répétitive (RTMS), utilisée pour les douleurs neuropathiques chroniques,</li>
<li>De la radiofréquence pulsée (technique qui consiste à envoyer avec une aiguille spéciale, une onde électrique par fréquence, tout près du nerf douloureux).</li>
</ul>
<p>Malheureusement, tous ces protocoles ne m&rsquo;ont pas apporté de soulagement durable.<br />
La chirurgie a bien sûr été envisagée. D&rsquo;abord réticente, j&rsquo;ai pris ma décision, en sachant que le chirurgien du CHU de Nantes qui avait une longue expérience de cette intervention et la maîtrisait très bien, partait à la retraite. J&rsquo;ai été opérée en mars 2017. A ce jour, aujourd’hui, je n’ai toujours pas noté d’amélioration. Mais rien n&rsquo;est encore perdu !<br />
Depuis 15 ans que je vis avec cette douleur, ma vie a évidemment changé. Je vis plus au ralenti, je suis plus fatiguée qu’avant, j’ai fait le deuil de certaines activités comme la randonnée que je pratiquais beaucoup. Je me suis beaucoup remise en cause et j&rsquo;ai fait « du tri » dans mon organisation de vie. Je me passerai bien entendu volontiers de la douleur mais, dans un sens cette douleur a enrichi mon rapport à moi-même, aux autres, ma façon de voir la vie. Il ne faut pas hésiter à écarter tout ce qui ne vous convient plus, y compris les personnes toxiques. La douleur oblige à changer nos mauvaises habitudes. Heureusement dans mon cas, mon conjoint a été d’un grand soutien car souvent l’entourage ne comprend pas ce syndrome. Mais comment le pourrait-il puisque nous-mêmes en tant que patients, on ne le comprend pas vraiment ? Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai 70 ans, mon corps se raidit et ma mémoire s&rsquo;efface peu à peu. Je vis au ralenti et ma vie sociale est réduite. Mais depuis que je suis dans l&rsquo;acceptation mon moral est bien meilleur et je gère mieux ma douleur. Je garde encore une bonne énergie de vie, ce qui me permet, à partir de mon expérience, d&rsquo;aider les autres dans le cadre de notre association.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Témoignage de MICHAEL, 29 ans, Tours</h1>
<p>Les douleurs sont apparues lorsque j’avais 25 ans et je les ai accentuées sans le vouloir. Au départ, les médecins ne savaient pas trop de quoi il s’agissait. La douleur était gênante, comme si j’avais un hématome au niveau du périnée mais supportable, et il a été envisagé en premier lieu que je souffre de varices au niveau des testicules pour lesquelles j’ai subi une embolisation. Dans la semaine qui a suivi l’intervention, la zone a gravement enflé, puis quand tout a commencé à rentrer dans l’ordre au bout de 8 jours, les douleurs ont été de plus en plus vives. D’après les médecins, la névralgie pudendale était sûrement là depuis le début et a été exacerbée par l’embolisation. Assez rapidement après, un soir, j’ai eu des douleurs intenses à la fin de ma journée de travail, au moment de m’asseoir dans ma voiture. J’ai alors compris que le problème était sérieux. Malheureusement, à partir de ce moment et durant deux ans, je suis passé de médecins en médecins ainsi qu’en centre antidouleur sans savoir ce que j’avais. Pendant cette période, j’ai fait beaucoup de kinésithérapie qui m’a permis de contrôler ma douleur mais jamais de la supprimer. C’est finalement un ami Nantais étudiant en médecine qui a fait le rapprochement avec le nerf pudendal. J’en ai alors parlé à un neurologue à Tours où j’habite qui a confirmé cette piste de névralgie pudendale. J’ai fini par me rendre dans le service du professeur Robert à Nantes, qui est aujourd’hui à la retraite et qui a enfin, au bout de 2 ans et demi de souffrance, confirmé le diagnostic.</p>
<p>Evidemment, ces douleurs ont eu beaucoup d’impact dans ma vie. Il a fallu notamment que je fasse une croix sur l’une de mes passions qui est la moto. Au travail, je ne pouvais tout simplement pas rester assis tellement cela me faisait mal. J’en ai parlé assez librement à mes collaborateurs car je ne suis pas quelqu’un de très pudique. J’ai fini par trouver un coussin ergonomique qui me soulageait et qui n’était heureusement pas très cher. J’en ai acheté 4 que je laissais au bureau, chez moi, dans ma voiture, etc. En parallèle, je m’étais installé un bureau en hauteur pour travailler debout. J’ai résisté le plus possible pour continuer à mener ma vie normalement mais cela a été très dur parfois au point d’avoir des idées suicidaires. Cela dit, ces années et ces douleurs m’ont également aidé à comprendre ce qui est vraiment bon pour moi. J’étais quelqu’un qui accordait par exemple beaucoup d’importance à l’image que je pouvais donner de moi-même plutôt qu’à mes besoins réels et peu à peu j’ai changé. La première année, la douleur a eu pour conséquence que je me renferme. Heureusement, ma famille et ma compagne ont été très présents pour moi, ce qui m’a permis de ne pas sombrer dans cet isolement. J’ai aussi beaucoup misé sur les médecines douces, comme l’ostéopathie ou la kinésithérapie et j’ai également travaillé sur moi-même avec un psychologue. Enfin j’ai commencé à pratiquer le yoga et la méditation qui m’ont aidé à supporter la douleur et le mal-être qui s’ensuivait. Peu à peu, je me suis rendu compte que je me laissais trop happer par mon travail. J’étais alors conducteur de travaux. Très investi, je partais de chez moi à l’aurore pour rentrer à 21 heures le soir et les douleurs m’ont fait comprendre qu’il fallait que j’organise ma vie différemment, que je prenne soin de moi, que je fasse un travail plus en accord avec mes besoins et mes envies.</p>
<p>Finalement, toujours désemparé face aux douleurs constantes qui étaient la plupart du temps supportables mais pouvaient survenir par crises très intenses pendant quelques jours, je me suis fait opérer il y a 11 mois. Les 6 premiers mois suivant l’opération ont été très pénibles mais aujourd’hui le résultat est plutôt positif même si j’ai encore des hauts et des bas. Je ne peux toujours pas m’asseoir sans coussin mais j’ai enfin pu reprendre le yoga et la méditation. Aujourd’hui, malgré les moments difficiles, je vois la vie comme un cadeau, comme une magnifique occasion à grandir. Et je ne suis qu&rsquo;au début de cette magnifique aventure. Je privilégie dans mes choix mon confort de vie plutôt que mon confort financier et j’ai même entamé une reconversion professionnelle.</p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-6" data-row="script-row-unique-6" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-6"));</script></div></div></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Syndrome de fatigue chronique : une maladie à part entière</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2018/09/07/syndrome-de-fatigue-chronique-une-maladie-a-part-entiere/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Sep 2018 14:25:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fatigue et douleurs]]></category>
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					<description><![CDATA[Qu'est-ce que le syndrome de fatigue chronique ? Comment se déclenche-t-il et évolue, ce qu’il impose aux personnes qui en souffrent et quelles sont les pistes thérapeutiques actuelles ? Le point avec l'interview de deux spécialistes du sujet : Robert Schenk, Président de l’ASFC, et le Professeur de Korwin, président du conseil scientifique de l’association.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le syndrome de fatigue chronique (SFC), également appelé « encéphalomyélite myalgique », est une maladie malheureusement bien mystérieuse à propos de laquelle on sait très peu de choses. Aucun marqueur biologique ne permet de l’identifier, seul un ensemble de symptômes, qui lorsqu’ils se manifestent de façon intense sont particulièrement invalidants, permet de déterminer si l’on souffre ou non de ce syndrome. </strong></p>
<p><strong>Toujours est-il que le SFC a bel et bien été reconnu par la classification internationale des maladies et par l’Assurance maladie en France mais, sur le terrain, de nombreux médecins laissent les malades démunis et estiment que leurs symptômes sont simplement les conséquences de troubles dépressifs.  </strong></p>
<p><strong>Essayons de comprendre le syndrome de fatigue chronique, comment il se déclenche et évolue, ce qu’il impose aux personnes qui en souffrent et quelles sont les pistes thérapeutiques actuelles avec les interviews de deux spécialistes du sujet : Robert Schenk, Président de l’association française du syndrome de fatigue chronique, et le Professeur de Korwin, président du conseil scientifique de l’association. Nous retrouverons prochainement des témoignages de patients.</strong></p>
<h2>INTERVIEW DE ROBERT SCHENK, PRÉSIDENT DE L’<a href="http://www.asso-sfc.org/" target="_blank" rel="noopener">ASSOCIATION FRANÇAISE DU SYNDROME DE FATIGUE CHRONIQUE</a> (ASFC)</h2>
<p><strong>66 Millions d’IMpatients : Comment apparaissent et quels sont les symptômes du syndrome de fatigue chronique (SFC) ?</strong></p>
<p><strong>Robert Schenk </strong>: Le SFC apparaît la plupart du temps comme les symptômes d’une grippe avec de la fatigue et de la fièvre. Au fur et à mesure, la fièvre tombe mais la fatigue persiste. On ne sait malheureusement pas pourquoi ce syndrome se déclenche.</p>
<p>Le syndrome de SFC typique se caractérise par :</p>
<ul>
<li>Une fatigue permanente qui dure au-delà de 6 mois.</li>
<li>Un sommeil non réparateur, c’est-à-dire que les malades se lèvent parfois épuisés malgré un nombre d’heures de sommeil tout à fait suffisant.</li>
<li>Des malaises post-efforts, c’est-à-dire que si les malades font une activité qui demande un peu plus d’efforts que d’ordinaire, ils seront obligés de se reposer dans les 48 heures qui suivent cet effort supplémentaire.</li>
<li>Il y a également deux symptômes annexes :<br />
&#8211; au début de la maladie, il peut y avoir des troubles cognitifs importants, notamment des pertes de mémoire ou des troubles de la concentration, mais cela s’estompe peu à peu ;<br />
&#8211; le fait de ne pas pouvoir, chez certains malades, rester plus de 15 à 20 minutes debout.</li>
</ul>
<p>La fatigue est permanente quand on souffre de SFC. Il peut donc également y avoir des épisodes de « crises » qui intensifient la fatigue jusqu’à l’épuisement complet quand il y a notamment un malaise post-effort.</p>
<p>Aujourd’hui nous n’avons constaté aucune guérison parmi les malades que nous connaissons. Les troubles cognitifs qui peuvent apparaître au début s’estompent et il arrive chez certains patients que leur état s’améliore un petit peu mais la fatigue ne disparaît pas.</p>
<p><strong>Combien y a-t-il de malades en France et quel âge ont en général les malades qui souffrent de SFC ?</strong></p>
<p>Je vous avoue que je ne sais pas d’où sortent ces chiffres mais on parle de 50 000 à 200 000 malades en France. Aux Etats-Unis, il y en aurait plusieurs millions.</p>
<p>On distingue deux groupes de patients :</p>
<ul>
<li>On a souvent des malades jeunes, qui ont entre 16 et 20 ans, qui font plutôt de brillantes études et tombent tout à coup dans un épuisement brutal et des problèmes de mémoire. Il s’agit quand même de 10% de nos adhérents.</li>
<li>Sinon, l’âge moyen se situe entre 40 et 50 ans.</li>
</ul>
<p><strong>De nombreuses maladies entrainent les mêmes symptômes que le SFC. Comment savoir s’il s’agit bien du syndrome de fatigue chronique et non de conséquences liées à une autre pathologie ?</strong></p>
<p>C’est vrai que le diagnostic est souvent difficile à établir et la frontière avec une fatigue inhérente à d’autres maladies est ténue.</p>
<p>Par exemple, beaucoup de gens qui ont eu des problèmes de thyroïde et sont guéris d’après leurs analyses restent fatigués après ce traitement qui a pourtant fonctionné. De la même façon, les personnes qui ont eu des prothèses PIP lésées et ont donc été intoxiquées par le silicone présentent également un état de fatigue permanent ou un sommeil non-réparateur. Les personnes souffrant de fibromyalgie également ont des symptômes très proches du SFC, avec cependant, en plus, des douleurs dans le corps. Toutes ces personnes présentent donc les symptômes du SFC, mais peut-on dire qu’ils sont atteints de SFC ? C’est difficile à évaluer.</p>
<p><strong>Que sait-on des causes de cette maladie ?</strong></p>
<p>Bien que le SFC soit classé comme une maladie neurologique, les études qui sont actuellement menées sur la maladie montrent que ce syndrome relève surtout de l’immunologie et que les foyers infectieux que les malades développent parfois, comme une carie par exemple, peuvent accentuer très nettement leur fatigue.</p>
<p>Apparemment il n’y aurait pas de relation avec le mode de vie, comme pour le burn-out par exemple, où l’épuisement est causé par un ensemble de stress surtout professionnels mais également familiaux.</p>
<p>On a en outre parlé du fait que le SFC pourrait être la conséquence d’une infection microbienne ou virale que l’on ne retrouve pourtant pas dans les marqueurs biologiques.</p>
<p>Aujourd’hui, le professeur Jammes à Marseille explore la piste d’un stress qui interviendrait au niveau des muscles et expliquerait le malaise post-effort.</p>
<p><strong>Où en est-on de la reconnaissance du syndrome ?</strong></p>
<p>C’est une maladie reconnue par la 10<sup>ème</sup> révision de la classification internationale des maladies (CIM 10), elle-même reconnue par la France.</p>
<p>En France, si un médecin diagnostique un SFC, l’Assurance maladie ne pose pas de problème mais quand il s’agit de faire reconnaître le SFC en affection longue durée (ALD), les caisses primaires ne réagissent pas partout de la même façon. Selon les départements, certaines l’acceptent alors que dans d’autres, la seule façon d’être pris en charge en ALD pour une fatigue chronique est de demander une ALD pour dépression. Il faudrait harmoniser la prise en charge du SFC pour tous les assurés sociaux.</p>
<p>En revanche, les médecins n’étant pas forcément au fait des conséquences de la maladie, ils peinent à en identifier les signes quand il s’agit de faire reconnaître le syndrome comme un handicap. Or le malaise post-effort peut par exemple être très invalidant selon les cas, puisque pour les personnes très touchées par la maladie, dès qu’elles font un effort qu’elles n’ont pas l’habitude de faire, elles sont réduites à un état d’épuisement sévère et contraintes à une période de repos dans les 48 heures qui suivent cet effort. Pour les médecins, il est difficile d’évaluer le niveau de handicap d’un malade souffrant de SFC. Souvent, lorsque les patients vont en commission pour faire reconnaître leur handicap, ce n’est pas accepté.</p>
<p>Les pires cas de reconnaissance de la maladie sont ceux des personnes si lourdement atteintes qu’elles n’ont même plus la force d’aller voir un médecin. Ces malades sont totalement abandonnés à eux-mêmes, si bien que les médecins considèrent que ces cas dont nous parlons n’existent pas. Par chance les réseaux sociaux commencent à leur permettre de prendre la parole.</p>
<p>Il est donc important que l’on puisse aller au bout des recherches du Professeur Jammes car il est capable de mesurer l’activité musculaire, ce que l’on appelle le stress oxydant au niveau des muscles et de dire que certains malades n’ont effectivement pas une réponse musculaire « normale ».</p>
<p><strong>Qui aller voir quand on pense souffrir de SFC ?</strong></p>
<p>C’est vrai que c’est un problème récurrent pour nous dans la mesure où il n’y a pas de marqueurs biologiques, que les médecins ne connaissent pas bien la maladie et qu’elle est pour l’instant considérée comme neurologique alors que les récentes recherches soutiennent la piste immunologique. Les médecins les plus à même de diagnostiquer la maladie aujourd’hui sont des médecins de médecine interne, or au sein de la médecine interne, certains considèrent que ces troubles relèvent de la psychiatrie. Les malades passent donc souvent par la case psychiatrie et si le spécialiste considère que le malade est déprimé, et il peut l’être ne serait-ce qu’à cause de sa fatigue permanente, alors il est écarté d’une éventuelle reconnaissance pour un SFC.</p>
<p><strong>Cette réponse des médecins aux malades qui leur disent que tous leurs symptômes « c’est dans la tête » est-il un problème récurrent pour les patients ?</strong></p>
<p>Malheureusement oui. En outre, les personnes atteintes de SFC sont souvent confrontées à des comorbidités dont la fibromyalgie qui est parfois traitée avec une certaine catégorie d’antidépresseurs, non pas parce que les malades sont dépressifs mais parce qu’on soupçonne que dans le cas de la fibromyalgie, il y ait un dysfonctionnement des neurotransmetteurs. Tout cela ne fait qu’accentuer la confusion entre le SFC et la dépression. Cela dit, lorsqu’un médecin a besoin de faire reconnaître une ALD ou un handicap à son patient qui se trouve dans une situation de fatigue telle qu’il ne peut plus assurer le quotidien et que la seule façon de faire reconnaître son handicap est de le faire passer pour un patient dépressif, alors il vaut sans doute mieux en passer par là.</p>
<p><strong>Y a-t-il des remèdes disponibles actuellement ?</strong></p>
<p>Pour l’instant il n’y a pas de remède, en tout cas pas de médicament réellement efficace.</p>
<p>Le meilleur moyen de soulager les malades est d’éviter d’activer inutilement leur système immunitaire. Pour cela, il est bon d’éviter dans l’alimentation tout ce qui est levure et de réduire autant que possible les bactéries. Le réfrigérateur est malheureusement un endroit dont raffolent les bactéries et les levures qui s’y développent très volontiers. Le mieux est donc d’acheter des produits frais, de les cuire et les consommer très rapidement. Les surgelés industriels sont également une option mais ils ne présentent pas les mêmes bénéfices nutritionnels qu’un produit de saison, local, qui n’aurait pas fait de frigo. Sinon il faut éviter le pain, la bière, les fromages « bleus », etc. Chez la moitié de nos adhérents qui suivent ces conseils d’hygiène alimentaire, on note une petite amélioration de leur état de santé.</p>
<p>Evidemment, il faut être attentif au moindre foyer infectieux, comme une carie ou un coup de froid par exemple.</p>
<p>En ce moment, nous travaillons également sur des programmes de gestion de l’énergie afin d’éviter aux malades de subir les malaises post-effort.</p>
<p><strong>Comment les personnes qui souffrent du SFC gèrent-elles leur activité physique ?</strong></p>
<p>Dans la stratégie 2018-2222 du ministère de la santé, on fait la promotion de l’activité physique, mais dans le cas du SFC, c’est un peu difficile d’aller dans ce sens. Un de nos adhérents a participé à un programme pour relancer l’activité physique à l’hôpital Cochin à Paris et même les médecins ont douté de l’intérêt de le pousser à augmenter son niveau d’activité physique. Bien entendu, c’est idéal si les malades peuvent petit à petit reprendre ou améliorer leur niveau d’activité physique mais ils sont quand même exposés à d’éventuels malaises post-efforts. Nous avons des adhérents qui étaient sportifs de haut niveau et qui n’ont malheureusement jamais retrouvé le niveau d’activité physique (sans parler de performance) qu’ils avaient pu avoir avant le déclenchement du syndrome. Ils disent être de 30 à 40% en dessous de leur ancien niveau. Il faut cependant lutter contre la sédentarité et garder régulièrement une activité physique mais on ne pousse pas les malades à augmenter leur niveau d’activité physique.</p>
<h2>INTERVIEW DU PROFESSEUR JEAN-DOMNIQUE DE KORWIN, SPÉCIALISTE EN MÉDECINE INTERNE AU CHRU DE NANCY ET PRÉSIDENT DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DE L’ASFC</h2>
<p><strong>66 Millions d’Impatients : Que sait-on des facteurs déclenchants et aggravants du syndrome de fatigue chronique ?</strong></p>
<p><strong>Professeur de Korwin</strong> : Il n’y a pas de marqueurs biologiques. Les critères pour identifier la maladie sont cliniques et incluent notamment les critères américains datant de 2015 concernant l’incapacité systémique à l’effort. En outre, pour poser le diagnostic, il faut avoir écarté raisonnablement une autre cause de fatigue chronique. Il apparaît qu’il y a chez les malades une anomalie immunitaire et que le déclenchement de la maladie pourrait être provoqué par une infection virale, qui elle disparaît par la suite. Ce n’est pas une maladie nouvelle puisqu’on en parle déjà au XIXème siècle avec des cas d’épidémies qui confirment d’ailleurs la piste virale. En fait, on pourrait voir le syndrome de fatigue chronique comme une mononucléose infectieuse qui ne guérit pas. C’est très vrai pour la forme typique pour laquelle, du jour au lendemain, on est cloué au lit. Au fur et à mesure, on récupère un peu mais on ne récupère jamais totalement et on peut souffrir ponctuellement de poussées de fièvre, de pharyngites inexpliquées, etc. On trouve aussi des formes progressives d’installation de la maladie.</p>
<p>Les stress, qu’ils soient inflammatoires, infectieux ou psychologiques peuvent précipiter la maladie mais je tiens à préciser que la proportion de patients atteints de dépression ou de troubles psychiatriques au moment de l’apparition de la maladie est faible. En revanche, il y a beaucoup de cas de dépression réactionnelle due au fait que l’on se sent affaibli, qu’il n’y a pas pour l’instant d’explication précise à cette maladie et que le corps médical en France n’est pas particulièrement ouvert à la reconnaissance du syndrome. Les conséquences sont que parmi les patients atteints de SFC, le risque de suicide est plus important.</p>
<p>En France le SFC est peu enseigné dans les facultés de médecine, c’est peu et mal connu, et pour les psychiatres, ce syndrome est classé dans le cadre des syndromes somatoformes. Il est indéniable qu’il y a des facteurs psychologiques qui entrent en jeu, mais les facteurs psychologiques ont un rôle dans toutes les maladies. Pour être bien clair, il ne s’agit pas d’une maladie psychiatrique.</p>
<p>Le malaise post-effort caractéristique du SFC peut apparaître après un effort physique, émotionnel ou intellectuel. C’est un épuisement qui survient soit à la suite de l’effort, soit quelques heures après et qui persiste pendant plusieurs heures, plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour les cas sévères. C’est un critère que l’on ne rencontre pas dans les autres maladies. Sur ce point, le professeur Jammes à Marseille a publié des travaux intéressants qui montrent des anomalies caractéristiques lors de l’effort musculaire qui sont des anomalies du potentiel d’action musculaire, marquées par l’épuisement et le manque de récupération musculaire.</p>
<p>Dans le cadre du SFC, de nombreuses pistes de recherche médicale sont en cours comme le lien possible avec le microbiote intestinal (<u><a href="http://www.66millionsdimpatients.org/des-neurones-dans-notre-intestin/" target="_blank" rel="noopener">lire notre article sur le microbiote intestinal</a></u>) et également le fait que lorsque les malades sont atteints de formes sévères de SFC, il y aurait une production anormale de cytokines. Nous avons aussi des hypothèses physiopathologiques et thérapeutiques intéressantes suite à une collaboration avec BMSYSTEMS, une Start Up qui développe des modèles innovants. Nous aimerions démarrer des études cliniques et cherchons des financements, qui sont difficiles à obtenir car il s’agirait de fonds publics ou associatifs puisque les laboratoires n’y voient pour l’instant pas leur intérêt.</p>
<p><strong>Pourquoi vos confrères en France ne s’intéressent-ils pas davantage à cette maladie ?</strong></p>
<p>Principalement parce que ce n’est pas gratifiant de s’attaquer à ce syndrome qui est complexe, difficile à cerner, sans traitement reconnu actuellement et avec des patients parfois très handicapés. En outre la prise en charge de ce syndrome n’est pas indemnisée par l’Assurance maladie à sa juste valeur, bien qu’elle reconnaisse effectivement le syndrome. Mes consultations pour le SFC durent une heure à une heure et demie et ce ne sont pas des consultations spécifiquement valorisées par l’Assurance maladie avec une prise en charge adaptée, comme cela a pu être mis en place dans le cas des centres antidouleurs.</p>
<p>Il faut bien savoir que cette situation est assez particulière à la France, car la médecine chez nous est plutôt très cartésienne mais dans d’autres pays comme aux Etats-Unis ou dans le nord de l’Europe, on considère le SFC comme une authentique maladie handicapante, dont on ne connait pas la cause, ni le traitement et qui nécessite des travaux de recherche qui sont en cours. Là-bas, c’est devenu un problème de santé publique. En Norvège, le SFC est reconnu officiellement, il y a de la recherche et une prise en charge indemnisée. En Belgique et au Danemark il y a eu une discussion au niveau des députés.</p>
<p>Mais il faut espérer qu’en France les lignes bougent et que le SFC soit reconnu comme c’est le cas pour le syndrome de l’intestin irritable dont personne ne remet en cause l’existence alors qu’il n’y a pourtant pas davantage de preuves tangibles que les malades en souffrent.</p>
<p><strong>Quelles sont les pistes thérapeutiques envisagées actuellement ?</strong></p>
<p>Des patients réussissent parfois à retrouver un niveau d’activité acceptable de façon progressive et peuvent travailler et avoir des loisirs, en apprenant à gérer leur énergie au jour le jour. C’est une méthode que l’on appelle le « pacing ».</p>
<p>On pourrait faire une analogie avec les voitures électriques sur ce point, à savoir que des voitures « fatiguées » auraient une batterie qui se décharge vite et se recharge lentement, sans atteindre sa capacité maximale. Il est donc nécessaire de l’économiser. Les patients atteints de SFC ont intérêt à éviter les efforts excessifs, à se reposer quand c’est possible et s’économiser en vue d’une action précise.</p>
<p>Une minorité de patients, environ 40%, pourrait voir leur état amélioré par des exercices physiques progressifs, comme après un infarctus ou une hospitalisation prolongée mais en étant beaucoup plus lent. Cela fonctionne plus certainement sur des sujets qui avaient une vie très active avant de tomber malade… maist il faut bien comprendre que certains malades ne peuvent tout simplement pas l’envisager tant ils sont épuisés.</p>
<p>Il faut aussi traiter la gestion de l’énergie et de l’état dépressif sous-jacent, puisque cet épuisement constant atteint le moral de beaucoup de malades. Certains ont trouvé un soulagement grâce à la relaxation, ou à la méditation. Sans retrouver la vie qu’ils avaient auparavant, ils retrouvent une vie compatible avec ce qu’ils avaient l’habitude de faire.</p>
<p>Pour tout ce qui concerne les compléments alimentaires et supplémentations, les résultats sont extrêmement variables. Aujourd’hui nous n’avons aucune preuve scientifique sur le sujet.</p>
<h5>Site de l’Association du Syndrome de Fatigue Chronique (ASFC) :<br />
<a href="http://www.asso-sfc.org" target="_blank" rel="noopener">http://www.asso-sfc.org</a></h5>
<p><span style="font-size: 11px;">Photo by <a href="https://unsplash.com/photos/BuNWp1bL0nc?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText" target="_blank" rel="noopener">Nik Shuliahin</a> on <a href="https://unsplash.com/?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText" target="_blank" rel="noopener">Unsplash</a></span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cannabis thérapeutique : les pouvoirs publics invités à se positionner</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2018/07/25/cannabis-therapeutique-les-pouvoirs-publics-invites-a-se-positionner/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jul 2018 09:59:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Traitements et médicaments]]></category>
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					<description><![CDATA[L'usage du cannabis thérapeutique : les patients concernés réclament sa légalisation, les Français dans leur grande majorité y sont favorables. Petit tour de la question.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’usage du cannabis thérapeutique est autorisé dans de nombreux pays à travers le monde. Il ne l’est pas en France. Les patients concernés réclament sa légalisation, les Français dans leur grande majorité y sont favorables. Régulièrement sollicitée sur le sujet ces dernières semaines, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, assure que ses services étudient la question.  </strong></p>
<p>« <em>Plus vite madame la ministre ! </em>» Ils sont élus, médecins, écrivains… Le 8 juillet dernier un collectif composé d’une vingtaine de personnalités a publié dans <a href="http://www.leparisien.fr/societe/cannabis-therapeutique-allons-plus-vite-madame-la-ministre-08-07-2018-7811886.php" target="_blank" rel="noopener">les colonnes du <em>Parisien – Aujourd’hui en France</em> une tribune appelant les pouvoirs publics à légaliser sans délai l’usage du cannabis thérapeutique</a>.</p>
<blockquote><p>« Produire du cannabis pour un usage thérapeutique en France n’est plus une option mais une nécessité. Comment ne pas déplorer le statu quo national sur cette question de santé publique ? Pourquoi maintenir le sceau de l’interdit et l’arsenal législatif et réglementaire qui l’accompagne à l’égard de plus de 300 000 patients français qui pourraient apaiser leur souffrance autrement ? Combien de temps la France va-t-elle persister à cultiver son retard ? »</p></blockquote>
<h2>Une trentaine d’Etats ont déjà légalisé</h2>
<p>Et le collectif de rappeler qu’au total 33 pays ont légalisé partiellement ou totalement le recours au cannabis à des fins thérapeutiques. Israël, Portugal, Italie, Roumanie, Espagne, Pologne, Royaume-Uni, Etats-Unis et très prochainement le Canada… Autant de pays qui « <em>ont entendu les souffrances de millions de malades qui sont désormais apaisés sereinement, en toute légalité</em> ».</p>
<p>En France, rappelle la Direction générale de la Santé (DGS) sollicitée par 66 Millions d’IMpatients, les seuls produits contenant des molécules de tétrahydroocannabinol (THC) et du cannabidiol (CBD) pouvant revendiquer des allégations thérapeutiques sont les médicaments autorisés par l’Agence nationale de sécurité du médicament ou la Commission européenne sur la base d’un dossier évalué selon des critères scientifiques de qualité, sécurité et efficacité.</p>
<h2>Evolution réglementaire sous condition</h2>
<p>Le non-respect de cette réglementation est passible de sanctions pénales. Seul le Sativex, un spray destiné à soulager des malades atteints de sclérose en plaques a obtenu une autorisation de mise sur le marché en janvier 2014. Il n&rsquo;est toujours pas commercialisé, en raison d&rsquo;un désaccord sur son prix de vente. Une réflexion sur la légalisation de l&rsquo;usage du cannabis thérapeutique en France est-elle en cours ou bien pourrait-elle avoir lieu pendant le quinquennat du président ?</p>
<p>« <em>Une évolution du cadre réglementaire pour intégrer l’usage thérapeutique du cannabis apparaît prématurée à ce stade,</em> répond la DGS.<em> En effet, les pouvoirs publics jugent indispensable de disposer d’un bilan des connaissances disponibles sur  les effets thérapeutiques et les risques liés à l’usage direct de cette plante qui vient d’être demandé à l’ANSM. Une réflexion sera engagée sur la base de ce bilan et les aménagements nécessaires pourront être, le cas échéant, apportés à la réglementation </em>».</p>
<h2>La galère des patients consommateurs</h2>
<p>En attendant que les pouvoirs publics se décident à avancer sur le sujet, les personnes malades se débrouillent comme elles peuvent. Fabienne Lopez est présidente de l’association « Principes actifs », qui milite pour la légalisation de la consommation thérapeutique de cannabis. Sollicitée par 66 Millions, elle explique (l’intégralité de cette interview peut être consultée <a href="http://www.66millionsdimpatients.org/interview-de-fabienne-lopez-cannabis-therapeutique-le-lent-chemin-de-la-legalisation/">ici</a>) :</p>
<p>« <em>Les personnes malades se fournissent sur le marché noir un peu n’importe où sans trop savoir sur quel type de produits ils vont tomber. D’autres se rapprochent de réseaux dont elles ont connaissance ou bien font le choix de l’auto-production ». Avec les risques qui vont avec… « Certains magistrats font preuve de compassion et d’empathie alors que d’autres sont d’une extrême sévérité</em> ».</p>
<h2>De nombreux troubles potentiellement concernés</h2>
<p>Stéphane est atteint de sclérose en plaques. Il fait partie de ces patients utilisateurs réguliers de cannabis. Le 28 mai dernier, il témoignait de son quotidien <a href="https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-28-mai-2018" target="_blank" rel="noopener">au micro du Téléphone sonne sur France Inter</a> : « <em>Ma spasticité</em> (raideurs musculaires persistantes, ndlr) <em>est vraiment bien atténuée par le cannabis mais comme je ne peux avoir accès au Sativex, je n’ai d’autre choix que de me procurer le produit de façon illégale. Une nuit sans cannabis est pour moi une nuit très compliquée d’un point de vue musculaire</em> ».</p>
<p>L’efficacité du cannabis dans le traitement de nombreux troubles et symptômes n’est plus à prouver. Les signataires de la tribune citent en vrac la gestion de la douleur chronique, les troubles physiques provoqués par les chimiothérapies et les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques. On pourrait rajouter à cette liste le traitement de formes d’épilepsie résistantes aux médicaments, la myopathie ou encore la fibromyalgie.</p>
<h4><strong>FAUT-IL CÉDER AUX SIRÈNES DU CBD À VAPOTER ? </strong><br />
On en trouve facilement dans les boutiques de cigarettes électroniques ou encore sur le web. De plus en plus de fabricants proposent des liquides à vapoter contenant du cannabidiol (CBD). Interrogée dans <a href="http://www.leparisien.fr/societe/cannabis-pour-vapoteuse-on-ne-sait-pas-si-c-est-inoffensif-pour-la-sante-28-11-2017-7419276.php" target="_blank" rel="noopener">les colonnes du quotidien <em>Le Parisien</em></a>, Nathalie Richard, directrice adjointe à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle que « ce composant du cannabis n&rsquo;est légal chez nous que sous forme de médicament. Par exemple, le Sativex, qui en contient, a reçu une autorisation de mise sur le marché en 2014. Associé avec du THC, la substance psychoactive du cannabis, ce produit s&rsquo;est montré efficace pour lutter contre les spasmes musculaires dans la sclérose en plaques. Des études européennes sont actuellement en cours sur l&rsquo;épilepsie grave. La cigarette électronique, elle, n&rsquo;est pas considérée comme un médicament, par conséquent la commercialisation et l&rsquo;achat de ces e-liquides au CBD sont totalement interdits ». Sauf que dans les faits, le Sativex n’est pas accessible, on l’a dit, aux personnes malades qui en ont besoin. Il est donc assez mal venu de la part des pouvoirs publics de faire la leçon à ceux qui souhaiteraient expérimenter le vapotage de CBD.</h4>
<h2>Une grande majorité de Français s’estime favorable</h2>
<p>Début juillet, la ministre de la Santé Agnès Buzyn indiquait <a href="https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/telemedecine-cannabis-therapeutique-plan-pauvrete-la-ministre-de-la-sante-agnes-buzyn-etait-sur-rmc-1088639.html" target="_blank" rel="noopener">sur RMC</a> qu&rsquo;elle n&rsquo;excluait pas d&rsquo;autoriser les personnes malades à se procurer du cannabis sous sa forme naturelle à des fins thérapeutique si son usage apporte effectivement « un plus » par rapport aux médicaments à base de cannabis. « <em>Je l&rsquo;ai dit au parlement, j&rsquo;attends des notes de mes services pour savoir quelle est la différence entre le cannabis en comprimés et le cannabis en cigarettes pour savoir si nous devons aller plus loin</em> ».</p>
<p>Reste également à régler la question de l’accès aux médicaments à base de cannabis. La balle est donc dans le camp des pouvoirs publics. La pression est forte. Elle provient non seulement des personnes atteintes de pathologies dont les effets peuvent être traités par la Marie-Jeanne mais aussi par la majorité des Français. <a href="http://tnova.fr/system/contents/files/000/001/576/original/Terra-Nova_Echo-Citoyen_Enquete-Cannabis_110618.pdf?1528704305" target="_blank" rel="noopener">Une note publiée en juin par le think tank Terra Nova</a> montre ainsi, sondage à l’appui, qu’ils sont plus de 80% à estimer qu’il convient de légaliser l’usage thérapeutique du cannabis. Qu’est-ce qu’on attend ?</p>
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		<title>Améliorer l’acceptabilité des soins par les enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jul 2018 12:40:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Accès aux soins]]></category>
		<category><![CDATA[Accompagnement et soutien]]></category>
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					<description><![CDATA[On ne soigne pas un enfant comme on soigne un adulte. Il faut s’adapter à leur langage, prendre le temps de leur expliquer les choses et accueillir non pas seulement l’enfant mais également ceux qui l’accompagnent. Interview de la directrice de l'Association Sparadrap sur l’évolution de la prise en charge des enfants en santé ces dernières années et focus sur des initiatives particulièrement intéressantes menées dans différents centres UNICANCER.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu’il s’agisse d’un soin courant, comme d’aller chez le dentiste ou de faire un vaccin, ou bien d’un traitement plus lourd du fait d’une maladie grave, on ne peut pas soigner un enfant comme on soigne un adulte. Il faut s’adapter à leur langage, prendre le temps de leur expliquer les choses et accueillir non pas seulement l’enfant mais également ceux qui l’accompagnent. Bien entendu, la formation des professionnels est également essentielle.</strong></p>
<p><strong>Ces dernières années, les soins apportés aux enfants ont énormément évolué et Françoise Galland, directrice de l’association SPARADRAP, rappelle d’ailleurs que jusque dans les années 1980 on n’anesthésiait pas les petits de moins de 10 kg par exemple pour leur retirer les amygdales, en se fondant sur la fausse croyance alors répandue qu’avant un certain niveau de maturité ils ne ressentaient pas la douleur. Depuis cette époque où l’association a été créée, Sparadrap s’organise pour apporter un maximum d’informations aux parents et aux enfants et également pour assurer la formation des professionnels de santé aux soins pédiatriques. Cette prise de conscience sur la nécessité de travailler sur les soins pédiatriques s’est fortement développée au cours des dernières années dans les services qui accueillent régulièrement des enfants, et les personnels soignants ont peu à peu mis en place des outils pour faciliter l’acceptabilité des soins chez les enfants. </strong></p>
<p><strong>Voici donc les explications de Françoise Galland sur l’évolution de la prise en charge des enfants en santé ces dernières années. Cette interview est complétée par trois témoignages autour d’initiatives particulièrement intéressantes menées dans différents centres UNICANCER en France, dont chacune mériterait en fait d’être généralisée partout sur le territoire.</strong></p>
<h2>INTERVIEW DE FRANÇOISE GALLAND, DIRECTRICE ET FONDATRICE DE L’ASSOCIATION <a href="https://www.sparadrap.org/" target="_blank" rel="noopener">SPARADRAP</a></h2>
<p><strong>66 Millions d’Impatients : En France, quels sont les points sur lesquels nous sommes bien organisés en matière de soins pour les enfants ?</strong></p>
<p>Françoise Galland : Nous sommes plutôt bons sur la prise en charge de la douleur des enfants, notamment grâce à l’utilisation du MEOPA pour soulager la douleur provoquée par les soins (NDRL : le MEOPA ou Mélange Équimolaire Oxygène-Protoxyde d&rsquo;Azote est un médicament à inhaler qui permet une sédation consciente). En France, le MEOPA est vraiment généralisé et c’est même la pédiatrie qui l’a fait sortir des blocs opératoires pour le rendre disponible, même chez les adultes, dans les services d’hospitalisation ou d’urgence.</p>
<p><strong>Sur quels aspects des soins envers les enfants doit-on encore faire des progrès en France ?</strong></p>
<p>Nous sommes en retard par rapport aux pays nordiques ou anglo-saxons en ce qui concerne la présence des parents auprès de leur enfant, tout particulièrement en salle de réveil. C’est assez dramatique au regard de nos connaissances actuelles sur la psychologie de l’enfant. Nous savons en effet aujourd’hui qu’un enfant a besoin de repères et qu’il se sent vraiment perdu lorsqu’il est séparé de ses parents ou de ses proches. Ainsi, des temps d’adaptation sont aménagés lorsque l’on commence à laisser ses enfants à la halte-garderie. Pourtant, cela n’est pas appliqué pour les soins ou lors d’une hospitalisation, alors que ce sont des moments qui peuvent être très angoissants ou douloureux pour les petits. Dans les pays anglo-saxons et les pays nordiques, cela fait longtemps que les parents ont la possibilité d’être présents en salle de réveil ou même 24 h sur 24 avec leur enfant en réanimation. Le réveil après une intervention est en effet l’un des moments les plus délicats pour l’enfant. Or, en France, on ne peut pas assurer à un enfant, à qui on explique le déroulement de son opération, qu’au moins l’un de ses parents sera là lorsqu’il se réveillera. Il y a heureusement des services qui le permettent mais ce n’est pas généralisé partout en France. De nombreux enfants se réveillent donc après une anesthésie, désorientés, avec souvent des douleurs post-opératoires, sans être rassurés par la présence auprès d’eux de personnes qu’ils connaissent.</p>
<p>Une enquête que nous avions réalisée en 2003 auprès de soignants dans les services hospitaliers révélait que seuls 8% des services étaient organisés pour recevoir systématiquement les parents en salle de réveil. Heureusement, il y a eu des progrès et on peut estimer qu’aujourd’hui cela est possible dans 25% des cas.</p>
<p>Dans les services de pédiatrie, il est désormais acquis que les parents peuvent rendre visite à leur enfant jour et nuit. Malheureusement, leur présence n’est pas toujours tolérée pour certains soins, aux urgences, en réanimation, dans les services de soins intensifs et en salle de réveil au bloc opératoire, alors même que ce sont des lieux où les enfants auraient le plus besoin de leurs parents.</p>
<p><strong>Comment expliquer ce retard par rapport à la présence des parents auprès de leur enfant à l’hôpital ?</strong></p>
<p>Si historiquement, on a créé les hôpitaux de façon assez cloisonnée par crainte des risques infectieux, aujourd’hui éloigner les parents n’est plus du tout justifié de ce point de vue, sauf dans certains cas rares et particuliers. Il existe encore une certaine ambivalence dans l’attitude de certains soignants qui peuvent voir les parents, non pas comme une aide, mais comme une gêne. Certes, certains parents peuvent ne pas être aidants pour leur enfant ou être à l’origine de situation conflictuelle mais ils sont vraiment très minoritaires. Malheureusement, le cerveau se souvient plus facilement des problèmes que des réussites et le fait que les parents sont plus une gêne qu’un atout perdure. Il est pourtant tout à fait normal que les parents soient inquiets. Les soignants devraient être en mesure de les aider en leur expliquant la situation afin que les parents puissent garder leur rôle de parent et soutenir leur enfant. Si les parents ne sont bien évidemment pas compétents sur le plan médical, ils le sont bel et bien en tant que parents.</p>
<p><strong>Pour les soins de ville comme le dentiste ou les examens de laboratoire, comment s’y préparer, qui aller voir ?</strong></p>
<p>L’accueil est effectivement très variable. Pour les soins dentaires, il y a évidemment des pédodontistes mais ils sont peu nombreux. On peut sinon se fier au bouche-à-oreille pour trouver un dentiste qui est à l’aise pour soigner les enfants.</p>
<p>C’est plus compliqué pour les examens tels que les prises de sang en laboratoire en ville car on dispose de très peu de moyens d’identifier les laboratoires spécialisés en pédiatrie. En outre, le personnel qui effectue les prélèvements ne reçoit pas de formation spécifique sur la prise en charge particulière des enfants. Or, une prise de sang qui se déroule mal peut provoquer la phobie des piqûres chez un enfant. A l’hôpital en revanche, il y a eu énormément de progrès concernant les prélèvements sanguins et ils sont quasiment tous pratiqués avec une crème anesthésiante, voire du MEOPA.</p>
<p><strong>La formation des professionnels de santé en France est-elle suffisante pour bien assurer la prise en charge pédiatrique ?</strong></p>
<p>Malheureusement non et ce sujet fait partie de nos combats à l’association SPARADRAP, d’autant que depuis 2009, il y a eu des changements dans la formation des infirmières : leurs cours sur la pédiatrie ont disparu alors que la prise en charge des enfants, en ce qui concerne la psychologie, les médicaments ou les gestes médicaux est très différente par rapport à celle des adultes. Le personnel infirmier apprend davantage la pédiatrie sur le terrain. Certains services, comme la néo-natalité, ont des quotas qui les obligent à avoir un nombre minimum de puéricultrices ou puériculteurs, qui sont des infirmier(ère)s spécifiquement formé(e)s en pédiatrie, mais ce n’est pas le cas dans tous les services ou établissements accueillant de enfants.</p>
<p><strong>Quid de la prise en charge de la douleur chez les enfants dans les hôpitaux, aujourd’hui, en France ?</strong></p>
<p>Les avancées sont énormes en termes de moyens médicamenteux pour les douleurs provoquées par les soins, grâce entre autres à l’utilisation de la crème anesthésiante<s>s</s> et du MEOPA déjà mentionné précédemment mais aussi en termes d’organisation, grâce aux CLUD (Centres de lutte contre la douleur) et à la création de postes d’infirmières ressources douleur.</p>
<p>En ce qui concerne les moyens non médicamenteux, on progresse également dans le bon sens. L’un de nos slogans à SPARADRAP est « <em>Quand on a moins peur, on a moins mal </em>». En effet, lorsqu’un enfant comprend ce qui se passe, qu’il est rassuré, il a des capacités d’adaptation et cela peut en outre permettre la production d’endomorphines qui vont soulager sa douleur. Cette approche pour faire baisser l’angoisse éventuelle et la perception douloureuse passe par l’information, la réassurance grâce aux proches et la distraction lors des soins, mais ces pratiques ne sont pas généralisées dans tous les services.</p>
<p>Cela dit, les progrès réalisés sont énormes car il faut se souvenir que jusque dans les années 1980, on opérait les enfants de moins de 10 kg sans anesthésie pour certaines chirurgies comme l’opération des amygdales par exemple. En 1991, on a commencé à proposer la crème anesthésiante pour les prises de sang, en 2001, les recommandations de l’ANAES (devenue depuis la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/fc_1249588/fr/accueil" target="_blank" rel="noopener">Haute Autorité de Santé</a>) l’ont rendue systématique. Nous espérons une évolution aussi positive aujourd’hui sur la présence des parents au réveil de leur enfant après une opération. Au sein de l’association SPARADRAP, nous avons d’ailleurs mobilisé le Défenseur des droits pour faire bouger les pratiques au sujet de la présence parentale à l’hôpital. Le comité international des droits de l’enfant a par ailleurs demandé à la France de réétudier cette question-là.</p>
<p><strong>Au-delà de la formation des professionnels de santé, vous vous battez aussi pour faire passer un maximum de bonnes informations aux parents et aux enfants ?</strong></p>
<p>Effectivement, informer est au cœur de nos actions. Tout le travail de SPARADRAP est, entre autres choses, de faire savoir aux parents que les soins ont évolué, qu’il existe aujourd’hui des moyens efficaces pour soulager la douleur. Les enfants amenés à recevoir des soins de nos jours ne les vivront plus comme il y a 20, 30 ou 40 ans. C’est vrai que les adultes d’aujourd’hui peuvent avoir des souvenirs traumatisants, ne serait-ce que du dentiste, et peuvent transmettre une certaine angoisse à leurs enfants qui n’est pas forcément justifiée. C’est la raison pour laquelle notre association édite des documents destinés aux enfant ET aux parents. Les parents ont autant besoin que les enfants de comprendre, d’être rassurés, même lorsqu’il s’agit d’interventions dites banales. Nous essayons donc à la fois d’apaiser les parents et de les aider à trouver les mots justes pour qu’ils expliquent à leur tour à leur enfant ce qui va se passer.</p>
<p>C’est tentant de fuir ou d’éluder quand on doit expliquer à un enfant qu’il risque d’avoir mal et qu’on ne pourra pas forcément être avec lui. Mais pour l’enfant, ce sera pire si on lui a menti.</p>
<p>Il est donc important à la fois d’informer l’enfant que cela risque d’être difficile, inconfortable, douloureux car il pourra s’y préparer, demander de l’aide et de le rassurer sur les solutions qui existent pour limiter l’inconfort ou la douleur. En revanche, pendant le soin lui-même, il est préférable de détourner l’attention de l’enfant et de lui permettre de penser à des choses agréables.</p>
<p>Tous nos documents d’information illustrés sont désormais consultables en ligne, sur smartphones et tablettes. Nous recommandons évidemment de s’y référer dès lors qu’un soin médical est programmé pour son enfant. Il peut être utile d’anticiper même pour un examen médical courant, comme la visite chez l’ophtalmologiste ou le dentiste. Il est également possible de se connecter en « urgence » sur le site <a href="http://www.sparadrap.org" target="_blank" rel="noopener">www.sparadrap.org</a> pour consulter les documents mais aussi les conseils et informations disponibles sur les espaces « Enfants » et « Parents ».</p>
<p><strong>Comment aider à faire avancer la prise en charge des soins pour les enfants ?</strong></p>
<p>Il est important d’être vigilant afin que les recommandations et les avancées soient effectives sur le terrain. En ce sens, il est utile que les parents signalent les dysfonctionnements quand ils considèrent que la prise en charge de leur enfant n’est pas adaptée. Il suffit d’envoyer un courrier à la direction et au bureau des représentants des usagers de l’hôpital en question. L’idée n’est pas bien sûr de se plaindre de tout mais de signaler les problèmes pour faire avancer les choses. Le personnel soignant lui-même a besoin que ces dysfonctionnements remontent à la direction. Il m’est arrivé de croiser des infirmières qui bataillent auprès de leur direction pour avoir des aiguilles fines adaptées aux enfants parce que l’hôpital ne leur en fournit pas. A l’inverse, il ne faut pas confondre hôpital et hôtel, car certains parents peuvent aussi avoir parfois des exigences non justifiées.</p>
<p>Enfin, ce qui pose problème, c’est que l’acte pédiatrique n’est pas valorisé par rapport au même type d’acte chez un adulte ; or, soigner un enfant prend forcément plus de temps et cette spécificité n’est pas reconnue à l’hôpital avec la T2A (tarification à l’acte). La question se pose également pour la valorisation et le « remboursement » des moyens antalgiques utilisés, que ce soit à l’hôpital ou en libéral.</p>
<h2>TÉMOIGNAGE DE THIERRY LE COURSONNAIS, MANIPULATEUR RADIO AU SERVICE DE MÉDECINE NUCLÉAIRE DU CENTRE <a href="http://www.unicancer.fr/" target="_blank" rel="noopener">UNICANCER</a> <a href="http://www.centre-eugene-marquis.fr/" target="_blank" rel="noopener">EUGENE MARQUIS</a> À RENNES</h2>
<p>Océane Bagot du service communication pour les illustrations et moi-même pour les textes sommes à l’origine de la conception de livrets à destination des enfants, pour les aider à comprendre et appréhender comment se passent les différents examens en médecine nucléaire. Ces livrets servent bien sûr également aux parents ou aux services prescripteurs qui ne connaissent pas forcément bien ce type d’examens. Il s’agit en effet d’examens spécifiques et peu courants qui consistent à injecter en intraveineuse un médicament associé avec un produit radioactif qui va se fixer sur tel ou tel organe selon ce que l’on souhaite visualiser. Il est nécessaire de bien expliquer la phase de l’injection qui est souvent un moment redouté chez les enfants et, en outre, nous nous servons d’appareils qui sont assez imposants donc impressionnants pour les enfants, et c’est intéressant qu’ils puissent se préparer en voyant des images de la machine dans le livret.</p>
<p>Concernant l’injection, dès que nous le pouvons, nous mettons une crème anesthésiante. Il arrive parfois que l’on doive piquer à un autre endroit que celui où les parents ont mis la crème car la veine n’est pas assez apparente et comme il faut attendre une heure avant que la crème agisse, cela peut arriver que l’on s’en passe mais nous faisons tout pour que cela n’arrive pas.</p>
<p>Notre service reçoit bien entendu en majorité des adultes mais nous avons quand même effectué par exemple l’année dernière 387 examens sur des enfants, donc il a fallu nous organiser pour les accueillir au mieux et nous sommes désormais tous habitués à la prise en charge des enfants. Il faut savoir que lors de notre formation initiale qui dure 3 ans, nous avons des cours théoriques en pédiatrie mais aussi des stages. Ainsi, lorsque le manipulateur arrive dans une structure où il y a une activité pédiatrique, il ne se sent pas démuni. Pour moi, avec un recul de 20 ans d&rsquo;activité, l&rsquo;expérience voire l&rsquo;expertise en pédiatrie s’est consolidée tout au long de ma carrière car nous souhaitons toujours améliorer nos pratiques. En effet, nous sommes tous sensibles dans notre service au fait d’aider l’enfant à être le plus apaisé possible, tout simplement car nous-mêmes avons des enfants. La conception et la mise à disposition du livret nous a semblé être un très bon soutien aux familles. Le bien-être des enfants et celui des parents est important et c’est également bénéfique pour les soignants que l’examen se passe dans les meilleures conditions possibles.</p>
<p style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-11848 alignnone" title="" src="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo2.png" alt="" width="270" height="383" srcset="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo2.png 300w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo2-212x300.png 212w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo2-113x160.png 113w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo2-190x269.png 190w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo2-20x28.png 20w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo2-141x200.png 141w" sizes="(max-width: 270px) 100vw, 270px" />    <img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-11849" title="" src="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo3.png" alt="" width="270" height="383" srcset="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo3.png 300w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo3-211x300.png 211w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo3-113x160.png 113w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo3-190x270.png 190w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo3-20x28.png 20w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo3-141x200.png 141w" sizes="(max-width: 270px) 100vw, 270px" /></p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" class="size-full wp-image-11847 aligncenter" title="" src="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo1.png" alt="" width="270" height="383" srcset="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo1.png 300w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo1-212x300.png 212w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo1-113x160.png 113w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo1-190x269.png 190w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo1-20x28.png 20w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo1-141x200.png 141w" sizes="(max-width: 270px) 100vw, 270px" />    <img decoding="async" class="size-full wp-image-11850 aligncenter" title="" src="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo4.png" alt="" width="270" height="383" srcset="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo4.png 300w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo4-211x300.png 211w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo4-113x160.png 113w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo4-190x270.png 190w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo4-20x28.png 20w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/livret-photo4-141x200.png 141w" sizes="(max-width: 270px) 100vw, 270px" /></p>
<p>A travers le livret, on a voulu faire en sorte que l’enfant devienne aussi un peu acteur de la situation. L’histoire est celle d’un enfant qui raconte à son doudou comment se déroule l’examen. Cela permet de diminuer leur stress le jour venu.</p>
<p>L’examen en soi n’est pas douloureux, la seule contrainte est que l’enfant ne doit pas bouger et que cela dure entre 5 minutes et jusqu’à 20 minutes environ. Chez nous, les enfants peuvent venir avec leur doudou, dès lors qu’il n’y a pas de métal dedans. L’un des deux parents peut rester dans la salle d’examen avec l’enfant car l’appareil n’émet pas de rayonnement dangereux. Cela rassure évidemment beaucoup l’enfant. Il peut arriver, pour éviter que les petits ne bougent, que l’on utilise ce que l’on appelle des matelas de contention. On place l’enfant dedans, on fait le vide et les billes à l’intérieur du matelas se solidifient, de sorte que l’enfant se sent maintenu et reste dans une position statique. C’est simplement enveloppant, on l’évoque en parlant de « cocon » dans le livret.</p>
<p>A la fin de l’examen, nous remettons à l’enfant un « diplôme du courage » et une association qui s’appelle <a href="https://www.facebook.com/Petitscadeauxbonheur/" target="_blank" rel="noopener">Petit cadeau Bonheur</a>, qui offre des cadeaux aux malades du cancer, va bientôt offrir un doudou aux enfants qui passent dans notre service. Les doudous sont en fabrication en ce moment.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" class="size-full wp-image-11846 aligncenter" title="" src="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis.jpg" alt="" width="576" height="387" srcset="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis.jpg 800w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-300x202.jpg 300w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-768x516.jpg 768w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-160x108.jpg 160w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-380x256.jpg 380w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-190x128.jpg 190w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-760x511.jpg 760w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-20x13.jpg 20w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/doudous-centre-Eugene-Marquis-200x135.jpg 200w" sizes="(max-width: 576px) 100vw, 576px" /></p>
<p>Cela fait 20 ans que je fais ce métier. Il y a quand même eu de gros progrès dans la prise en charge des examens pour les enfants. Je me souviens qu’il y a 20 ans, on contenait les enfants en les serrant dans des draps pour qu’ils ne bougent pas pendant l’examen. Ce n’était pas douloureux, mais on prenait quand même moins autant le temps de les rassurer et de leur expliquer les choses.</p>
<h2>TÉMOIGNAGE DE SYLVIE MERCIER, CADRE AU SEIN DE L’UNITÉ PÉDIATRIQUE DU <a href="https://www.centreoscarlambret.fr/" target="_blank" rel="noopener">CENTRE OSCAR LAMBERT</a> DE LILLE, MEMBRE DU <a href="http://www.unicancer.fr/" target="_blank" rel="noopener">RÉSEAU UNICANCER</a></h2>
<p>Nous avons mis en place un projet avec des poupées ventriloques baptisées Bel et Bilette, proposées systématiquement aux enfants de 2 à 8/9 ans depuis environ 3 ans lors de l’annonce de la maladie. En réalité, ces poupées ont été achetées il y a 8 ans et nous nous en servions pour réexpliquer aux enfants certains soins infirmiers invasifs. Nous avions besoin d’outils pédagogiques pour expliquer les soins aux enfants et surtout pour les aider à reformuler ce qu’ils avaient compris. Avant Bil et Bilette, nous nous servions de poupées que nous avions personnalisées nous-mêmes, puis nous avons eu la chance de nous faire financer Bil et Bilette par une association. Au fur et à mesure des années, nous les avons intégrées de façon systématique à nos pratiques.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" class="size-full wp-image-11845 aligncenter" title="" src="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette.jpg" alt="" width="576" height="384" srcset="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette.jpg 800w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-300x200.jpg 300w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-768x512.jpg 768w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-160x107.jpg 160w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-380x253.jpg 380w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-190x127.jpg 190w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-760x506.jpg 760w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-20x13.jpg 20w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/06/Bil-Bilette-200x133.jpg 200w" sizes="(max-width: 576px) 100vw, 576px" /></p>
<p>Ces poupées pédagogiques qui coûtaient à l’époque 600 dollars viennent du Canada. C’est l’une des infirmières du service qui en avait entendu parler lors d’une formation qu’elle avait suivie sur « informer par le jeu ». Ces poupées sont fabriquées en fonction des besoins des services de soin qui les commandent. Vous pouvez donc demander à les adapter à diverses anomalies ou pathologies. De notre côté, nous avons fait le choix d’en commander avec un cathéter à chambre implantable pour expliquer cette étape aux enfants le cas échéant et à ce que les poupées puissent perdre leurs cheveux. En outre nous voulions une fille et un garçon avec un zizi pour montrer aussi les sondes vésicales. Il y a aussi la possibilité de montrer la pose des patchs de crèmes anesthésiantes, etc… Ce sont donc des poupées réfléchies pour nos besoins spécifiquement.</p>
<p>En ce qui me concerne, je travaille au centre Oscar Lambert depuis 1998. A cette époque, il n’y avait pas encore de service de pédiatrie identifié comme tel. La prise en charge des enfants a vraiment été améliorée en fonction des expériences vécues. Peu à peu, on a mis en place des outils pour améliorer nos pratiques au quotidien et l’utilisation des poupées dans le temps d’annonce fait partie de ces outils. Bien sûr, le premier plan cancer a participé à la structuration des temps d’annonce, mais en pédiatrie, il a fallu réfléchir aux modalités de sa mise en place. On ne s’adresse pas à un enfant comme on s’adresse à un adulte. Il nous semblait évident qu’il nous fallait un support assez ludique pour nous aider. En pratique, les poupées servent à l’enfant à reformuler ce qu’il a compris concernant l’annonce de sa maladie et le déroulement de sa prise en charge. Face au médecin, on peut voir des enfants distraits ou agacés et avec les poupées ils vont parler de façon très claire de leur maladie.</p>
<p>Tout le monde dans le service ne se sert pas des poupées. C’est surtout moi qui les manipule. Ce sont des poupées ventriloques et même si je n’ai pas vraiment de qualité de ventriloquie, je les fais parler ! Ce n’est pas si simple de s’approprier la manipulation des poupées. Cela suppose de s’entraîner quand même, d’apprendre aussi à trouver les bons mots, le bon rythme pour expliquer les choses afin de s’adapter au langage des enfants. Je suis souvent accompagnée de la psychologue durant les séances, qui de son côté travaille avec les enfants sur leurs émotions comme la peur ou la tristesse.</p>
<p>La position des enfants dans notre société a beaucoup évolué ces dernières années. Ils réclament de plus en plus d’informations. On a appris à anticiper, à informer, à trouver les bons mots, sans rien cacher mais avec précaution. On a beaucoup évolué dans la prise en charge non seulement des enfants, mais également des familles de façon générale, et j’inclus les parents mais également la fratrie ou les grands-parents. On s’intéresse aussià au bien-être des enfants de façon pluridisciplinaire et nous allons aujourd’hui au-delà de notre mission purement médicale. La prise en charge est plus globale puisqu’on propose par exemple de l’art thérapie, de l’activité physique adaptée, … On s’occupe du bien-être physique et mental des enfants.</p>
<p>Aujourd’hui, si l’on pouvait encore améliorer des points dans notre centre, ce serait peut-être de travailler sur les temps d’annonce en radiothérapie, pour expliquer ce qu’est une IRM, un scanner, une scintigraphie, pouvoir montrer les appareils avant l’examen, mieux expliquer son déroulement, afin que l’enfant et ses parents puissent s’y préparer.</p>
<h2>TÉMOIGNAGE DU DOCTEUR CÉLINE VIGNERON, RADIOTHÉRAPEUTE SPÉCIALISÉE EN PÉDIATRIE AU CENTRE <a href="http://www.unicancer.fr/" target="_blank" rel="noopener">UNICANCER</a> <a href="http://www.centre-paul-strauss.fr/" target="_blank" rel="noopener">PAUL STRAUSS</a> À STRASBOURG ET À L’INITIATIVE DU PROJET « KID&rsquo;CALM »</h2>
<p>En radiothérapie pédiatrique, nous soignons des enfants qui doivent rester seuls dans un « bunker », immobiles, tous les jours pendant environ 2 à 6 semaines et pour des séances qui durent entre 20 et 45 minutes selon les cas.</p>
<p>Pour les aider à maintenir leur position sans bouger, en fonction de la localisation traitée, on utilise ce que l’on appelle des « moyens de contention ». Pour les tumeurs cérébrales par exemple, on utilise un masque facial thermo-moulé à la forme du visage et du crâne de l’enfant qui est assez impressionnant et inconfortable pour lui. Chez les plus petits, avant 5 ou 6 ans en fonction des enfants, on n’a pas d’autre choix que de recourir aux anesthésies générales, et ce tous les jours puisque ce sont des séances quotidiennes. Pour les plus grands enfants, on se passe de l’anesthésie générale, mais c’est quand même une source d’angoisse de devoir être seuls dans cette machine.</p>
<p>Le projet KID&rsquo;CALM est né d’un constat simple auquel nous sommes tous confrontés : les dessins-animés captent l’attention de l’enfant et le détournent de son environnement. Il nous a semblé pertinent d’essayer de projeter des dessins-animés aux enfants pendant la radiothérapie pour limiter leur angoisse et faciliter l’usage des moyens de contention. On s’est alors rendu compte également que pour certains enfants aux âges « frontière » de 4 à 6 ans, on réussissait grâce à la projection de dessins-animés à se passer de l’anesthésie générale. Cet objectif auquel on n’avait pas vraiment pensé a priori nous a évidemment pleinement satisfaits. Cependant lorsqu’ils sont plus petits, cela ne fonctionne pas et nous sommes obligés de faire une anesthésie générale.</p>
<p>Bien évidemment, tous les enfants, même les plus grands, peuvent en bénéficier et il est arrivé que l’on emprunte le dispositif pour des adultes particulièrement angoissés ou claustrophobes. Les enfants peuvent choisir leurs films, nous avons déjà une grande vidéothèque et lorsqu’ils veulent quelque chose que nous n’avons pas, nous l’achetons.</p>
<p>C’est un système que nous avons développé en équipe. Il y a des contraintes puisqu’il ne faut pas que le dispositif puisse altérer le fonctionnement des rayonnements et qu’il nous a fallu obtenir l’accord du fabricant. Il y a également des contraintes de sécurité pour que l’enfant ne soit pas tenté de bouger pour suivre l’image. Ce n’est pas juste un simple écran de télévision à installer. En fait, cela nous a pris une petite année de concevoir ce projet et nous l’avons fait de façon bénévole. D’autres centres nous appellent pour mettre le même type de dispositif en place, mais nous manquons de temps et de ressources pour les aider à le faire malheureusement. Ce serait d’ailleurs formidable que cela se généralise dans tous les centres de radiothérapies pédiatriques et que des institutions nationales comme Unicancer, par exemple, puissent participer à la mise en place de KID&rsquo;CALM sur l’ensemble du territoire.</p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/252685012" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><a href="https://vimeo.com/252685012">KID&rsquo;Calm : Des dessins animés pendant la radiothérapie</a> from <a href="https://vimeo.com/unicancer">unicancer</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div>
<h1>Morgane, 5 ans, a bénéficié du dispositif KIDCALM. Ses parents en parlent…</h1>
<p>« <em>Morgane a eu un traitement qui a consisté en une série de séances quotidiennes de 25 minutes pendant 7 jours. Alors qu’il fallait se lever chaque matin pour aller de Colmar où nous habitons, à Strasbourg où avaient lieu les séances, Morgane n’a pas rechigné une seule fois. Elle savait que cela ne faisait pas mal, que l’équipe soignante était souriante, divertissante, qu’il y avait le dessin-animé, qu’il y avait une petite salle de jeux avant sa séance, donc cela s’est passé de façon fluide. Un livret pédagogique préparé par le centre et qui expliquait le déroulement des séances nous a aussi tous bien aidé à nous préparer à cette étape du traitement. </em></p>
<p><em>Ce n’était pas une certitude que le dispositif KIDCALM lui convienne et si cela n’avait pas été le cas, elle aurait dû avoir une anesthésie générale pour chacune de ses séances, ce qui aurait supposé une nouvelle hospitalisation. Or malgré le fait qu’il faille faire de la route tous les jours pour se rendre au centre Paul Strauss, c’était quand même bien plus agréable que nous puissions rentrer ensemble tous les soirs à la maison.</em></p>
<p><em>En fait, je vois nettement la différence avec l’hôpital Hautepierre où elle a été prise en charge dès le début de sa maladie, où elle a aussi des souvenirs pénibles car elle a subi une greffe qui l’a longuement isolée et où elle n’aime pas aller. Bien qu’elle soit petite, elle associe parfaitement les endroits en fonction de l’accueil ou des soins qu’elle a reçus. </em></p>
<p><em>Il y a dans tous les cas une chose qui est assez marquante et très apaisante et qui fait la différence pour toute la famille quand on arrive dans le service du docteur Vigneron, c’est que tout le monde dans l’équipe soignante sourit… </em>»</p>
</div>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Médecines alternatives et complémentaires : les patients montent au créneau</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2018/05/31/medecines-alternatives-et-complementaires-les-patients-montent-au-creneau/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 May 2018 08:55:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Traitements et médicaments]]></category>
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					<description><![CDATA[66 Millions d’IMpatients a souhaité se pencher sur la question des médecines alternatives et complémentaires (MAC). Définition, tarifs, prises en charge, risques de dérives… Nous avons essoré le sujet, témoignages de soignants et de patients à l’appui.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-7"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><p><strong>En mars dernier, un collectif de médecins a publié dans les colonnes du <em>Figaro</em> une tribune au vitriol sur les médecines alternatives et complémentaires. Edité par France Assos Santé, qui représente plus de 70 associations de patients, d’usagers du système de santé et de consommateurs, 66 Millions d’IMpatients a souhaité se pencher sur la question. Définition, tarifs, prises en charge, risques de dérives… Nous avons essoré le sujet, témoignages de soignants et de patients à l’appui.</strong></p>
<blockquote>
<p>« Je suis tout à fait pour les médecines alternatives (sans pour autant supprimer l&rsquo;allopathie de mon champ de traitements médicaux selon les problèmes de santé à résoudre). Les médecines alternatives telles que je les pratique sont parfois complémentaires. L&rsquo;homéopathie est beaucoup moins agressive que beaucoup des médicaments et pour certains symptômes cela fonctionne très bien. Il faut bien sûr l&rsquo;avoir testée pour le dire. Qui et quelle médecine remplacera l&rsquo;acupuncture, l&rsquo;ostéopathie ? La plupart des médicaments allopathiques sont chers, violents, ont des effets secondaires importants, parfois sévères et graves. Ils coûtent beaucoup plus chers à la sécurité sociale que toutes les médecines complémentaires ».</p>
</blockquote>
<h1>L’ostéopathie et l’homéopathie ont la côte</h1>
<p>Des témoignages comme celui-ci, nous en avons recueilli des dizaines suite à la publication de notre papier sur <a href="https://france-assos-sante.org/2018/04/24/medecines-complementaires-les-patients-entre-le-marteau-et-lenclume/">la tribune d’un collectif de professionnels de</a> <a href="https://france-assos-sante.org/2018/04/24/medecines-complementaires-les-patients-entre-le-marteau-et-lenclume/">santé à charge contre les médecines alternatives et complémentaires</a>. « <em>N’en déplaise à certains médecins</em>, écrivions-nous, <em>peut-être faudrait-il veiller à ne pas ignorer </em>[l’appétence des patients, ceux atteints de maladies chroniques notamment, ndlr] <em>et à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain</em> ».</p>
<p>Plus de 1000 internautes ont par ailleurs répondu au sondage que nous avions alors mis en ligne sur le sujet. Sans surprise, ce sont majoritairement les personnes ayant recours aux médecines alternatives qui y ont répondu. Sur les 1 098 personnes ayant participé à ce sondage, 974 (soit près de 90%) ont indiqué se trouver dans ce cas (<a href="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2018/05/180518-Sondage-MAC-Resultats.pdf" target="_blank" rel="noopener">voir ici les résultats complets de ce sondage</a>).</p>
<p>Dans l’ordre, l’ostéopathie (55%), l’homéopathie (55%), la méditation (42%) et la phytothérapie (39%) constituent les pratiques auxquelles les participants ont le plus souvent recours. Parmi les répondants n’étant pas adeptes des médecines alternatives et complémentaires (105 réponses), 35% n’en ont jamais ressenti le besoin, 31% n’ont pas confiance et 18% estiment que ces soins sont trop chers.</p>
<h1>Des pratiques finalement très peu remboursées</h1>
<p>De fait, l’enquête que nous avons menée sur le sujet (voir notre article <a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/comment-sont-prises-en-charge-les-medecines-complementaires-ou-alternatives/">« Comment</a> <a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/comment-sont-prises-en-charge-les-medecines-complementaires-ou-alternatives/" target="_blank" rel="noopener">sont prises en charge les médecines complémentaires ou alternatives ? »</a>) montre en effet que les médecines douces sont non seulement assez coûteuses mais aussi très mal prises en charge, sauf à souscrire un contrat d’assurance santé complémentaire couvrant ce type de soins. Contrat dont le tarif peut lui aussi impacter de façon non négligeable les finances de l’assuré.</p>
<p>Rappelons que seuls les médicaments homéopathiques et les soins d’acupuncture peuvent être remboursés par l’Assurance maladie. Les mutuelles et les assureurs santé sont susceptibles quant à eux de proposer un remboursement étendu à de nombreuses autres pratiques.</p>
<p>Dans leur très large majorité, les participants à notre sondage souhaitent une prise en charge améliorée et élargie des médecines alternatives par l’Assurance maladie (79%) et encore plus largement par les complémentaires santé (85%). Un point de vue aux antipodes des appels à déremboursement lancés par <a href="https://fakemedecine.blogspot.fr/2018/03/comment-agir-contre-les-fake-medecines.html" target="_blank" rel="noopener">le collectif de</a> <a href="https://fakemedecine.blogspot.fr/2018/03/comment-agir-contre-les-fake-medecines.html" target="_blank" rel="noopener">médecins dans sa très médiatique tribune</a>.</p>
<h1>Les médicaments homéopathiques dans le viseur</h1>
<p>Jeudi 24 mai, sur les ondes de France Inter, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, annonçait son <a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/05/25/homeopathie-agnes-buzyn-evoque-une-evaluation-scientifique_5304718_1650684.html" target="_blank" rel="noopener">intention de mettre fin au statut dérogatoire dont bénéficient </a><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/05/25/homeopathie-agnes-buzyn-evoque-une-evaluation-scientifique_5304718_1650684.html" target="_blank" rel="noopener">les médicaments homéopathiques</a>. L’autorisation de mise sur le marché des médicaments homéopathiques ne suit en effet pas le même chemin que les autres médicaments et n’est pas soumise à une évaluation scientifique.</p>
<p>« <em>L’homéopathie</em>, a déclaré la ministre, <em>pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être</em> ». Le collectif de médecins semble donc avoir été en partie entendu&#8230;</p>
<p>Il est peu probable en revanche que leur prise de position entame l’intérêt des patients pour les médecines alternatives et complémentaires ou encore celui des soignants qui les pratiquent, y compris, c’est à souligner, dans les établissements hospitaliers (<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/les-medecines-complementaires-a-lhopital/" target="_blank" rel="noopener">lire à ce propos notre enquête auprès de praticiens hospitaliers</a>).</p>
<h1>Gare aux dérives sectaires</h1>
<p>Très péremptoire, la tribune du collectif de médecins sur les médecines alternatives et complémentaires a soulevé un tollé aussi bien chez les patients que chez les soignants. Elle présente quand même l’intérêt de rappeler les possibles dérives que ces pratiques sont susceptibles de générer.</p>
<p>On ne parle pas là des dérives tarifaires &#8211; <a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/medecines-alternatives-et-complementaires-quand-la-facture-derape/">dérapages tarifaires sur lesquels nous</a> <a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/medecines-alternatives-et-complementaires-quand-la-facture-derape/">nous sommes également penchés</a> &#8211; mais des dérives sectaires qui trouvent très souvent leurs origines dans la confiance aveugle que les patients sont susceptibles d’accorder à certains prétendus soignants.</p>
<p>En 2016, 395 signalements exprimant une inquiétude relative à une dérive sectaire concernent les thérapies complémentaires et alternatives (sur un total d’environ 1 500 signalements) selon <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/184000157.pdf" target="_blank" rel="noopener">le rapport de La mission interministérielle de vigilance</a> <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/184000157.pdf" target="_blank" rel="noopener">et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) publié le 23 mars dernier</a>. Ce dossier ne serait pas complet sans un rappel des <a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/encore-trop-de-derives-sectaires-en-sante/">conseils à observer afin </a><a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/encore-trop-de-derives-sectaires-en-sante/">d’éviter de tels charlatans</a>.</p>
<h5><strong>Notre dossier sur les médecines alternatives et complémentaire (MAC) :</strong></h5>
<ul>
<li><strong><em>Introduction dossier : </em></strong><br />
<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/medecines-alternatives-et-complementaires-les-patients-montent-au-creneau/" target="_blank" rel="noopener">Médecines alternatives et complémentaires : les patients montent au créneau</a></li>
<li><strong><em>Les pratiques :</em></strong><br />
<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/de-quoi-les-medecines-complementaires-et-alternatives-sont-elles-le-nom/-le-nom/" target="_blank" rel="noopener">De quoi les médecines complémentaires et alternatives sont-elles le nom ?</a><br />
<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/les-medecines-complementaires-a-lhopital/" target="_blank" rel="noopener">Les médecines complémentaires à l’hôpital</a><br />
<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/16/la-meditation-pleine-conscience-appliquee-au-champ-medical/" target="_blank" rel="noopener">La méditation pleine conscience appliquée au champ médical</a></li>
<li><strong><em>Coût et prise en charge financière :</em></strong><br />
<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/comment-sont-prises-en-charge-les-medecines-complementaires-ou-alternatives/" target="_blank" rel="noopener">Comment sont prises en charge les médecines complémentaires ou alternatives ?</a><br />
<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/medecines-alternatives-et-complementaires-quand-la-facture-derape/" target="_blank" rel="noopener">Médecines alternatives et complémentaires : quand la facture dérape</a></li>
<li><strong><em>Les risques de dérives :</em></strong><br />
<a href="https://france-assos-sante.org/2018/05/31/encore-trop-de-derives-sectaires-en-sante/" target="_blank" rel="noopener">Encore trop de dérives sectaires en santé</a></li>
</ul>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-7" data-row="script-row-unique-7" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-7"));</script></div></div></div>
</div>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Les techniques de gestion du stress post-traumatique adaptées au soutien psychologique entre patients</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2018/05/04/les-techniques-de-gestion-du-stress-post-traumatique-adaptees-au-soutien-psychologique-entre-patients/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 May 2018 14:09:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Accompagnement et soutien]]></category>
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					<description><![CDATA[Entretien avec Marcel qui a proposé au chef du service cardiologie de l’hôpital de Montluçon d’organiser un soutien psychologique des malades hospitalisés en cardio. Pour gérer le stress traumatique chez les malades comme on le fait pour une victime d’accident, cela à l'aide de patients-référents.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marcel est secouriste depuis 1955. Il a vécu des moments difficiles comme la guerre d’Algérie ou le tremblement de terre d’Agadir puis il y a quelques années, alors qu’il est à la retraite, il est lui-même confronté à un choc traumatique concomitant à des troubles cardiaques pour lesquels on lui pose des stents (petit treillis baptisé « stent » inséré dans l’artère coronnaire qui était bouchée, afin de la maintenir ouverte). C’est alors qu’il fait le rapprochement entre la gestion du stress chez les personnes ayant subi un traumatisme et celles à qui l’on annonce une maladie grave ou une maladie chronique. </strong></p>
<p><strong>A 82 ans, il ne peut plus porter le sac d’intervention ou de brancard, mais toujours aussi motivé par le désir de venir en aide à ceux qui en ont besoin, il suit une formation en socio-psychologie organisée par Lydie, formatrice socio-psy, secouriste depuis de nombreuses années et chef de poste secouriste, pour gérer les situations de stress et particulièrement de stress traumatique lors d’évènements à multiples victimes (EMV).  </strong></p>
<p><strong>Déjà très investi auprès de l’</strong><a href="https://www.asso-afdoc.fr/index.php" target="_blank" rel="noopener"><strong>AFDOC</strong></a><strong> (Association française des Malades et Opérés Cardio-vasculaires) et du Club Cœur et Santé, il propose au chef du service cardiologie de l’hôpital de Montluçon d’organiser un soutien psychologique des malades hospitalisés en cardio.</strong></p>
<p><strong>Il demande alors à Lydie de l’aider à réaliser ce projet en apportant son expertise en gestion des victimes de catastrophe et concevoir une formation adaptée à des patients hospitalisés, environnement différent de celui d’un EMV.</strong></p>
<p>« <em>Nous sommes partis du constat que les personnes hospitalisées étaient trop souvent traitées sur le plan pathologique aux dépens de l’aspect psychologique. Ce n’est évidemment pas que les soignants n’aient pas envie de le faire, mais ils manquent de temps, et parfois de la formation nécessaire pour aider les patients sur le plan psychologique </em>», explique-t-il.</p>
<h2>Gérer le stress traumatique chez les malades, comme on le fait pour une victime d’accident</h2>
<p>Marcel sait très bien ce qu’est le stress dont il a eu l’occasion de tester personnellement la majorité des causes. Malgré une certaine résistance face à des événements traumatiques, il s’est rendu compte qu’il  fallait parfois accepter une aide extérieure pour entrer en résilience. Quelle qu’en soit la cause, un stress mal géré peut empêcher les patients d’être réceptifs au discours des médecins sur l’aspect médical de leur maladie, ce qui ne peut que compliquer leur capacité à devenir acteurs de leur santé dans ce contexte. En fait, le patient chronique passe par un certain nombre d’étapes psychologiques proches de celles du deuil, allant de la révolte à l’abattement, qu’il faut accompagner jusqu’à la résilience avec des durées variables suivant les individus.</p>
<p>« <em>Le stress est une réponse de l’organisme qui mobilise toute notre énergie pour faire face à une situation imprévue. Le stress est donc naturel et nécessaire mais il devient vraiment problématique lorsqu’il dure trop longtemps ou qu’il est trop fort. Il peut d’ailleurs générer des répercussions physiologiques très nettes. Par exemple, lorsqu’on subit un stress trop intense, on peut avoir le cœur qui enfle littéralement. En outre, le stress puise dans nos réserves de glucides. Certaines personnes sous l’effet du stress maigrissent beaucoup, d’autres au contraire grossissent car ils mangent trop pour compenser cette perte de glucides importante. Cela va dépendre des métabolismes.</em></p>
<p><em>Il faut savoir également que les chocs émotionnels peuvent rester « endormis » pendant des jours, des semaines, voire des années et sous l’effet d’un déclencheur parfois très anodin, ressurgir d’un seul coup sous la forme de ce que l’on appelle le stress post-traumatique. Souvent, on ne comprend alors pas d’où ce stress provient et sans une aide psychologique adaptée, on peut sombrer dans une grave dépression</em>. », ajoute Marcel.</p>
<h2>Qui, mieux que des patients, comprendraient les tourments d’autres patients ?</h2>
<p>Marcel s’est alors demandé comment organiser un soutien psychologique aux malades vivant mal l’annonce de leur maladie. Il fallait des personnes vraiment qualifiées pour écouter et comprendre ces patients qui vivent l’annonce de leur maladie comme un choc, source de stress. Il s’est alors souvenu d’une expérience personnelle. Il y a quelques années, il avait été invité à diner chez un couple dont le mari avait également fait la guerre d’Algérie et on l’avait mis en garde, que ce monsieur faisait un blocage sur le sujet et refusait d’évoquer cette période de sa vie. Mais au cours du diner, ce dernier a compris que son invité avait également servi en Algérie et il s’est confié pendant 2 heures sur cette expérience douloureuse. Pour Marcel, il est évident qu’il est plus facile de se confier à quelqu’un qui a traversé une situation identique et peut en comprendre le ressenti, donc qu’en ce qui concerne la maladie les personnes les plus qualifiées étaient les patients eux-mêmes.</p>
<p>« <em>Il y a une histoire de ressenti qui va au-delà des mots et que les soignants ne comprennent pas forcément, à moins d’être malades eux-aussi. Le lien est beaucoup plus facile et les échanges bien plus crédibles entre patients. Cependant il n’était pas question que je néglige de proposer une formation à ces patients bénévoles qui accepteraient d’aider d’autres malades. </em>», précise l’initiateur du projet.</p>
<h2>Un projet de formation déposé et accepté par l’Agence régionale de Santé</h2>
<p>Marcel et Lydie présentent donc un projet de formation à l’<a href="https://www.ars.sante.fr/" target="_blank" rel="noopener">ARS</a> (Agence régionale de Santé) qui l’accepte tout de suite. Un projet pilote s’organise, pour lequel ils adaptent la formation socio-psychologique à une formation spécifique à destination de patients-référents pour la prise en charge psychologique de malades qui vivent mal leur maladie. Dans les deux cas, c’est en réalité une formation autour de la gestion du stress. Il y a évidemment un peu de théorie, mais c’est surtout une formation pratique, avec des jeux de rôles notamment. Les participants apprennent à prendre contact avec la personne stressée, à établir une relation de confiance puis à la laisser parler en étant à l’écoute. Cette formation de 40 heures est bien entendu gratuite, financée par l’ARS et soutenue également par des formateurs bénévoles.</p>
<p>La première session a été lancée cette année et se terminera en juin. 12 patients bénévoles se sont portés candidats et 7 ont été retenus car, comme l’explique Marcel, il faut avoir une certaine maturité dans l’acceptation de sa maladie. Un patient qui serait lui-même encore émotionnellement fragile par rapport au vécu de sa maladie aura du mal à être à l’écoute des malades. Sans compter que malheureusement parfois, l’équipe pourra être amenée à rencontrer des malades qui peuvent ne pas survivre. Il faut alors être préparé à ce genre de situation et des réunions d’équipe sont prévues régulièrement pour que les patients-référents puissent eux-mêmes échanger et se soutenir les uns les autres.</p>
<h2>Les premières interventions sont prévues dès l’été prochain</h2>
<p>Dans un premier temps, grâce au soutien du service de cardiologie du centre hospitalier de Montluçon, la formation a donc été adaptée spécifiquement pour les malades cardiaques. Cependant, dans la mesure où la partie la plus importante de la formation concerne la communication et la gestion du stress, elle pourrait tout à fait être proposée pour d’autres pathologies.</p>
<p>Lorsqu’en juin les premiers patients-référents seront formés, ils iront au plus près des malades dans le service de cardiologie du centre hospitalier de Montluçon :</p>
<p>« <em>Ils peuvent faire appel à nous s’il leur semble qu’un malade hospitalisé pourrait avoir besoin de parler, avec l’accord du malade bien entendu. Un protocole d’intervention prévoit que les patients-référents interviennent toujours en binôme auprès des malades, ce qui permettra de prendre le relai en cas de blocage dans la communication et afin de faciliter l’échange et la parole, ce sera évidemment le patient qui choisira son interlocuteur </em>», indique Marcel.</p>
<p>Notez enfin que les patients-référents sont soumis au secret médical au même titre que les soignants, et espérons que ce projet essaime dans d’autres régions, pour d’autres pathologies. 66 Millions d’IMpatients est en tout cas prêt à recueillir la parole de patients qui en auront bénéficié.</p>
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		<title>En marche contre les violences gynécologiques et obstétricales !</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2017/11/27/en-marche-contre-les-violences-gynecologiques-et-obstetricales/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2017 16:26:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prise en charge de la douleur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Santé des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[Un collectif de femmes a appelé à un rassemblement le 25 novembre 2017 pour dire stop aux violences gynécologiques. Interview de Sonia Bisch, l’instigatrice de cet événement.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le torchon brûle entre les gynécos et leurs patientes. Samedi 25 novembre, un collectif de femmes a appelé à un rassemblement pour dire stop aux violences gynécologiques. Nous avons interrogé Sonia Bisch, l’instigatrice de cet événement.</strong></p>
<p>Le premier rassemblement contre les violences obstétricales et gynécologiques (<a href="http://www.66millionsdimpatients.org/violence-obstetricale-la-fondation-des-femmes-siffle-la-fin-de-la-recre/" target="_blank" rel="noopener">nous en parlions récemment dans ces colonnes</a>) s’est déroulé samedi 25 novembre à Paris dans le cadre de la <a href="http://www.unesco.org/new/fr/unesco/events/prizes-and-celebrations/celebrations/international-days/international-day-for-the-elimination-of-violence-against-women/" target="_blank" rel="noopener">Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes</a>. Cet évènement a été organisé par l’Institut de recherche et d’action pour la santé des femmes (Irasf), une association formée en mars 2017, et les promoteurs de la page facebook « <a href="https://www.facebook.com/groups/stopalimpunitedesviolencesobstetricales/" target="_blank" rel="noopener">Stop à l&rsquo;Impunité des Violences Obstétricales</a> ». Sonia Bisch est membre de cette page et partage la cause. Elle est à l’initiative de cette mobilisation. 66 Millions d’IMpatients l’a rencontrée.</p>
<blockquote><p><strong>La salle d’accouchement ou le cabinet médical ne devraient plus être une zone de non-droit où la décision de respecter ou non, de violenter ou non la patiente, revient au seul bon vouloir de l’équipe ou du médecin qui la prend en charge.</strong></p></blockquote>
<h2>66 Millions d’Impatients – Pourquoi avoir décidé d’organiser cet événement ?</h2>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-11299" title="" src="http://www.66millionsdimpatients.org/wp-content/uploads/2017/11/Sonia-Bisch-66M.jpg" alt="Photo de Sonia BISCH" width="160" height="231" srcset="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2017/11/Sonia-Bisch-66M.jpg 200w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2017/11/Sonia-Bisch-66M-111x160.jpg 111w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2017/11/Sonia-Bisch-66M-190x275.jpg 190w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2017/11/Sonia-Bisch-66M-20x29.jpg 20w, https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2017/11/Sonia-Bisch-66M-138x200.jpg 138w" sizes="(max-width: 160px) 100vw, 160px" /><strong>Sonia Bisch –</strong> La parole des femmes se libère, elles n’ont plus envie de se taire. Cette parole s’exprime sur les réseaux sociaux et dans les médias. Les violences gynécologiques, qui ont été si longtemps tues, se révèlent enfin dans l’espace public. La décision d’organiser cette marche est la suite logique d’une émancipation de la parole des femmes. Elle vise à dénoncer toujours plus fort l’existence de ces violences obstétricales et gynécologiques. Elle va permettre à toutes ces voix de se faire entendre et de retrouver une légitimité perdue.</p>
<p>L’ampleur du nombre de témoignages le prouve tous les jours. C’est un problème de santé publique qu’il est urgent de considérer pour pouvoir l’évaluer et le faire cesser. Trop souvent les victimes de violences obstétricales sont renvoyées à leur ressenti personnel subjectif, à leur passé familial, ou à leur sensibilité. Une maltraitance reste une maltraitance quelle que soit la victime. L’événement que nous organisons vise à éveiller les consciences.</p>
<h2>66 Millions – Qu&rsquo;attendez-vous de cette journée de mobilisation ?</h2>
<p><strong>SB –</strong> J’attends qu’on parle de plus en plus des violences obstétricales et gynécologiques. Que les femmes osent dénoncer les violences qu’elles subissent dans les cabinets gynécologiques et lors de leur accouchement. Le déni n’aide pas à la reconstruction. J’attends de cette marche qu’elle donne toujours plus de force aux femmes pour trouver la légitimité de prendre la parole et de dénoncer ces violences.</p>
<p>Il est important de communiquer également au grand public et aux professionnels de santé afin qu’il prennent conscience de l’ampleur du phénomène et comprennent que ce qui est dénoncé est bien la réalité objective de faits. Que la difficulté à entendre le récit de ces violences n’est rien à coté de la souffrance de les avoir vécues. Oui, des violences gynécologiques et obstétricales sont bien commises en salle d’accouchement ou en consultation.</p>
<h2>66 Millions – Que sait-on de l&rsquo;ampleur du problème ?</h2>
<p><strong>SB –</strong> On n’en sait pas grand-chose car aucune étude n’évalue les violences obstétricales. Grâce au rapport commandé par Marlène Schiappa, Secrétaire d’État au Haut Conseil à l’Égalité, on espère une évaluation plus précise de la situation. L’Institut de Recherche et d’Actions pour la Santé des Femmes (Irsaf) a élaboré un questionnaire visant à évaluer les violences obstétricales dans les maternités. La présentation de cette initiative a eu lieu samedi soir, dans la foulée de notre manifestation.</p>
<h2>66 Millions – Quelles sont concrètement vos demandes ?</h2>
<p><strong>SB –</strong> Que les violences obstétricales ne soient plus niées tant du coté médical que non-médical. Le fait de prendre conscience d’un problème permet de l’évaluer et <em>in fine</em> de parvenir à mettre en place des solutions pour le faire cesser. Si les violences obstétricales restent considérées comme des cas isolés, marginaux, non-représentatifs, le problème ne peut se résoudre. Quand bien même ces cas seraient rares, d’ailleurs, il ne faudrait pas pour autant les négliger.</p>
<p>L’impunité doit cesser. La loi Kouchner de 2002 a ouvert de nombreux droits aux patients mais elle reste encore trop peu respectée. Episiotomies ou touchers vaginaux non consentis, expression abdominale, propos ou jugements déplacés… la liste des violences obstétricales et gynécologiques est longue. La salle d’accouchement ou le cabinet médical ne devraient plus être une zone de non-droit où la décision de respecter ou non, de violenter ou non la patiente, revient au seul bon vouloir de l’équipe ou du médecin qui la prend en charge.</p>
<h2>66 Millions – La réaction des médecins est-elle à ce jour à la hauteur ?</h2>
<p><strong>SB –</strong> Les victimes de violences obstétricales et gynécologiques se sentent très blessées par la réaction d’une partie des professionnels de santé qui, à tort, se figent dans une position d’accusés. La posture est vaine. Le déni renvoyé aux victimes est extrêmement difficile à vivre. Les sages-femmes ont la lucidité de reconnaître que le problème existe et qu’il est important d’améliorer les pratiques. Peut-être serait-il temps que l’ensemble du corps médical sorte la tête du sable. Certains médecins et soignants commencent à remettre en cause leurs pratiques et les modifient. Ils réalisent l’importance d’écouter et de s’intéresser au consentement de leurs patientes. La prise de conscience est là. Il faut qu’elle diffuse plus largement parmi les soignants.</p>
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