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	<title>Uncategorized Archives - France Assos Santé</title>
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	<title>Uncategorized Archives - France Assos Santé</title>
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		<title>Sortir de l’obésité sans faire de régime</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2020/10/23/sortir-de-lobesite-sans-regime/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sarah HECK]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2020 13:35:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et comportements]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Santé dans votre quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Le Mag Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Prévention et addictions]]></category>
		<category><![CDATA[Traitements et médicaments]]></category>
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					<description><![CDATA[Cela peut sembler contradictoire, mais pour sortir du surpoids ou de l’obésité, les régimes ne sont pas la bonne solution. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cela peut sembler contradictoire, mais pour sortir du surpoids ou de l’obésité, les régimes ne sont pas la bonne solution. Pour Nicolas Veyrie, chirurgien digestif et bariatrique à Paris, c’est une évidence, tout comme il semble essentiel de faire enfin reconnaître l’obésité en France comme une maladie chronique à l’instar de nombreux autres pays. En effet, l’obésité nécessite une prise en charge pluridisciplinaire, comme c’est le cas pour le diabète par exemple, mais sûrement pas de régimes à répétition qui, s’ils peuvent s’avérer efficaces sur un certain laps de temps, dérèglent en réalité l’organisme ? Ce dernier se met en situation de « survie » et, à la première occasion, il récupère le poids perdu, avec systématiquement une reprise pondérale plus importante.<br />
</strong><strong>Est-ce possible cependant de stabiliser, voire de perdre du poids sans se priver, sans frustration, et finalement de sortir de l’obésité sans faire un régime ? C’est en tout cas l’un des buts recherchés et la raison pour laquelle il est important de consulter des thérapeutes spécifiquement formés à la prise en charge du surpoids et de l’obésité, sans attendre d’en être à un stade avancé.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><u>INTERVIEW DE NICOLAS VEYRIE, CHIRURGIEN DIGESTIF ET BARIATRIQUE </u></strong></p>
<h3><strong>66 Millions d’Impatients : Pourquoi et qui consulter pour sortir du surpoids ou de l’obésité ?</strong></h3>
<p><strong>Nicolas Veyrie :</strong> En France, on peine à reconnaître que l’obésité est une maladie et qu’elle mérite une prise en charge médicale au même titre que les maladies cardiovasculaires ou le diabète, par exemple. On est dans une vision auto-culpabilisante qui empêche finalement les malades d’aller tout simplement se faire soigner par des professionnels. Ils privilégient la plupart du temps des régimes alimentaires « maison » restrictifs, inadaptés, qui dérèglent leur métabolisme et sont finalement contre-productifs, voire délétères.<br />
Quand on a un cancer ou un diabète, on ne rentre pas chez soi et se disant qu’on va s’en sortir tout seul ! Pourquoi n’est-ce pas une évidence qu’il faille faire de même quand on souffre d’obésité ? Le résultat est qu’au lieu de prendre en charge des patients précocement, ces derniers attendent souvent d’être « en bout de course », désespérés, voire à des stades très avancés dans l’obésité.<br />
On peut, en premier lieu, parler de ses problèmes de poids à son médecin traitant, mais ces derniers n’étant souvent pas spécifiquement formés à la prise en charge du surpoids et de l’obésité, il vaut mieux lui demander d’être orienté vers des structures spécialisées qui travailleront en lien avec ce médecin. Les équipes spécialisées dans le surpoids et l’obésité sont, la plupart du temps, pluridisciplinaires, et permettent de consulter, selon ses besoins, un chirurgien bariatrique, un médecin nutritionniste et endocrinologue, un.e diététicien.ne, un.e psychologue, etc.<br />
Malheureusement en France, hormis dans les structures hospitalières, les diététiciens et psychologues, pourtant indispensables dans le parcours de soin de l’obésité et obligatoires dans le cadre d’une prise en charge chirurgicale de la maladie, ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie. Il est temps de donner de vrais moyens aux équipes soignantes.</p>
<h3><strong>Comment expliquez-vous que l’on peut sortir de l’obésité sans faire de régime ?</strong></h3>
<p>Cela semble contre-intuitif, mais il faut tout d’abord comprendre que le corps est programmé pour survivre en cas de restriction alimentaire ou modification trop brutale de sa balance énergétique. Cela fait une petite décennie que l’on commence à comprendre la physiopathologie de l’obésité. D’un individu à un autre, cette capacité à stocker est plus ou moins marquée, expliquant en partie, que nous ne soyons pas égaux face à la prise de poids.<br />
Le corps va tout d’abord émettre des signaux d’alerte pour nous prévenir du danger du manque d’apports énergétiques, tels que la faim et la frustration. Il va également sur-réagir via des mécanismes de défense, si on le met au « régime », c’est à dire qu’on le prive des apports énergétiques habituels, souvent en augmentant ses dépenses énergétiques, en pratiquant notamment plus d’activité physique. En réaction, l’organisme, va alors abaisser son métabolisme de base. Expliquons cela avec l’exemple d’une femme adulte dont la consommation énergétique moyenne de base, de nos jours, est d’environ 1600 à 1800 kilocalories par jour pour être à l’équilibre par rapport à ses dépenses énergétiques. Si d’un seul coup cette balance énergétique est perturbée, le corps va abaisser son métabolisme de base, disons à 900 kilocalories. Au début, on perd donc rapidement du poids, principalement du muscle et de l’eau et peu de masse grasse. Cependant, lorsque l’on reprend au mieux une alimentation normale et au pire que l’on rattrape les jours ou semaines de frustration en mangeant plus qu’avant son régime, du fait que le métabolisme de base reste alors bloqué à 900 kilocalories, on reprend forcément plus de poids qu’avant le fameux régime. Pire, si vous baissez vos apports énergétiques, le cerveau lui, enregistre les calories non consommées qu’il considère comme dues. Il peut éventuellement faire « crédit » pendant quelques semaines ou quelques mois, mais peu à peu, il finira par récupérer son dû. Des études montrent, que même inconsciemment, des personnes qui ont fait un régime, ont tendance à manger plus, tant en quantité qu’en qualité, lorsqu’ils arrêtent leur régime.<br />
Finalement, le corps s’est senti agressé et, en vue d’une prochaine agression, il va progressivement développer des niveaux d’alerte plus affinés et plus précoces. Tous les mécanismes de défense pour bloquer la perte de poids, puis reprendre ce poids perdu vont se durcir au fur et à mesure que l’on fait des régimes à répétition, ne faisant qu’accélérer le mouvement vers l’obésité. C’est un concept très difficile à expliquer aux personnes qui ont des problèmes de poids, mais les régimes non médicalisés sont à condamner.</p>
<h3><strong>Comment soigne-t-on alors l’obésité sans faire de régime ?</strong></h3>
<p>Les gens confondent le fait de prendre en charge cette maladie qu’est l’obésité et ses complications, et le fait de stabiliser son poids ou d’en perdre. L’idée n’est pas de se fixer sur une perte de poids immédiate mais sur l’amélioration de la qualité de vie des patients.<br />
D’ailleurs, dans les centres antidouleur ou de soins palliatifs, on ne guérit pas forcément la maladie des patients, on cherche principalement à améliorer leur qualité de vie. C’est finalement le principal objectif auquel on doit tendre lors de la prise en charge d’un patient obèse. Soigner l’obésité n’est pas soigner un chiffre sur une balance ! Il n’y a d’ailleurs pas de poids idéal. Celui-ci est déterminé génétiquement, au même titre que notre taille et en fonction de son sexe, son âge, sa masse musculaire, mais aussi des codes esthétiques des sociétés dans lesquelles évolue le patient et encore une fois de la notion propre et individuelle de qualité de vie.<br />
Ajoutons que pour une personne obèse, des gestes aussi simples que marcher, monter des escaliers, ou se laver sont parfois presque impossibles. En outre, les répercussions sur la vie sociale, amoureuse et intime peuvent être dramatiques pour certains.<br />
La prise en charge de l’obésité consiste donc, dans un premier temps, à stabiliser le poids des patients, plus que d’en perdre, de sortir du cercle vicieux de la perte/reprise de poids systématique. Bien évidemment il s’agira également de prendre en charge les éventuelles et malheureusement courantes maladies associées à l’obésité, comme le diabète, l’hypertension artérielle, l’apnée du sommeil, les problèmes hépatiques ou articulaires etc.<br />
Par ailleurs, il est fondamental de souligner que plusieurs types et stades d’obésité existent, se différenciant essentiellement sur la présence ou non de comorbidités associées, et de leur capacité à plus ou moins « résister » aux diverses prises en charge.<br />
Par exemple, dans l’obésité morbide, il est primordial de comprendre que l’obésité « résiste, s’enkyste, et s’autonomise », expliquant les échecs en masse de tous types de régimes. Pour ce type de patient, la chirurgie, elle seule actuellement, est assez puissante pour permettre de changer de catégorie de poids et surtout se mettre à l’abri de l’évolution de ces obésités difficiles à prendre en charge. La chirurgie n’est pas le seul traitement de l’obésité, mais un des traitements utilisés dans la prise en charge de l’obésité morbide.</p>
<h3><strong>Même sans régime, une perte de poids peut avoir lieu ?</strong></h3>
<p>En dehors des patients souffrant d’obésité morbide dont la perte de poids est extrêmement difficile sans « aide », essentiellement chirurgicale, et avec une prise en charge adaptée et bienveillante, on peut heureusement, bien sûr, perdre du poids sans AUCUN régime. Cela prend du temps et s’avère souvent compliqué car la prise en charge de cette maladie fait appel à de nombreux paramètres (psychologiques, endocriniens, hormonaux, comportementaux, etc.), différents d’un patient à l’autre, et fluctuants dans le temps.<br />
Le premier objectif est de stabiliser le poids, de stopper la prise de poids régulière. Pour y parvenir, il faut savoir prendre en compte les périodes de vie où l’on traverse des phases difficiles dans sa vie personnelle et/ou professionnelle car la part psychologique dans le rapport à la nourriture n’est pas à négliger. Elle doit être conscientisée et nécessite d’être soignée via cette approche médicale globale de la maladie.<br />
Le deuxième objectif est de lutter contre la frustration qui n’est pas gérable sur toute une vie. C’est toxique de penser que tout est basé sur la volonté, de s’imposer des challenges inadaptés, pour perdre du poids, puisque des réactions métaboliques sont aussi en jeu. C’est presque comme si on voulait s’imposer d’arrêter de respirer : c’est impossible. Peu à peu on culpabilise, on perd confiance en soi. De la même façon, s’il est important d’avoir une activité physique quotidienne et non forcément sportive, il n’est pas question de courir un marathon. Il peut suffire de marcher, monter les escaliers tous les jours, en fractionnant les efforts si besoin, en se fixant surtout des objectifs réalisables sur le long terme.<br />
Peu à peu, il est plus question de changer son alimentation sans frustration, en retrouvant du plaisir au goût, aux textures et surtout de remplacer la quantité par la qualité. On peut finalement manger de tout. Le principe est essentiellement d’avoir conscience de ce que l’on mange, du goût des aliments, de ce qu’ils nous apportent sur le plan nutritionnel et de la réelle sensation de faim. Enfin pour certains patients, il est souvent important de réintroduire la notion de convivialité autour des repas.<br />
Tout cela prend du temps à faire son chemin, mais peu à peu, la stabilisation, voire la perte de poids s’enclenchent durablement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>NOS ARTICLES SUR LE MÊME THÈME :</strong></p>
<ul>
<li><a href="https://france-assos-sante.org/2018/03/23/obeses-tous-malades/">Obèses, tous malades ?</a></li>
<li><a href="https://france-assos-sante.org/2019/01/15/activite-physique-et-obesite/">Activité physique et obésité</a></li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Ne plus désinfecter sa maison pour lutter contre l’antibiorésistance ?</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2019/07/10/ne-plus-desinfecter-sa-maison-pour-lutter-contre-lantibioresistance/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jul 2019 11:15:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Prévention et addictions]]></category>
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					<description><![CDATA[« Désinfecter », c’est éliminer les microbes, soit en s’en débarrassant, soit en les tuant. On peut cependant tout à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Désinfecter », c’est éliminer les microbes, soit en s’en débarrassant, soit en les tuant. On peut cependant tout à fait se passer de désinfectants, c’est-à-dire de produits « biocides » qui ont pour objectif de tuer des êtres vivants, et avoir un environnement bien assez propre pour y vivre sans aucun danger…<br />
</strong></p>
<p><strong>Malgré les grands moyens en marketing et publicité utilisés par les industriels pour nous convaincre d’acheter des produits désinfectants à usage ménager, il est grand temps d’éviter de les utiliser à toutes les sauces, et tout particulièrement ceux que l’on retrouve en mélange dans la majorité des détergents issus de la pétrochimie.</strong></p>
<p><strong>En effet, quand on utilise des biocides, on tue des êtres vivants, or nous avons la même chimie que les bactéries, nous sommes simplement plus gros et il faudrait donc beaucoup plus de désinfectants pour nous tuer. Quand on se sert de désinfectants tous les jours, on s’expose alors quotidiennement à des produits dangereux pour la santé. Les enfants et les femmes enceintes tout particulièrement doivent s’en éloigner. </strong></p>
<p><strong>L’un des principaux dangers, qui a une conséquence indirecte sur notre santé, est que l’on rend les bactéries qui survivent« résistantes » aux désinfectants, et, parce que le mécanisme de défense des bactéries aux désinfectants est le même que celui qu’ils mettent en place pour se défendre contre les antibiotiques, on augmente malheureusement également l’antibiorésistance.</strong></p>
<p><strong>Il ne faut pas perdre de vue que la lutte contre la résistance des bactéries aux antibiotiques est un enjeu de santé publique majeur. Aujourd’hui déjà, nous n’avons plus de solution thérapeutique face à certaines bactéries devenues multirésistantes qui peuvent s’avérer mortelles, et il se peut que d’ici 20 ou 30 ans, les antibiotiques deviennent inefficaces, au point de ne plus nous permettre de soigner des maladies infectieuses aujourd’hui bénignes. N’oublions pas qu’avant l’apparition des antibiotiques, les maladies infectieuses étaient la première cause de mortalité.</strong></p>
<p><strong>Les désinfectants peuvent donc évidemment être utiles, mais il faut en faire un usage raisonné, à commencer par celui que l’on fait à la maison, au quotidien, car en en utilisant, nous participons à l’augmentation de l’antibiorésistance.</strong></p>
<h2>INTERVIEW DU Dr PHILIPPE CARENCO, MÉDECIN HYGIÉNISTE AU CENTRE HOSPITALIER DE HYÈRES</h2>
<h3>66 Millions d’Impatients : Les détergents participent-ils beaucoup à l’antibiorésistance ?</h3>
<p>Docteur Carenco : Tous les détergents n’ont pas un impact direct sur l’antibiorésistance mais c’est le cas des désinfectants et, malheureusement, beaucoup de détergents contiennent des désinfectants. On fait souvent un amalgame entre détergent et désinfectant, d’autant que l’une des classes de désinfectants les plus utilisés, celle à base d’ammonium quaternaire, a également la propriété d’être détergente. Ces produits sont vendus à la fois comme détergents et détergents-désinfectants, mais ils sont bel et bien, avant tout, des désinfectants et, en cela, ils ont un impact indéniable sur la résistance des bactéries et l’antibiorésistance.</p>
<p>Il faut savoir que cet impact est au moins aussi important que l’abus d’antibiotiques sur l’antibiorésistance, car l’enjeu tient, pour les détergents, dans les volumes utilisés. On utilise finalement peu d’antibiotiques dans la vie de tous les jours par rapport à la consommation très importante de désinfectants. Je ne parle pas ici simplement de leur utilisation dans le secteur de la santé mais dans l’industrie au sens large, dans tous les secteurs. L’agro-alimentaire notamment utilise énormément de désinfectant pour sécuriser leurs produits et faire en sorte que les bactéries ne viennent pas manger les produits avant que nous les consommions.</p>
<p>On utilise les désinfectants en quantité d’autant plus importante qu’on ne les utilise pas directement sur l’homme mais, pour la plupart, sur les surfaces à nettoyer. On prend donc peu de précautions quant aux doses consommées. Cependant, lorsque ces désinfectants arrivent dans les égouts, puis dans la nature, cela représente des niveaux de toxicité forts pour tous les organismes vivants, car les désinfectants ne tuent pas uniquement les bactéries mais aussi les micro-organismes de la faune et de la flore. En outre, les désinfectants ne font pas le tri entre les « bonnes » et les « mauvaises » bactéries.</p>
<h3>Par quel mécanisme les bactéries deviennent-elles résistantes aux antibiotiques à cause de l’utilisation de produits désinfectants ?</h3>
<p>Ce phénomène de résistance, c’est-à-dire de mécanisme d’autoprotection des bactéries à des milieux hostiles, est en réalité très ancien et existe depuis que la vie existe. On a aujourd’hui la preuve que tous les gènes de résistance aux antibiotiques sont accompagnés, sur leur structure génétique, de gènes de résistance à certains désinfectants très primaire, qui existait naturellement dans la nature, comme le mercure. Avec la pression humaine des désinfectants depuis 150 ans environ, on ne fait que réactiver des mécanismes très anciens que les bactéries avaient déjà appris pour survivre.</p>
<p>Dans le cas des désinfectants, une fois utilisés, souvent à haute dose par l’industrie ou pour l’entretien des bâtiments professionnels et privés, ils continuent à se diluer dans les égouts et dans la nature. À ce stade, ils ne tuent plus l’ensemble des bactéries mais seulement les moins résistantes. Les bactéries les plus adaptées survivent, or le mécanisme de défense d’une bactérie face aux désinfectants est le même que celui qu’elle met en place pour se protéger des antibiotiques. Quand une bactérie a appris à résister aux désinfectants, elle a acquis des gènes de résistance, soit elle-même en modifiant sa structure par mutation, soit par informations passées entre bactéries. En effet, les bactéries ne vivent jamais isolées mais en communauté complexe et s’échangent des informations sous la forme de petits matériels génétiques. Elles se protègent grâce à la production de ce que l’on appelle un « biofilm », que de façon non savante on appelle la « crasse ». La crasse est l’expression des bactéries qui fabriquent une substance plus ou moins dure, qui les rend, entre autres choses, hermétiques à la pénétration des désinfectants. Donc, non seulement les désinfectants perdent leur efficacité au contact de ces biofilms qu’ils ont du mal à pénétrer mais en outre, une fois dilués dans l’environnement, les désinfectants sont responsables de l’acquisition de résistance aux antibiotiques. Notons également que l’on ne parle pas de bactéries en particulier mais de toutes les bactéries, puisqu’elles échangent leurs informations. Elles survivent autant en compétition qu’en collaboration entre elles.</p>
<h3>Le phénomène d’antibiorésistance n’est pas le seul danger pour notre santé par rapport à cette forte activation de la résistance des bactéries provoqué par les biocides ?</h3>
<p>En effet, non seulement nous avons de moins en moins d’antibiotiques efficaces, mais en outre nous perdons l’intérêt de ce que l’on appelle le « service écosystémique », lié à la capacité des bactéries à être très largement sensibles les unes envers les autres. Dans les milieux naturels, cette résistance qu’elles acquièrent contre un certain nombre d’ennemis naturels et contre les antibiotiques va réorienter les habitats naturels, c’est-à-dire les écosystèmes naturels, qui seront définitivement perdus. Un très bon exemple de service écosystémique est celui de la purification de l’eau. En effet, la raison pour laquelle les lacs ou les mers ne sont pas putrides est qu’ils possèdent leur propre écosystème d’épuration grâce notamment aux bactéries et aux virus, dont certains sont bactériophages. Nous sommes en train peu à peu d’altérer l’équilibre de ces écosystèmes et à terme de mettre en péril la faune et la flore. Les océans pourraient devenir des égouts géants. On le voit déjà avec certains lacs et rivières. Nous bouleversons les micro-écosystèmes sans les connaître vraiment.</p>
<p>Le risque lié aux biocides ne concerne pas seulement l&rsquo;homme et sa capacité à lutter contre les infections. L&rsquo;environnement, la biodiversité microbiologique des sols nourriciers, des lacs et des océans souffrent sévèrement de la pression biocide, et tous les échelons de la vie organisée s&rsquo;en ressentent. Nos égouts peinent à être épurés par des bactéries stressées, les gènes de résistance s&rsquo;échangent au sein des réservoirs de microbes dans la nature jusqu&rsquo;à gagner les espèces animales sauvages.</p>
<h3>Faut-il continuer d’utiliser des désinfectants pour nettoyer les locaux à l’hôpital ?</h3>
<p>A l’hôpital, on a besoin de maîtriser et d’empêcher la transmission des infections. Pour autant, même à l’hôpital, a-t-on besoin de désinfecter tout, tous les jours ? Les études aujourd’hui sont claires : il y a des domaines où la désinfection chimique ne vaut rien en termes de prévention. En dehors des épidémies, où on utilisera le désinfectant adapté au microbe incriminé, on sait qu’il n’est pas utile de désinfecter l’environnement général de l’hôpital dans le but de diminuer les infections.</p>
<p>Par exemple, les sols du hall ou des couloirs d’un hôpital auront beau être désinfectés quotidiennement, l’efficacité sera très courte, entre une à deux heures, puisqu’il y a beaucoup de passage. Une désinfection dans un milieu non protégé ne tient pas. On vante l’efficacité des produits de désinfection mais cette efficacité est valable pour des tests effectués en laboratoire, qui n’ont rien à voir avec la vraie vie. Une désinfection va donc être efficace deux heures au maximum et si l’on utilise des produits contenants des biocides, ils vont quand même se retrouver dans l’environnement. En outre, après une désinfection, les bactéries qui ont survécu ont d’autant plus de chances de se multiplier qu’elles sont seules, elles n’ont plus de concurrents. On ne maîtrise alors même plus la sélection des bactéries. C’est peut-être celles que l’on voulait voir disparaître qui vont se multiplier et devenir résistantes.</p>
<p>Bien sûr, il y a des exceptions, comme les blocs opératoires où l’on fait un ménage minutieux entre chaque intervention pour éviter de laisser des bactéries s’installer. Ce sont des milieux hyper-protégés mais cela ne peut pas être appliqué dans la totalité des locaux d’un hôpital, où la propreté s’impose afin que cela reste sain mais où l’on ne peut pas tuer la totalité des microbes qui sont d’ailleurs amenés par les gens eux-mêmes. Notons au passage que l’une des maladies les plus répandues au sein des personnels hospitaliers est l’asthme professionnel, dû à l’utilisation permanente des désinfectants.</p>
<p>J’ai participé à la formation des personnels de 267 établissements de santé de la région PACA au moindre usage des produits désinfectants et cela a abouti à 45% d’utilisation de produits détergents et détergents-désinfectants en moins sans conséquence au niveau sanitaire. Peu à peu, toutes les régions s’y mettent. Malheureusement, les industriels recyclent vers le grand public, à grands renforts de marketing, ces produits dont nous ne voulons plus, notamment dans les établissements de santé, et qui sont clairement dangereux mais pas chers. Certains de ces produits ménagers devraient être clairement contre-indiqués en cas de contact avec les femmes enceintes et les enfants petits, au moment de l’utilisation mais également dans les heures ou jours qui suivent leur utilisation. N’oublions pas que les bébés et les enfants petits passent beaucoup de temps à même le sol et sont éventuellement exposés à ces produits toxiques, si on en utilise à la maison ou à la crèche (<a href="https://france-assos-sante.org/2014/05/16/questions-denvironnement-en-creches-et-maternites/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">lire notre article sur les questions d’environnement en crèches et en maternité</a>).</p>
<p>Il y a une autre option à l’utilisation de produits à base de biocides aujourd’hui qui est, au contraire, la colonisation d’un environnement par des bactéries non dangereuses et qui empêchent les autres de s’installer par compétition. Il y a des milieux qui pourraient se prêter à cela, même si ce n’est évidemment pas le cas d’un bloc opératoire.</p>
<h3>Il faut pourtant bel et bien continuer à se désinfecter les mains à l’hôpital ?</h3>
<p>Bien entendu ! Je parlais du nettoyage des locaux mais cela ne concerne pas le nettoyage des mains, qui doit être systématique puisque c’est le vecteur principal de tous nos échanges, en termes de civilité et de microbes !</p>
<p>Les mains doivent donc être désinfectées à l’hôpital avec de l’alcool. L’alcool est un désinfectant, un antiseptique dont le niveau de toxicité est acceptable puisque l’on peut même l’avaler sans grand danger en quantité raisonnable. Il est donc particulièrement intéressant pour l’usage de la désinfection des mains. L’utilisation des solutions hydroalcooliques à l’hôpital pour la désinfection des mains, particulièrement répandu suite à l’épidémie de grippe de 2009, a permis de faire notablement baisser la transmission des staphylocoques à l’hôpital.</p>
<p>Je précise que les études ont montré qu’il n’y a pas de passage transcutané de l’alcool, c’est-à-dire, pas de pénétration par la peau dans l’organisme. L’alcool a également l’avantage de s’évaporer très vite et de ne pas avoir un effet aussi délétère sur l’environnement que les autres désinfectants.</p>
<h3><strong>P</strong>armi les désinfectants, vous pointez particulièrement ceux à base d’ammoniums quaternaires ?</h3>
<p>Tous les désinfectants ont des inconvénients, et certains sont pires que les ammoniums quaternaires, mais ceux-là, nous les connaissons bien, depuis longtemps, ils sont très courants et pourtant il vaut mieux les éviter. On les reconnaît sur les étiquettes des détergents car leurs noms finissent en général par « oniums ». Ils sont présents dans beaucoup de désinfectants, beaucoup de détergents et notamment dans les assouplissants. Ils impactent beaucoup l’environnement et, selon leur composition, ils sont souvent allergisants et assimilés à des perturbateurs endocriniens, qui sont donc particulièrement dangereux pour les tout-petits dont l’organisme n’est pas mature. C’est pourquoi il faut éviter d’ajouter des assouplissants dans la lessive des vêtements des enfants.</p>
<h3>A-t-on besoin de produits désinfectants à la maison ?</h3>
<p>Sur le plan domestique, il n’y a vraiment pas d’intérêt à désinfecter son environnement, puisque l’on est porteur de ses propres germes et qu’aussitôt détruits, on les remet. On en dépose même davantage en faisant le ménage qu’on en enlève ! Vouloir tuer les microbes est un combat perdu d’avance et il faut rappeler que désinfecter c’est « tuer ou éliminer les microbes ». Pour désinfecter, on n’a donc pas besoin d’utiliser un désinfectant. On peut tout aussi bien désinfecter en enlevant la crasse avec, par exemple, des tissus microfibres qui ont un haut pouvoir abrasif, plutôt qu’avec des produits désinfectants qui seront nuisibles pour l’environnement et créeront de l’antibiorésistance.</p>
<p>À la maison, il est important d’utiliser le moins de produits possible. On a tendance à confondre détergents et désinfectants, d’autant qu’aujourd’hui beaucoup de détergents contiennent des désinfectants. Pourtant un détergent a pour but principal de dégraisser, c’est-à-dire d’enlever les corps gras et la recette d’un détergent pour y parvenir est d’utiliser du gras associé à une molécule azotée afin que ce corps gras soit miscible dans l’eau. L’idée est de diluer la saleté dans du gras et de l’emporter grâce à l’eau.</p>
<h3>Y a-t-il pourtant des désinfectants moins dangereux que d’autres pour notre santé et celle de la planète ?</h3>
<p>Tous les biocides participent à l’antibiorésistance (parmi les biocides il y a les bactéricides mais aussi les fongicides, les pesticides, les herbicides, etc.) et ceux qui y participent le moins sont ceux qui s’éliminent le plus vite après usage, comme l’alcool qui s’évapore très vite. C’est aussi le cas des acides, qui sont assez rapidement neutralisés après dilution, avec des substances alcalines naturelles. Le meilleur exemple ménager est le vinaigre (ou acide acétique) qui est un excellent désinfectant et également un très bon détartrant.</p>
<p>Il faut cependant savoir que 90% des détergents du commerce sont des dérivés du pétrole, alors qu’il existe des détergents naturels, produits par des bactéries naturelles qu’on appelle les biodétergents. On les reconnaît facilement dans les rayons des magasins car ils sont souvent certifiés par ECOCERT, qui garantit qu’il y a moins de 5% de produits pétroliers. Les biodétergents sont beaucoup plus biodégradables et agissent à des concentrations beaucoup plus faibles que les détergents pétrochimiques. Même à l’hôpital, on peut favoriser les biodétergents.</p>
<p>L’action thermique peut aussi permettre de tuer les microbes grâce par exemple aux appareils nettoyants vapeurs.</p>
<p>Il n’y a vraiment aucune indication à utiliser des désinfectants à la maison. Au contraire, on risque, en utilisant des produits désinfectants, de favoriser l’antibiorésistance mais également de développer de l’asthme et des allergies cutanées.</p>
<h3>L’eau de javel est-elle également à éviter ?</h3>
<p>L’eau de javel est un désinfectant pur et dur qui tue des bactéries sous l’effet du chlore et du fait qu’il est très alcalin. Il a l’avantage d’être peu cher, efficace et d’avoir des vertus blanchissantes. Cependant il ne détartre pas et comme malheureusement les microbes sont sous le tartre, on désinfecte principalement l’écosystème des égouts et de la mer avec la javel. L’eau de javel est donc l’ennemi des stations d’épuration.</p>
<p>C’est aussi un produit dont les dérivés d’usage sont dangereux pour la santé humaine, car certains de ces dérivés, comme les chloramines, sont cancérigènes.</p>
<h3>On favorise le savon ?</h3>
<p>Avec le savon, il n’y a pas de souci d’antibiorésistance puisqu’ils n’ont pas vocation à être bactéricides, et comme le savon permet d’enlever la saleté, on peut considérer qu’il désinfecte sans tuer les bactéries mais tout simplement en les nettoyant.</p>
<p>Pour s’appeler savon, il faut que le produit soit le résultat d’une saponification, c’est-à-dire d’une réaction entre un corps gras et un alcalin (de la soude ou de la potasse). Le corps gras a longtemps été des huiles animales, désormais on utilise des huiles végétales. C’est un procédé très ancien dont les molécules ont les mêmes propriétés que les molécules des détergents, avec pour différence qu’elles sont moins puissantes mais beaucoup plus biodégradables. Les savons ont aussi beaucoup moins d’inconvénients sur la peau, à condition que l’on n’y ajoute pas des parfums ou des colorants. Il faut bien savoir que les bains moussants, les « mousses lavantes », etc., font partie de la famille des détergents et non du savon et qu’ils sont agressifs pour la peau.</p>
<p>Au passage, sachez que l’on trouve également beaucoup de biocides dans les shampoings et les crèmes qui contiennent des conservateurs, qui sont en réalité tout simplement des biocides, dont certains sont particulièrement allergisants. Pour soigner sa peau, il vaut mieux utiliser par exemple des huiles végétales pures plutôt que des crèmes industrielles avec des compostions complexes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>BON À SAVOIR</h3>
<p>Deux décrets (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038689025&amp;categorieLien=id" target="_blank" rel="noopener noreferrer">n° 2019-642</a> et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038689038&amp;categorieLien=id" target="_blank" rel="noopener noreferrer">n° 2019-643</a>) viennent de paraître sur l’usage des biocides. Le second, « <em>relatif à la publicité commerciale pour certaines catégories de produits biocides </em>», impose pour les plus agressifs d’entre eux d’apposer la mention suivante sur le packaging : « <em>Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable, notamment dans les lieux fréquentés par le grand public. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement. </em>»</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Le modèle « Clubhouse » : un pont entre l’hôpital et l’entreprise pour les personnes souffrant de troubles psychiques</title>
		<link>https://france-assos-sante.org/2019/06/05/le-modele-clubhouse-un-pont-entre-lhopital-et-lentreprise-pour-les-personnes-souffrant-de-troubles-psychiques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 13:01:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Initiatives et innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Santé mentale]]></category>
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					<description><![CDATA[Ces 20 dernières années, la médecine a fait des progrès et de nombreux malades souffrant de troubles psychiques tels que [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ces 20 dernières années, la médecine a fait des progrès et de nombreux malades souffrant de troubles psychiques tels que la bipolarité, la schizophrénie ou une dépression sévère &#8211; ce qui représente 2 millions de personnes environ &#8211; parviennent à trouver un traitement qui les stabilise, leur permet de vivre mieux et de ne plus être enfermés en hôpital psychiatrique. Ainsi le nombre de lits accueillant des malades dans les services de psychiatrie a été divisé par plus de deux. Ces patients stabilisés sont donc suivis en ville mais ont souvent besoin d’un accompagnement adapté, ce qui en France n’a jamais été vraiment prévu. Ce sont autant de malades, trop souvent livrés à eux-mêmes, qui vivent pour beaucoup en situation d’exclusion sociale et professionnelle.</strong></p>
<p><strong>Pour les accueillir et les accompagner au quotidien dans un nouveau projet de vie et une éventuelle reprise professionnelle, Philippe Charrier, un homme d’affaires, décide de s’inspirer d’un modèle existant dans une trentaine de pays : le Clubhouse.</strong></p>
<p><strong>Il s’agit de lieux d’accompagnement de jour pour les malades souffrant de troubles psychiques, leur permettant de faire la transition entre le moment du rétablissement médical, c’est-à-dire le moment où l’on trouve un traitement qui stabilise les troubles, et leur retour à la vie active. C’est en quelque sorte un pont entre l’hôpital et l’entreprise. </strong></p>
<p><strong>C’est ainsi qu’en 2011, le Clubhouse parisien de la rue de Lunéville a ouvert ses portes et que deux Clubhouses, à Bordeaux et Lyon, ont suivi le mouvement fin 2017. Le premier accueille aujourd’hui 300 membres et les deux autres 80 membres chacun. Dans les Clubhouses, il n’est plus question de parler de personnes malades mais de membres, admis à vie avec bienveillance, qui viennent pour trouver à nouveau des repères, de la confiance en soi, une vie sociale et, pour certains, un retour vers une vie professionnelle épanouie. </strong></p>
<p><strong>Une journée de travail commence, comme chaque jour de la semaine, au Clubhouse parisien de la rue de Lunéville…</strong></p>
<p>Les portes des 300m<sup>2</sup> du Clubhouse de la rue de Lunéville, dans le 19ème arrondissement de Paris, ouvrent chaque jour à 9h30. Certains membres sont en avance et sont impatients d’entrer boire un café dans la belle salle polyvalente, ouverte sur une grande cuisine, où un déjeuner est organisé chaque jour pour toutes les personnes présentes, par les membres eux-mêmes. Chaque membre vient, selon ses disponibilités et ses envies, participer ainsi à la vie du lieu et travailler également à un futur projet professionnel.</p>
<p>À 10 h précises, chacun s’assoit autour d’une des grandes tables de la salle principale et la première réunion pour organiser la journée commence. Ceux qui demandent à faire partie du Clubhouse ne sont plus ici des malades mais des membres qui acceptent de s’impliquer dans le bon fonctionnement du lieu en assurant ensemble sa cogestion avec l’aide d’un nombre volontairement restreint de salariés. Les premières missions sont attribuées aux membres volontaires : il faudra un animateur pour diriger la réunion, un gardien du temps qui veillera à ce que l’on respecte les horaires, un groom qui sera en charge d’ouvrir la porte aux membres qui arriveraient pendant la réunion, un script qui note sur le grand tableau de la salle polyvalente qui fera quoi au Clubhouse ce matin. Une même réunion aura lieu après le déjeuner pour répartir les tâches de l’après-midi.</p>
<p>Mais avant toute chose, un petit tour de table est prévu pour que chacun puisse exprimer son humeur du jour, faire un rappel des éventuels anniversaires à fêter et donner des nouvelles des membres qui ne seraient pas venus depuis quelque temps.</p>
<p>Puis chacun se porte volontaire aux divers postes nécessaires au bon fonctionnement du lieu. Certains se proposent pour aller faire le marché, d’autres pour préparer le déjeuner, d’autres encore pour tenir le standard téléphonique, entretenir la belle terrasse fleurie, mettre la table, tenir la caisse pour ceux qui restent déjeuner, s’occuper de l’entretien des locaux, etc. Ces tâches quotidiennes sont donc organisées comme une « cogestion » du Clubhouse, gérée par les membres et permettant au Clubhouse d’accueillir tout le monde dans de belles conditions. Cette partie du travail des membres s’appelle « La Ruche ». Chaque membre y participe à son rythme, selon ses envies ; et s’il arrivait qu’il n’y ait pas assez de volontaires pour faire les courses ou préparer le déjeuner par exemple, celui-ci serait tout simplement annulé. Cependant, ainsi que le confie Jean-Philippe Cavroy, le directeur du Clubhouse de Paris, cela arrive très rarement, pas plus d’une ou deux fois par an…</p>
<p>En marge de « La Ruche », il y a « La Forge » qui occupe plutôt le premier étage du Clubhouse de Paris. « La Forge » est la partie du travail des membres qui concerne leur réinsertion professionnelle et la prospection ou le bon maintien des liens avec les entreprises partenaires du Clubhouse.</p>
<p>Le Clubhouse est ainsi organisé en journées de travail du lundi au vendredi de 9h30 à 18h et des activités récréatives sont également proposées les soirs et les week-ends.</p>
<h3>Le Clubhouse : un modèle international qui existe depuis les années 40, aux résultats scientifiquement prouvés</h3>
<p>Alors que le modèle des Clubhouses existe dans une trentaine de pays du monde et est apparu aux Etats-Unis dans les années 40, ce type de structure d’accueil n’avait jamais été testé en France jusqu’en 2011, grâce à l’initiative de Philippe Charrier.</p>
<p>Une même méthodologie est appliquée dans tous les Clubhouses partout dans le monde et son impact positif sur ses membres, même d’un point de vue thérapeutique, est désormais « scientifiquement prouvé ». Il y a aujourd’hui une fédération des Clubhouses dont le siège est à New York et qui organise des formations pour ceux qui voudraient créer ou améliorer un Clubhouse. Tous les Clubhouses fonctionnent selon 37 standards qui sont des règles de fonctionnement dont l’une des principales est que le Clubhouse appartient aux membres qui s’y impliquent. Des salariés supervisent et accompagnent les membres mais ils n’excluent jamais les membres des décisions à prendre. Par exemple, les membres participent au recrutement des salariés, à l’accueil de nouveaux membres, à la mise en place des partenariats avec les entreprises, etc. D’ailleurs, rue de Lunéville, pour bien montrer que chacun est partie prenante, toutes les portes restent ouvertes et il n’y a pas de lieu privatisé pour les salariés.</p>
<p>L’aspect collectif reste essentiel. Par exemple, lorsqu’est évoquée l’idée de mettre en place une activité ou un atelier, qu’il soit professionnel ou récréatif, comme un atelier artistique ou des cours d’anglais, ce sera réalisé à la condition que plusieurs membres soient intéressés.</p>
<p>« <em>Ici il n’y a pas de risque, pas d’échec, seulement des expériences. </em>», précise, rassurant, le directeur du Clubhouse de la rue de Lunéville, Jean-Philippe Cavroy.</p>
<p>Au Clubhouse, on part du principe que tous les membres ont des compétences, des capacités, des talents, des envies qui ne demandent qu’à être valorisés et partagés.</p>
<p>Ainsi tout est pensé pour que chaque tâche de la cogestion assurée par les membres ait un impact positif pour eux en termes d’autonomie et d’acquisition de compétences professionnelles.  Les membres sont incités à tout tester sur la base du volontariat et à être au maximum dans l’action. Cela permet de développer la solidarité entre les membres et la pair-aidance puisque les membres présents depuis longtemps transmettent ce qu’ils savent aux nouveaux.</p>
<p>En outre, si une activité ou un atelier se met en place au Clubhouse, on regarde en priorité si l’un des membres aurait la possibilité de l’animer puisque parmi les 300 membres du Clubhouse, il y a finalement des parcours de vie très variés et de multiples compétences à valoriser.</p>
<h3>Quelques chiffres pour le Clubhouse de la rue de Lunéville à Paris…</h3>
<ul>
<li>300 membres</li>
<li>7 salariés (que l’on appelle les « staff »)</li>
<li>36 membres en moyenne viennent chaque jour au Clubhouse</li>
<li>Chacun reste en moyenne 4,5 heures par jour</li>
<li>Chaque membre reste en moyenne 3 ans au Clubhouse</li>
<li>30% d’entre eux accèdent à une activité professionnelle</li>
</ul>
<h4>Les critères pour devenir membre du Clubhouse :</h4>
<ul>
<li>Avoir plus de 18 ans</li>
<li>Ne pas être dans le déni de sa maladie</li>
<li>Être suivi médicalement</li>
<li>Avoir un domicile</li>
<li>Avoir envie de faire partie du Clubhouse</li>
</ul>
<h4>La démarche pour devenir membre du Clubhouse :</h4>
<ul>
<li>Envoyer un courrier par mail ou papier pour expliquer ses motivations à devenir membre</li>
<li>Venir à une première réunion d’informations animée par des membres</li>
<li>Venir à une journée découverte</li>
<li>Compléter un dossier et choisir un membre référent et un salarié référent pour aider à son intégration et à son accompagnement</li>
</ul>
<h3>Un accompagnement tout en douceur vers une réinsertion professionnelle</h3>
<p>En arrivant au Clubhouse, chaque membre choisit un salarié référent parmi les « staff », qui l’accompagnera, notamment dans son projet professionnel. S’il est conseillé aux membres de venir 2 à 3 jours par semaine, il n’est pas recommandé de venir tous les jours afin de garder des activités sociales extérieures et de ne pas « <em>mettre tous ses œufs dans un même panier</em> », comme l’explique le directeur Jean-Philippe Cavroy.</p>
<p>Au Clubhouse, on aide tout particulièrement les membres à reprendre confiance en eux et en leur capacité à se remobiliser sur le travail. Même s’ils ne retrouvent pas forcément leur métier d’origine, l’important est pour les membres de reprendre un rythme de vie régulier, de se voir attribuer une mission, d’avoir des collègues, un salaire, parfois de reprendre une formation, etc. Pour ce faire, des entreprises partenaires proposent aux membres des journées de découvertes en entreprises, des missions ponctuelles, ou encore des postes en CDD et CDI. L’accompagnement du Clubhouse continue même lorsque les membres sont en poste en entreprise. Lorsque l’on devient membre du Clubhouse, on le reste à vie et, à tout moment, si les membres en ressentent le besoin, ils peuvent revenir.</p>
<p>Le Clubhouse propose également aux entreprises d’être accompagnées sur la déstigmatisation des troubles psychiques en les aidant à recruter des personnes qui en souffrent ou à soutenir des employés déjà en poste et qui seraient atteints de troubles psychiques.</p>
<p>Enfin il existe au Clubhouse un « mécénat de compétences » à travers lequel des salariés d’entreprises partenaires accompagnent les membres de façon individuelle dans leur suivi vers une reprise d’activité professionnelle, en leur montrant, par exemple, comment fonctionne Linkedin, en les aidant à mettre à jour leur CV, à rédiger leurs lettres de motivation ou encore en travaillant sur des simulations d’entretiens.</p>
<h3><strong><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-30294 " src="https://france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2019/06/ClubHouse-2.jpg" alt="Photo du Clubhouse parisien de la rue de Lunéville" width="553" height="381" /></strong></h3>
<h3><strong>TÉMOIGNAGES DE MEMBRES DU CLUBHOUSE DE LA RUE DE LUNÉVILLE</strong></h3>
<p><strong>Yvan, 56 ans</strong></p>
<p>J’ai déposé mon dossier pour devenir membre il y a 4 mois et l’on vient de me confirmer que je suis désormais membre à part entière du Clubhouse. J’en suis très heureux. J’en avais entendu parler grâce à mon épouse qui est référente handicap dans une entreprise qui est partenaire du Clubhouse. Je viens de Normandie, donc je ne peux pas venir tous les jours, d’autant que le train est assez cher. En outre, je m’occupe beaucoup de mon fils de 14 ans, mais je m’organise pour m’impliquer autant que je le peux. J’avais en effet vraiment besoin et envie de me resocialiser car je suis en arrêt de travail depuis plus de 4 ans. Même si je sors et que je vis en famille avec ma femme et mon fils, j’avais besoin de retrouver un emploi du temps régulier, de rencontrer de nouvelles personnes, de parler. Je me rends compte que je prends beaucoup la parole ici et ça me fait du bien. Grâce au Clubhouse, je ne suis pas seul durant la journée alors qu’à la maison j’attends surtout que ma femme et mon fils rentrent le soir. Je suis heureux d’avoir à nouveau une occupation, de voir du monde, d’échanger, de m’investir dans un projet.</p>
<p><strong>Jacques, 52 ans</strong></p>
<p>Je suis membre du Clubhouse depuis 3 ans et j’en avais entendu parler lors d’un atelier thérapeutique. Il y avait beaucoup de demandes à traiter en même temps que la mienne pour devenir membre et cela a pris 9 mois. J’étais très motivé à l’idée d’intégrer le Clubhouse qui se différenciait des services d’aide à la vie sociale que je connaissais. Au Clubhouse, les membres sont incités à se prendre en charge eux-mêmes dans des conditions adaptées à notre parcours de vie, avec à la clé un retour à l’emploi. Je suis en rupture professionnelle depuis 1993 et malgré la reprise d’études en architecture d’intérieur en 2000, je n’arrivais pas à retrouver une vie active. Depuis 2005, je n’avais plus d’activité et je me suis surtout occupé de ma mère, sans assez m’occuper de moi. À sa mort en 2014, j’ai repris ma vie en main. Le fonctionnement du Clubhouse me plaît car c’est structurant. Je viens habituellement le mercredi, donc je connais bien les personnes qui viennent le même jour que moi et je connais bien le fonctionnement du Clubhouse. Peu à peu on se fait des amis. Il y a eu des périodes où, durant 2 ou 3 semaines, j’étais un peu déprimé et je ne venais pas mais cela n’a jamais duré longtemps. Durant ces périodes, les « staffs » et mes amis du Clubhouse prenaient de mes nouvelles, tout comme ils l’ont fait il y a un mois alors que j’ai été hospitalisé pour des problèmes de diabète. Ici on ne laisse personne sur le carreau.</p>
<p>J’ai commencé au Clubhouse en faisant la cuisine, du nettoyage, et peu à peu les choses se sont enchaînées. J’ai ensuite participé à des ateliers pour le retour à l’emploi, à des simulations d’entretien avec des entreprises partenaires, j’ai fait des stages en entreprise et je suis désormais prêt à trouver un emploi en tant qu’assistant administratif. Si je trouve un poste, je continuerai à passer après mon travail une fois par semaine pour garder le lien avec les membres du Clubhouse.</p>
<p><strong>Cécile, 40 ans</strong></p>
<p>Je suis membre du Clubhouse depuis 7 mois et, il y a 2 mois, on nous a proposé une mission de tri de colis à mi-temps, de 15h30 à 19h30. Trois contrats d’une semaine en intérim se sont enchaînés, en ce moment je suis embauchée pour un contrat d’un mois, à l’issue duquel mon contrat devrait être renouvelé pour 3 mois, voire plus à l’avenir. L’accueil est bienveillant et certains formateurs sur le lieu de travail savent que certains d’entre nous ont une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) et sont très sympas avec nous ! J’avais entendu parler du Clubhouse par des membres et je pensais que c’était une bonne solution pour moi pour retrouver du travail. J’en avais envie et besoin rapidement car j’avais des difficultés financières, mais je ne pensais pas que les choses se mettraient en place si vite. J’avais quelques appréhensions par rapport au poste proposé mais après avoir visité le lieu de travail et en sachant que d’autres membres y travailleraient aussi, cela m’a beaucoup rassurée. Enfin, dès que j’ai un moment, j’en profite pour passer saluer tout le monde au Clubhouse. Cela me semble important de maintenir le lien même si j’ai retrouvé du travail.</p>
<p><strong>Ludovic, 44 ans</strong></p>
<p>Cela fait 1 an et demi que je suis membre du Clubhouse et je partage en ce moment la même expérience professionnelle que Cécile (voir ci-dessus) grâce au Clubhouse. C’est pour moi une belle occasion de me remobiliser après une période de 8 années d’inactivité. En outre, j’avais besoin urgemment de gagner de l’argent. C’est un bon tremplin pour moi vers la reprise d’une activité professionnelle. J’aimerais retrouver un emploi plus enrichissant à l’avenir mais cette première étape était indispensable et très satisfaisante pour reprendre confiance en moi sur le plan professionnel.</p>
<p><strong>Véronique, 53 ans</strong></p>
<p>Je suis membre depuis 3 ans et j’ai connu le Clubhouse grâce à une amie membre elle-même depuis 6 ans. J’étais très motivée par le fait de faire partie d’une structure qui me propose un projet dynamique qui m’encourage à sortir de chez moi et qui soit tourné vers la réinsertion professionnelle. J’avais très envie de remettre un pied dans l’entreprise, car cela faisait plusieurs années que je n’avais pas eu cette opportunité. Très rapidement j’ai été séduite par l’accueil très chaleureux des membres et des staffs et je suis venue toutes les semaines, deux jours par semaine. Il y a des périodes où je n’ai pas toujours envie de venir, mais je viens quand même ! Lorsque je suis arrivée, j’étais sous traitement médicamenteux, je manquais de confiance en moi et petit à petit j’ai pris de l’assurance, je me suis impliquée dans la cogestion du Clubhouse et dans ma réinsertion professionnelle. J’ai rencontré des entreprises et depuis 1 an, je n’ai plus besoin de médicaments et j’ai retrouvé une joie de vivre. Je suis persuadée à 100% que le Clubhouse est la principale raison de mon rétablissement. Je vois enfin la vie sereinement et c’est très rassurant de savoir que je suis membre à vie. Je ne conçois pas ma vie en travaillant à nouveau à plein temps, mais je me sens plus autonome, confiante pour faire des missions ponctuelles et m’engager, comme je le fais déjà depuis quelque temps, dans le milieu associatif.</p>
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		<title>Activité physique adaptée et santé mentale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2019 13:38:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Prévention et addictions]]></category>
		<category><![CDATA[Santé mentale]]></category>
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					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-0"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><p><strong>Les troubles psychiques apparaissent au 3<sup>ème</sup> rang des maladies les plus fréquentes après le cancer et les maladies cardio-vasculaires. </strong><strong>En France, 1 personne sur 5 risque de connaître un trouble psychique au cours de sa vie, comme une dépression, un brun-out, de l’anxiété, une addiction, des troubles alimentaires, troubles schizophréniques ou bipolaires, etc.</strong></p>
<p><strong>Malgré ces chiffres, et alors que l’activité physique adaptée (APA) se développe partout en France pour de nombreuses maladies chroniques, elle reste assez peu proposée en santé mentale. L’offre est quasiment inexistante en ville, pour les malades qui ne sont pas hospitalisés ou justement après une hospitalisation pour assurer un suivi dans le cas où les malades auraient pu en bénéficier lors de leur séjour dans un établissement de santé. </strong></p>
<p><strong>Pourtant la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2016/12/30/2016-1990/jo/texte" target="_blank" rel="noopener noreferrer">loi de modernisation de notre système de santé de 2016</a> prévoit désormais que les médecins puissent désormais prescrire de l’activité physique adaptée (APA) aux patients souffrant d’une affection de longue durée (ALD). Il est nécessaire, pour que cela fonctionne dans le parcours de soin de la santé mentale, que l’offre en APA existe bel et bien. C’est d’autant plus désolant que l’une des principales conséquences des troubles psychiques est le repli sur soi et que l’activité physique adaptée peut aider à lutter contre l’isolement des malades. </strong></p>
<h3>INTERVIEW DE PIERRE COUBELLE, COORDINATEUR DU <a href="https://alternpsy.blogspot.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">COLLECTIF ALTERNATIVE PSY</a></h3>
<p><strong>66 Millions d’Impatients : Pensez-vous que les associations de patients ont leur place à prendre dans ce dispositif pour s’assurer, tout particulièrement, que l’on prend bien en compte la globalité des besoins des patients : physique, psychique, social ?<br />
Pierre Coubelle</strong> : Oui, il serait indispensable que les associations de patients incitent leurs adhérents à pratiquer du sport adapté, d’autant que pour ceux qui souffrent de  troubles psychiques ou de maladies psychiatriques, cela permet de créer du lien, d’aider les patients à sortir de leur isolement.</p>
<p><strong>Quelles sont, pour les troubles psychiques et les maladies psychiatriques, les activités physiques les plus pertinentes ? Est-il possible de les étendre encore davantage à des activités hors du champ « sportif » comme de la sophrologie, des balades en forêt, etc. ?<br />
</strong>La marche est une activité simple, qui ne nécessite pas de matériel coûteux et peut être conviviale si elle est pratiquée en groupe. Le Qi Gong, la relaxation, la sophrologie en groupe sont également des activités très intéressantes pour les malades, mais ce sont malheureusement souvent des activités coûteuses.</p>
<p><strong>Par rapport aux besoins spécifiques des patients pris en charge en santé mentale, quels sont, selon vous, les meilleurs indicateurs possibles pour évaluer si l’APA remplit bien ses objectifs ?<br />
</strong>Le principal critère me semble être l’amélioration de la qualité de vie des personnes malades.</p>
<p><strong>Quelles sont, selon vous, les conditions préalables nécessaires à la mise en œuvre de l’APA ?<br />
</strong>Il y a bien trop peu d’initiatives malheureusement en APA dans le cadre de la santé mentale. Cela mériterait d’être développé, et l’on voit bien, par rapport à d’autres pathologies où l’APA commence à être bien implantée partout sur le territoire, que pour les maladies psychiatriques il y a encore beaucoup d’effort à déployer. C’est désolant, mais c’est souvent ainsi pour la prise en charge des patients en psychiatrie.</p>
<h3>INTERVIEW DE JULIEN BUTTARD, ENSEIGNANT EN APA À L’INSTITUT MARCEL RIVIÈRE-MGEN DE LA VERRIÈRE</h3>
<p><strong>66 Millions d’Impatients : Quelles sont les pathologies dont souffrent les patients que vous suivez et en quoi l’activité physique adaptée peut les aider sur le plan thérapeutique ?</strong></p>
<p><strong>Julien Buttard </strong>: Nous travaillons à l’institut avec des personnes souffrant de dépression, d’addictions, de troubles du comportement, de psychose&#8230; Ces personnes sont hospitalisées entre 3 semaines et parfois jusqu’à plusieurs semaines, mois, voire années.</p>
<p>Nous travaillons sur le corps en mouvement, et pour des personnes ayant par exemple une schizophrénie (maladie de la famille des psychoses), il est essentiel de leur apprendre à se réapproprier leur corps, un corps qui peut leur être étranger, à renouer contact avec les autres par un travail en groupe, à travailler sur les sensations corporelles, l’apprentissage, à se canaliser, à se redynamiser, à se défouler, à gérer une prise de poids due à une prise de certains médicaments, travailler sur la notion de plaisir, la confiance en soi, la prise de décision&#8230; Pour ces pathologies, nous pouvons être confrontés à des personnes ayant un rapport au corps compliqué comme une sensation de corps morcelé, un comportement désorganisé, des hallucinations sensorielles, des dysmorphophobies&#8230; Ils peuvent avoir l’impression que certaines parties de leur corps ne leur appartiennent pas, ne réagissent pas selon leur volonté ou qu’elles sont disproportionnées ou anormales. On apprend alors, au travers d’une prise en charge corporelle comme l’activité physique adaptée, à travailler sur le schéma corporel et l’image du corps, au travers des différentes sensations corporelles, qu’elles soient articulaires, musculaires, liées à l’essoufflement, etc. Cela peut se travailler par le biais d’expériences sensori-motrices.</p>
<p>On travaille aussi sur l’autonomie, la responsabilisation et sur la promotion à la santé.</p>
<p>Une fois que nous avons réussi à faire prendre du plaisir aux personnes hospitalisées en pratiquant une activité physique, notre objectif est aussi de les encourager à continuer à l’extérieur. C’est un travail intéressant de promotion à la santé car les personnes avec qui nous travaillons ne seront pas hospitalisées toute leur vie et si elles ne ressentent pas de plaisir à pratiquer, il y a peu de chance qu’elles continuent une fois rentrées chez elles. Le premier objectif de la promotion à la santé est qu’elles comprennent pourquoi il est important d’avoir une activité physique régulière, que cela soit du point du vue physique et psychique. Par la suite, il faut qu’elles retrouvent une activité et prennent du plaisir à la pratiquer. Ce plaisir facilitera la régularité qui entraînera à son tour des progrès et des rencontres. Cela crée un cercle vertueux puisque cela améliore également la confiance en soi et que la sensation de plaisir est encore renforcée.</p>
<p><strong>Dès leur arrivée à l’Institut, les patients se mettent à pratiquer une activité physique ?</strong></p>
<p>Dans un premier temps et en fonction des raisons de leur hospitalisation, on laisse volontairement aux personnes hospitalisées en psychiatrie pas mal de temps libre, afin d’avoir un temps d’évaluation sur l’unité. L’objectif est de leur permettre de se recentrer sur elles-mêmes et qu’elles aient le temps de se poser des questions sur leur présence à l’hôpital, et d’évaluer leur besoin en termes de prise en charge pour que celle-ci soit la plus pertinente possible. On leur retire donc également leur téléphone portable. C’est loin d’être un exercice facile mais il est intéressant, car il n’est pas rare que les personnes hospitalisées en santé mentale soient dans la fuite par rapport à leur maladie et leur souffrance. Si nous leur proposions d’emblée beaucoup d’activités, elles pourraient avoir tendance à oublier facilement pourquoi elles sont là et chercher à s’occuper à tout prix. Pendant cette période, les personnes hospitalisées ont donc une activité physique réduite. Peu à peu, au fur et à mesure que l’équipe soignante cerne les besoins de chacun, nous mettons en place des activités à visée thérapeutique comme des activités corporelles (APA, psychomotricité, kinésithérapie, ostéopathie ou socio-esthétique), de l’ergothérapie à travers différents médias (dessin, poterie, cuisine, peinture sur soie, bois…), de la diététique, un suivi avec une psychologue ou des activités pavillonnaires. Dans tous les cas, ces prises en charge sont réfléchies en réunion d’équipe, ces propositions se font dans une démarche participative avec les personnes concernées, car nous essayons de rendre au maximum les personnes hospitalisées actrices de leurs soins.</p>
<p><strong>L’activité physique est-elle systématiquement intégrée au parcours de soins des personnes hospitalisées ?</strong></p>
<p>L’activité physique adaptée peut être intégrée au parcours de soins de différentes façons : le bouche à oreille pouvant entraîner une demande de la personne hospitalisée à l’équipe soignante, l’affichage des activités sportives proposées de façon libre, les discussions en réunion d’équipe soignante sur la pertinence de telle ou telle prise en charge. Il arrive que certaines équipes soignantes rendent l’activité physique adaptée obligatoire à leurs patients au cours de leur séjour mais, de mon point de vue, cela peut s’avérer contre-productif. En effet, les personnes hospitalisées non motivées auront du mal à prendre plaisir à pratiquer et ne s’investiront pas en tant qu’acteurs de leur propre santé, ce qui est une des clés de la réussite des soins. De plus, de par leur comportement, cela peut influer négativement sur la dynamique du groupe.  Dans ces cas-là, j’essaye vraiment de trouver des solutions avec les personnes hospitalisées, de négocier avec elles pour qu’au moins elles fassent quelques séances d’essai. Nous avons la possibilité de leur proposer un grand nombre d’activités physiques différentes pour que chacun y trouve son compte comme du Step, de la Zumba, du stretching, du badminton, du sport collectif aquatique, de l’aquagym, de la course à pied, du tennis de table, du vélo, du foot, des jeux traditionnels, etc.</p>
<p>De toute façon, on ne peut pas obliger une personne hospitalisée à faire une activité. Notre rôle est de leur rappeler les objectifs de soin, les raisons pour lesquelles ces prises en charge leur ont été proposées, les bénéfices qu’ils en ont déjà tirés et ceux possiblement à venir. Chacun fait comme il peut et comme il est.</p>
<p><strong>Vous proposez des séances d’activité physique adaptée collectives ou individuelles aux patients hospitalisés ?</strong></p>
<p>On commence toujours la prise en charge de l’activité physique adaptée par un entretien individuel avec la personne concernée. En fonction de la pathologie de la personne et des objectifs de soin, on propose des activités physiques individuelles, en groupe ou les deux. Dans notre service, nous avons des prises en charge individuelles et en groupe pour l’APA, mais nous proposons également des groupes libres, sur la base du volontariat, où les personnes hospitalisées viennent s’inscrire et participer. En tant que professeur d’APA, nous encourageons les personnes que nous avons en charge à y participer, si cela est pertinent au regard de leurs objectifs de soin. Nous adaptons ensuite le nombre de séances en conséquence. Il y a 4 groupes libres (tennis de table, aquagym, randonnée et football) par semaine auxquels peuvent s’ajouter des séances individuelles si les personnes hospitalisées en ressentent le besoin. Cependant, il n’est pas conseillé de faire toutes les activités car il ne faut pas oublier qu’à leur sortie, il n’auront peut-être pas autant de temps libre ou de moyens financiers pour faire des activités physiques et que cela peut créer un manque qui ne doit pas être négligé.</p>
<p>Le fait de travailler en groupe et d’être capable de s’adapter est également très intéressant dans l’activité physique adaptée. La notion de réadaptation et d’apprendre ou de réapprendre à s’intégrer à un groupe, et d’adapter son comportement en fonction du groupe est important pour les personnes qui souffrent de maladies psychiques.</p>
<p>Nous formons les groupes en mélangeant les personnes hospitalisées, quels que soient leur âge et leur pathologie. Parfois les adolescents pratiquent avec des adultes, cela dit nous prévoyons également des groupes exclusivement pour les adolescents. Cette mixité aide à travailler sur la notion d’adaptation au groupe. Puis, en tant qu’enseignant en activité physique adaptée, lors des séances collectives, notre rôle est d’adapter les consignes pour chaque participant, de façon à ce qu’elles soient compréhensibles et faisables pour tous. Cependant, cela marche aussi dans le sens inverse puisque nous pouvons leur demander de s’adapter à nos besoins.</p>
<p><strong>Comment se déroulent les séances d’activité physique à l’Institut ?</strong></p>
<p>Une fois que les objectifs sont posés lors du premier entretien individuel, je favorise ensuite la prise de décision à l’instant T quand il s’agit d’APA en individuel. À chaque début de séance, je demande aux personnes avec qui je travaille comment elles se sentent, ce qu’elles veulent faire et je m’adapte à leur demande, au matériel disponible et aux conditions climatiques, pour ensuite construire la séance, en ayant toujours en tête les objectifs que nous avions définis lors de l’entretien. J’ai besoin de connaître leur état d’esprit, qui peut dépendre par exemple du déroulement du dernier entretien familial, de sa dernière permission ou de sa journée tout simplement.</p>
<p>Pour les séances d’APA en groupe, cela dépend vraiment de l’activité proposée et de la composition des groupes. Par exemple, lorsqu’il s’agit de groupes d’adolescents, je fais en sorte que tous participent à la construction de la séance. Cela permet de rendre la pratique plus ludique, de favoriser la communication, d’apprendre à faire des compromis, à travailler sur la gestion de la frustration, à échanger sans s’agresser pour que tout le monde soit satisfait… Pour d’autres, la séance est préparée en amont.</p>
<p><strong>Quel est le bon rythme de pratique pour les patients hospitalisés ?</strong></p>
<p>Pour obtenir des résultats probants, je conseille aux personnes hospitalisées de pratiquer deux à trois fois par semaine une activité physique. Cela peut se faire dans le cadre de l’APA, avec les groupes libres ou seul, comme faire de la marche. En fonction des raisons de l’hospitalisation, pratiquer trop d’activité physique pourrait être contraire aux objectifs de soin. Par exemple, pour des personnes ayant été hospitalisées pour des TCA (Troubles des Conduites Alimentaires) et devant reprendre du poids, cela pourrait être contre-productif. En revanche, je ne pousse pas les personnes hospitalisées à pratiquer tous les jours car pour certains, comme je l’expliquais plus haut, cela peut être assimilé à une forme de fuite. En outre, dans tous les cas, cela ne reflèterait pas la réalité de ce qu’ils pourront mettre en place à la sortie de l’hôpital. Il est important que ce que je leur propose à l’hôpital puisse être poursuivi une fois qu’ils rentreront chez eux, ou du moins conserver la même dynamique et la même motivation à pratiquer une activité physique à l’extérieur, en sachant les bienfaits que cela leur procure.</p>
<p><strong>Comment motiver les patients hospitalisés les plus casaniers ou les plus sédentaires à participer aux activités physiques adaptées ?</strong></p>
<p>Avec les moins motivés, je fais vraiment en sorte de mettre les activités de groupe en avant dans les objectifs, lors de l’entretien. Mais avant d’en arriver là, il est très souvent nécessaire de commencer un travail en individuel, d’une part pour créer une relation de confiance, et d’autre part pour cibler davantage leurs besoins et trouver la meilleure manière pour atteindre leurs objectifs de soin. Souvent les gens sont casaniers parce qu’ils ressentent le besoin de s’isoler, parce qu’ils pensent que personne ne peut les comprendre ou pour d’autres raisons. Mon but est qu’ils prennent plaisir à participer à une activité, à se remobiliser, se redynamiser, qu’ils progressent petit à petit, qu’ils reprennent confiance en eux et en leurs capacités, qu’ils puissent de nouveau s’investir dans un groupe, et qu’ils aient envie de continuer une fois sortis de l’hôpital. Avant leur sortie, je leur indique les clubs qu’ils peuvent contacter près de chez eux et je les encourage à poursuivre une activité physique régulière, seul ou en club. L’important est de bouger en se faisant plaisir. Pour l’instant, je ne peux pas poursuivre l’accompagnement de mes patients hors des murs de l’hôpital mais j’y travaille.</p>
<p>Si l’on prend le cas des personnes dépressives, elles auront tendance à préférer s’isoler dans leur chambre. L’activité physique va alors permettre de les remobiliser, de « redémarrer la machine ». On va ensuite travailler sur la motivation en mettant en place une activité physique qui plaise au patient. Souvent j’essaye de privilégier une activité que la personne a déjà pratiquée et qui lui a procuré du plaisir. Le simple fait qu’un patient dépressif puisse à nouveau ressentir du plaisir est déjà un beau résultat sur le plan thérapeutique. Dès lors, le patient commence à s’impliquer physiquement et psychiquement dans cette activité. Petit à petit, un échange se crée, un dialogue peut se mettre en place qui peut sembler anodin pour beaucoup de personnes mais qui peut représenter un grand progrès pour la personne malade. Cela signifie que des barrières psychiques ont commencé à tomber et c’est souvent un pas de plus vers un mieux-être. L’objectif est aussi que les patients constatent eux-mêmes qu’ils ne désirent plus, comme au début, rester seuls dans leur chambre.</p>
<p><strong>Il existe également les cas inverses de patients qui font trop d’activité physique ?</strong></p>
<p>Effectivement, il y a aussi des cas particuliers d’excès d’activités physiques, comme chez les patients qui ont des troubles alimentaires et qui veulent absolument éviter de prendre du poids, voire en perdre. Il est nécessaire que je fasse alors de l’éducation à la santé en leur expliquant que l’activité physique est effectivement saine, mais qu’en excès, elle peut être mauvaise pour le corps et que cela va se répercuter sur l’esprit. L’objectif est alors de faire en sorte d’autonomiser les patients sur des objectifs atteignables, qu’ils ont eux-mêmes choisis. Il m’est arrivé de suivre une personne ayant des TCA qui marchait 50km par jour. Elle marchait pratiquement toute la journée, au point de ne rien pouvoir faire d’autre. Si je lui avais imposé un objectif de 10 000 pas, donc très en dessous de ses 50 km habituels, très rapidement elle aurait cessé de venir me voir car cela lui aurait semblé inatteignable. Je l’ai écoutée et je me suis adapté à ses goûts et à ses besoins. Elle aimait par exemple lire le journal sur son téléphone mais n’arrivait pas à le faire en même temps qu’elle marchait. Nous avons donc convenu ensemble que 2 fois par jour, elle essayerait de s’arrêter sur un banc pour prendre le temps de lire son journal. Petit à petit, on a augmenté le nombre et les temps de pauses pour que la personne en question puisse avoir d’autres activités que la marche, comme la lecture ou le dessin, puis nous avons fixé comme objectif d’aller voir un film au cinéma qui dure plus de deux heures.</p>
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<h3>TÉMOIGNAGE DE MÉLANIE, 24 ANS, HOSPITALISÉE À L’INSTITUT MARCEL RIVIÈRE-MGEN DE LA VERRIÈRE</h3>
<p>Je suis hospitalisée depuis 5 mois pour une dépression. Avant la dépression, j’étais plutôt quelqu’un de sociable, j’ai fait des études que j’ai terminées et je pratiquais un peu d’activité physique comme la course à pied, la marche et la natation.</p>
<p>Quand je suis rentrée à l’hôpital, et bien que la dépression ait tendance à me rendre plus solitaire, dès le début j’ai fait en sorte de ne pas trop rester enfermée dans ma chambre. Même si l’envie n’était pas toujours là, je sentais que le sport pouvait m’aider à m’en sortir. J’allais donc courir et très rapidement, la deuxième semaine après mon hospitalisation, on m’a proposé des séances d’activité physique adaptée avec un enseignant spécialisé. Pour l’instant j’ai arrêté la course à pied mais je continue la natation à l’hôpital et aussi à l’extérieur lors de mes permissions, c’est-à-dire chaque week-end et un soir par semaine.</p>
<p>Je devrais bientôt sortir définitivement de l’hôpital, et avant cela, j’aimerais aussi pratiquer des sports collectifs pour reprendre plaisir à être en groupe. Je me suis donc inscrite à l’aquagym et j’aimerais aussi essayer le football, deux activités proposées à l’hôpital. Je commence également à me projeter dans ce que je pourrais faire en sortant. Je suis tentée par le handball et des cours de fitness. Cela sera peut-être moins facile de me motiver seule à l’extérieur mais, d’un autre côté, le fait d’avoir repris ici l’habitude de faire du sport m’a redonné confiance et me permet de me dire que je suis à nouveau capable de maintenir ces activités après mon hospitalisation.</p>
<h3>TÉMOIGNAGE D’ÉRIC, 59 ANS, HOSPITALISÉ À L’INSTITUT MARCEL RIVIÈRE-MGEN DE LA VERRIÈRE</h3>
<p>J’ai été hospitalisé suite à une dépression due à la séparation avec ma compagne. Je suis également bipolaire, ce qui par moment rend ma vie difficile car ce sont des périodes où je n’ai plus de limite, je parle sans arrêt, j’ai déjà été interdit bancaire, etc.</p>
<p>Je suis hospitalisé depuis 1 an mais avant déjà, j’étais tellement mal que j’étais retourné vivre chez mon père pendant 1 an. À cette période, je suis passé de 74kg à 60kg, je n’avais plus goût à rien et je dormais 23 heures sur 24. Je ne voulais pas qu’on me voie. Avant cette dépression, j’étais pourtant quelqu’un d’actif. J’étais professeur des écoles, cela se passait très bien et j’avais une image sociale positive. J’ai beaucoup pratiqué le tennis mais j’ai maintenant des problèmes de cartilage et de ménisque qui m’empêchent aujourd’hui de jouer.</p>
<p>A mon arrivée à l’hôpital, je vivais au jour le jour jusqu’au moment où j’ai recommencé à avoir des projets. Au début, lors de mes permissions, j’étais terriblement triste et je voyais l’avenir tout en noir.</p>
<p>Au bout de 5 mois à l’hôpital, j’ai commencé l’activité physique adaptée. Je n’avais pas envie de faire de sport, pas plus qu’autre chose d’ailleurs. Avant cela, j’avais accepté d’aller aux ateliers de poterie car cela me semblait tranquille puisque l’on est assis autour d’une table et que je ne parlais pas trop. L’activité physique adaptée m’a en réalité été prescrite. Ce n’était pas une demande de ma part. Au début j’y suis allé à reculons. J’ai dit d’abord à l’éducateur en activité physique adaptée qui s’est occupé de moi de ne pas me poser de questions et au début nous avons en réalité joué à des jeux de société. Rapidement, j’ai pris du plaisir à aller aux 2 séances d’APA hebdomadaires, et peu à peu, nous avons commencé à parler. Je lui ai dit que j’avais pratiqué le tennis plus jeune et que j’aimais cela. Il m’a alors proposé de jouer au tennis de table, au babyfoot et au badminton. Mon but alors a été de retrouver la forme, du souffle, le plaisir que j’avais en pratiquant le tennis. J’ai une meilleure image de moi depuis que je pratique à nouveau du sport. Quand j’étais dépressif, je restais au lit, je ne me lavais pas, je ne mangeais pas. Désormais cela va mieux et le sport participe à la reprise en main générale de ma vie. J’ai même repris goût au côté compétitif du sport.</p>
<p>Aujourd’hui, je suis en paix avec moi-même et je dois sortir demain de l’hôpital. Je ne me suis pas encore renseigné sur les clubs où je pourrais aller m’inscrire mais je compte bien le faire rapidement pour continuer le badminton et le tennis de table à l’extérieur.</p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-2" data-row="script-row-unique-2" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-2"));</script></div></div></div>
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		<title>Une classe « basket-fauteuil » en Seine-et-Marne</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Apr 2019 16:11:09 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Initiatives et innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Handicap]]></category>
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					<description><![CDATA[Stéphane Leclerc et Robert Blandeau ont mis deux ans pour ouvrir officiellement une « section sportive scolaire » (anciennement le Sport-Étude) accueillant [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Stéphane Leclerc et </strong><strong>Robert Blandeau ont mis deux ans pour ouvrir officiellement une « section sportive scolaire » (anciennement le Sport-Étude) accueillant des élèves qui pratiquent le basket-fauteuil. Deux ans pour surmonter tous les obstacles administratifs et pour convaincre les différents partenaires afin que les élèves en situation de handicap de l’Institut d’éducation motrice (IEM) du Jard à Voisenon et ceux de la Fondation Ellen Poidatz à Saint-Fargeau-Ponthierry, deux établissements de Seine-et-Marne, puissent officiellement faire partie d’une section sportive scolaire proposant du basket-fauteuil.<br />
</strong><strong>En France, c’est la seule section sportive scolaire de handibasket sur plus de 3000 sections sportives scolaires implantées dans les collèges et les lycées du territoire, qui permettent aux élèves qui les intègrent de concilier études et pratiques sportives renforcées en partenariat avec une fédération sportive.<br />
Le basket-fauteuil étant une épreuve paralympique, les jeunes élèves français sont très motivés à l’idée de se perfectionner dans cette discipline et de représenter leur pays aux prochains Jeux de 2024 à Paris !</strong></p>
<h3><strong>LA GENÈSE DE CETTE SECTION SPORTIVE SCOLAIRE DE BASKET-FAUTEUIL</strong></h3>
<p>Lorsqu’il devient entraîneur en basket fauteuil après avoir entraîné des joueurs valides Robert Blandeau est étonné de constater qu’il n’existe pas pour cette discipline de catégories d’âge, ni même de basket-fauteuil pour les femmes ou de championnat pour les jeunes. Tout cela lui semble évidemment complètement anormal par rapport à la vision qu’il a du sport. Avec Stéphane Leclerc, professeur d’EPS à l’institut d’éducation motrice (IEM) de Jard à Voisenon, ils sont persuadés qu’il ne peut y avoir d’avenir pérenne pour un sport qui n’investit pas dans la jeunesse.</p>
<p>Ils décident donc d’ouvrir le club de Meaux à des jeunes désireux de pratiquer le basket-fauteuil. Pour que cela soit possible, ils mettent en place un circuit de ramassage en transport adapté qui permet d’aller chercher les jeunes qui désirent pratiquer ce sport et qui vivent aux alentours, pour les amener au club. Si ce circuit de transport n’existait pas, la plupart des familles ne pourraient tout simplement pas accompagner régulièrement leurs enfants jusqu’au club de Meaux.</p>
<p>Suite logique à cela, Robert Blandeau et Stéphane Leclerc ont ensuite voulu intégrer la pratique du basket-fauteuil dans un projet scolaire. « <em>En créant une section sportive scolaire, nous avons tenté de réparer une injustice dans le sens où ces jeunes en situation de handicap n’avaient pas de proposition sportive et scolaire de ce genre auparavant, et que beaucoup de ces jeunes restent chez eux à ne rien faire justement parce que c’est souvent très compliqué pour les familles de leur faire des propositions d’activités sportives. Les jeunes et leurs familles étaient d’ailleurs ravis de ce projet car c’est en quelque sorte un pied de nez à ce qui leur est arrivé : « oui, ils sont handicapés moteur, et on va justement vous faire une proposition pour faire du sport ! » </em>», explique monsieur Blandeau.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>LUTTER CONTRE LES IDÉES REÇUES</strong></h3>
<p>Pendant deux ans, faute de dotations de la part du rectorat, les élèves de l’Institut d’éducation motrice (IEM) du Jard à Voisenon et ceux de la Fondation Ellen Poidatz à Saint-Fargeau-Ponthierry se contentent de pratiquer le basket-fauteuil comme une option à leur cursus scolaire. À ce stade, on leur refuse donc d’intégrer une véritable section sportive scolaire, comme il en existe plus de 3000 en France, et dont l’objectif, <a href="https://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=57926" target="_blank" rel="noopener noreferrer">comme l’indique le Ministère de l’Education Nationale dans une circulaire</a>, est de permettre « <em>la formation de jeunes sportifs de bon niveau et de futurs éducateurs, arbitres, officiels ou dirigeants </em>». Alors que le basket-fauteuil est un sport paralympique, pourquoi ne pas les encourager à pratiquer ce sport à haut niveau ? Et pourquoi ne pas leur ouvrir davantage de portes vers des métiers qui gravitent autour du sport même s’ils ne deviennent pas de grands sportifs ?</p>
<p>Selon Stéphane Leclerc : « <em>Que cela soit au niveau sportif ou institutionnel, nous devons souvent nous battre pour faire vivre ce projet car certaines personnes ne le priorisent pas ou y croient peu. Même s’il nous soutient, le chef d’établissement de l’Institut du Jard par exemple est sceptique lorsque que je lui parle du sport de haut niveau comme une perspective de vie de certains de mes élèves et il va souvent préférer mettre des moyens pour d’autres projets. Il a fallu aussi que l’on se batte car ce dispositif va à contre-courant de l’idée actuelle d’inclusion portée notamment par les Agences régionales de Santé (ARS). Effectivement, ce projet réunit des jeunes en situation de handicap au lieu de les encourager à s’intégrer avec des personnes valides, mais si ces élèves avaient été éparpillés géographiquement dans plusieurs établissements, il aurait été impossible de mener ce genre de projet à bien. </em>»</p>
<p>Pour Robert Blandeau, même si la professionnalisation dans l’handisport n’existe pas en France, de nombreux jeunes en situation de handicap se projettent tout de même dans le sport de haut niveau, c’est-à-dire qu’ils ont envie d’aller le plus haut possible, de faire des compétitions, d’aller en équipe de France, de faire du basket-fauteuil leur activité principale bien que pour l’instant ce sport ne peut pas être exercé à titre professionnel. Il précise : « <em>L’idée en créant cette section sportive scolaire était aussi d’ouvrir des perspectives à ces jeunes en leur permettant un accès à des formations et donc à une certaine autonomie, de leur proposer d’autres alternatives et qu’ils n’aient pas, comme seule promesse d’avenir, uniquement les aides pour les jeunes adultes handicapés. Plus ces jeunes auront des cordes à leur arc, plus leur vie sera riche et épanouie. </em>».</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>POURQUOI MISER SUR LE BASKET-FAUTEUIL ?</strong></h3>
<p>Selon monsieur Blandeau, le basket fauteuil est une des épreuves paralympiques par excellence. Elle a d’autant plus d’intérêt que les valides peuvent également le pratiquer et être sensibilisés au handicap à travers ce sport. Il y a donc aussi une démarche citoyenne à travers le choix de ce sport qui peut permettre de changer le regard et les mentalités sur le handicap. Le basket-fauteuil permet de partager et de vivre ensemble les valeurs du sport. « <em>Nous voulons que les gens regardent les personnes en situation de handicap non pas avec compassion ou pitié mais comme des personnes ordinaires. Même s’ils font du basket en fauteuil ce sont avant tout des basketteurs. Il faut qu’on les regarde comme des basketteurs et que le fauteuil soit un détail pour ne plus voir que la personne qui joue au basket. Cette idée doit s’appliquer pour le sport mais aussi pour leur vie quotidienne et professionnelle car l’important est qu’on ne les remarque plus pour leur handicap mais pour leurs qualités. En mettant en place les sections sportives scolaires autour du handisport, notre projet était donc à la fois sportif, scolaire et citoyen. </em>», ajoute Robert Blandeau.</p>
<p>Reconnus par la Fédération Française Handisport comme pôle régional, la section sportive scolaire de basket-fauteuil de Seine-et-Marne travaille en lien avec le pôle fédéral de Talence, en Gironde, qui constitue le pôle France Jeune Handibasket et est accueillie par le CREPS (Centres de Ressources, d&rsquo;Expertise et de Performance Sportive<em>)</em> de Bordeaux. À ce titre, Stéphane Leclerc et Robert Blandeau peuvent jouer un rôle de détection et de formation de joueurs. Si certains élèves ont envie d’aller plus loin dans un projet sportif, les deux entraîneurs peuvent les aiguiller vers le pôle de Talence. Pour certains élèves, la section sportive scolaire représente donc une première marche vers le niveau supérieur. Quatre joueurs de l’équipe de France de basket fauteuil y sont d’ailleurs passés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>L’ORGANISATION ET L’ACCUEIL DES ÉLÈVES</strong></h3>
<p>Le dispositif de cette section sportive scolaire est particulier puisqu’elle réunit plusieurs élèves de différents niveaux scolaires de deux établissements de Seine-et-Marne : l’Institut d’éducation motrice (IEM) du Jard à Voisenon, où travaille Stéphane Leclerc et la Fondation Ellen Poidatz à Saint-Fargeau-Ponthierry, où travaille Robert Blandeau. C’est un contexte plutôt inhabituel car généralement une section sportive est regroupée dans un seul et même établissement, ce qui simplifie grandement l’organisation et l’aménagement des plages horaires d’entraînement. Dans le cas de la section sportive scolaire de basket-fauteuil de Seine-et-Marne, le choix de l’internat a été retenu pour faciliter l’organisation des entraînements communs.</p>
<p>Les élèves de la section sportive scolaire ont un emploi du temps aménagé afin d’intégrer 6 heures d’entraînement par semaine, dont un en commun chaque semaine avec le CS Meaux basket-fauteuil, dont la section sportive scolaire dépend, et qui est le club basket-fauteuil le plus titré de France. Les élèves jouent également les matchs de championnat le week-end.</p>
<p>Des jeunes qui viennent de toute la France sont accueillis dans la section sportive scolaire de Seine-et-Marne et la Fédération Française d’Handisport communique auprès de jeunes de toute la France sur ce nouveau projet.</p>
<p>Conscients que beaucoup de familles sont issues d’un milieu plutôt défavorisé, les initiateurs de ce dispositif font leur maximum pour le rendre accessible au plus grand nombre. Chez Stéphane Leclerc, à l’Institut du Jard, les jeunes ne sont admis dans son établissement que s’ils ont préalablement reçus une notification positive de la MDPH (Maison départementale de la santé), ce qui leur assure une totale prise en charge de leur scolarité en internat (hébergement, restauration, transports, etc.). À la Fondation Ellen Poidatz, le fonctionnement est différent, car c’est à la fois un centre de rééducation et un Institut d’Education Motrice (IME). Les jeunes n’ont qu’un statut d’élèves, ce qui signifie que l’internat est payant. Les coûts ont cependant été réduits pour les familles au minimum à 200 euros par mois pour l’hébergement et restauration, sachant que les familles peuvent bénéficier d’une bourse ou d’une aide extérieure en fonction du revenu des parents. Au niveau du matériel, grâce à diverses subventions la section sportive scolaire fournit les fauteuils de basket, ce qui représente une grosse économie pour les familles.</p>
<p>Parallèlement à des compétences sportives, tout est mis en œuvre pour développer le projet scolaire des élèves afin qu’ils puissent disposer d’un diplôme et mener en même temps leur projet de vie sportive et leur projet de vie professionnelle. Stéphane Leclerc ajoute : « <em>J’enseigne dans un lycée qui prépare à un BAC professionnel et dont les élèves, du fait de leur situation de handicap, sont potentiellement plus touchés par le chômage que la population des étudiants à la fin de leur scolarité. J’essaie donc d’ouvrir à ces jeunes des perspectives de vie, qu’elles soient sociales ou sportives. Bien que le basket-fauteuil ne soit pas professionnalisé contrairement à d’autres pays en Europe, un certain nombre de mes élèves sportifs pourront, s’ils ont le niveau suffisant, faire beaucoup de sport, être dédommagés lors de leurs déplacements, être accompagnés pour trouver un logement ou un emploi dans une mairie… C’est beaucoup de débrouillardise mais cela peut permettre à certains d’entre eux de vivre grâce à une activité sportive. </em>».</p>
<p>Enfin, l’un des grands chevaux de bataille de messieurs Blandeau et Leclerc est de faciliter au maximum les déplacements des élèves vers les lieux d’entraînement et de compétition. C’est une partie à laquelle les gens ne pensent pas forcément mais qui est extrêmement importante pour leur travail. Ils ont dû trouver des financements afin de s’équiper, car ils ont besoin de matériels spécifiques au transport d’une équipe de fauteuil-basket et prévoir des remorques afin de transporter l’ensemble des fauteuils de basket de l’équipe, en sachant qu’il faut transporter à la fois les fauteuils sportifs et les fauteuils « de ville » qui sont différents.</p>
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<h4><u>TÉMOIGNAGE DE VINCENT, 18 ANS, ÉLÈVE EN SECTION SPORTIVE SCOLAIRE DE BASKET-FAUTEUIL À L’IEM DE JARD À VOISENON</u></h4>
<p>J’ai 18 ans, je suis en seconde et je suis originaire du Val d’Oise. Je suis atteint depuis ma naissance de la maladie de Strümpell-Lorrain (ou paraplégie spastique familiale) dont les origines sont encore inconnues. Le sport a toujours eu une place importante dans ma vie. J’ai pratiqué beaucoup de sports « valides ». J’ai un handicap qui me permet de marcher. J’ai donc pu pratiquer des sports comme le badminton ou le tennis. On m’a par la suite orienté vers des sports handisports puis j’ai suivi cette section sportive scolaire pour pouvoir continuer ma formation en basket-fauteuil depuis septembre dernier.</p>
<p>J’ai entendu parler de cette section car avec mon club précédent je jouais en compétitions contre le club de Meaux et c’est son entraîneur qui m’a proposé d’intégrer l’institut du Jard. J’avais refusé sa proposition au début car l’internat me semblait trop loin et trop difficile ; cependant, un an plus tard, mon frère, qui a la même maladie que moi mais des symptômes différents, est parti au Jard et j’ai alors décidé de le rejoindre.</p>
<p>Actuellement j’ai 3 heures d’entraînement par semaine avec l’équipe 3 du club de Meaux mais j’ai demandé à intégrer également les entraînements de l’équipe 2 afin d’avoir plus d’heures d’entraînement. Nous avons aussi les compétitions qui ont lieu une fois par mois. Lorsque j’ai du temps libre, j’essaie parfois de faire du sport dans la salle qui se trouve à l’Institut. En parallèle, je fais des études en relation avec la mécanique mais si je pouvais être coach sportif à côté je ne dirais pas non ! L’idée de concevoir des fauteuils handisports me plairait bien également, car il n’existe pas de marque française qui fasse de tels fauteuils.</p>
<p>Ma priorité reste les études afin d’avoir plus tard un travail qui me permette de vivre. Le basket est un loisir pour le moment. Cependant si on me contactait pour me demander de pratiquer ce sport à haut niveau, je serais tout à fait partant d’autant plus que les Jeux Paralympiques de 2024 ont lieu à Paris et j’adorerais y participer devant toute ma famille. C’est bien sûr une motivation supplémentaire. Mes parents me soutiendraient d’ailleurs dans ce choix !</p>
<p>Selon moi, le basket fauteuil mais aussi les autres disciplines handisports manquent de soutien notamment à la télévision et dans les médias en général. On ne communique pas assez sur l’handisport.</p>
<h4><u>TÉMOIGNAGE DE CARLYVANS, 15 ANS, ÉLÈVE EN SECTION SPORTIVE SCOLAIRE DE BASKET-FAUTEUIL À LA FONDATION POIDATZ</u></h4>
<p>J’ai 15 ans et je suis originaire de Nice. Je suis en situation de handicap depuis ma naissance. Mes parents m’ont toujours encouragé à avoir une activité sportive et je me suis toujours épanoui dans le sport. J’ai fait quelques sports individuels puis j’ai choisi le basket fauteuil car j’ai aimé la dimension collective et je faisais des progrès plus marqués en basket. Au début, je faisais du basket avec peu d’entraînements et j’ai rapidement souhaité le pratiquer de façon plus soutenue. J’ai donc postulé pour le centre à Bordeaux où je n’ai pas été retenu puis je me suis redirigé vers le Centre du Jard.</p>
<p>Cela fait 2 ans que je suis en internat au Centre. J’avais donc 13 ans lorsque j’ai quitté Nice et, malgré quelques appréhensions la première année, je n’ai pas vraiment eu de crainte car cela a toujours été mon souhait et un plaisir. Mes parents ont eu quelques inquiétudes à me laisser partir si jeune à l’autre bout de la France mais lorsqu’ils ont vu que j’étais heureux là-bas, ils m’ont encore plus encouragé dans mon projet. Suivre un tel cursus scolaire représente un coût pour mes parents et cela leur a demandé certains sacrifices pour que je puisse poursuivre ce projet.</p>
<p>Nous avons 3 entraînements par semaine ainsi qu’une séance de renforcement musculaire. Mon rêve est de participer aux Jeux Paralympiques de 2024. Pour cela, il faut intégrer l’équipe de France Espoir puis l’Equipe de France Senior. Cela va être difficile, mais avec de la volonté tout est possible même si, quoiqu’il arrive, je ne mettrai jamais mes études scolaires entre parenthèses.</p>
<p>Concernant l’avenir, je ne sais pas si je ferai un métier en relation avec le sport. Comme le dit notre entraîneur il faut pouvoir à la fois travailler et faire du sport. J’aimerais avoir un métier dans le sport mais je me prépare aussi une porte de sortie si un jour le basket doit s’arrêter, ce que je n’espère pas de sitôt bien sûr.</p>
<p>Il y a encore beaucoup de progrès à faire pour rendre le sport mais aussi les choses de la vie quotidiennes plus accessibles aux personnes en situation de handicap.</p>
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