Les chiffres du rapport 2013 du Centre national des soins à l’étranger (CNSE) que 66 Millions d’impatients a pu consulter montrent que les Français sont encore peu nombreux à se rendre à l’étranger pour s’y faire soigner les dents. Conseils pratiques pour ceux qui envisageraient toutefois de s’exiler.
A peine 2000… Tel est le nombre de patients français qui en 2013 ont fait le choix de s’exiler en Hongrie afin de s’y faire soigner les dents. Ce chiffre est issu du dernier rapport d’activité du Centre national des soins à l’étranger (CNSE), un service de l’Assurance maladie qui centralise les demandes de remboursement de patients ayant subi des soins médicaux hors de nos frontières.
Pourquoi la Hongrie ? Parce que certains actes dentaires, les soins prothétiques notamment (couronnes, implants, bridges, etc.), sont facturés à des tarifs bien inférieurs à ce que pratiquent les chirurgiens-dentistes français. « Jusqu’à trois fois moins chers », estime Christian Cyffers, coordonnateur médical au CNSE. Pas étonnant que certains patients, aussi peu nombreux soient-ils, n’hésitent pas à s’exiler.
Le coût, une des motivations à l’exil
L’année dernière, le coût moyen des dépenses présentées au remboursement par les patients s’étant fait soigner les dents en Hongrie s’est élevé à 1557 €. « Certains dossiers peuvent atteindre des sommes allant jusqu’à près de 10 000 € », indique Christian Cyffers.
A titre de comparaison, le Portugal accueille beaucoup plus de patients (près de 6000 en 2013) mais pour un coût moyen bien moindre : 219 € par dossier. Un montant qui traduit un recours à des soins moins coûteux que ceux engagés en Hongrie et par ailleurs mieux remboursés en France par l’Assurance maladie.
Selon Christian Cyffers, « ces dossiers concernent des patients d’origine portugaise vivant en France qui profitent d’un passage au pays pour se rendre chez le dentiste ».
Parmi les 10 pays concentrant les plus fortes dépenses, seule la Roumanie présente le même profil que la Hongrie avec un coût moyen de 1242 € par séjour. On est loin toutefois de l’exode massif : en 2013, à peine 450 dossiers ont été transmis au CNSE.
Hongrie, Portugal et Roumanie, on l’a vu, mais aussi Allemagne, Espagne ou Italie… Le montant total des dépenses engagées par les assurés pour se faire soigner les dents à l’étranger s’est élevé l’année dernière à 10,6 millions d’euros dont 2,3 millions d’euros ont été pris en charge par l’Assurance maladie. Un montant infime par rapport aux 2,63 milliards d’euros qu’a dépensé l’Assurance maladie en 2013 au titre des soins dentaires réalisés en France.
Le tourisme dentaire en pratique
Vous avez manqué de tomber de votre chaise en prenant connaissance du devis de votre chirurgien-dentiste et envisagez sérieusement la piste hongroise ? « Depuis quelques années, peut-on lire sur notre fiche pratique consacrée aux soins à l’étranger (à consulter sans modération), de nombreuses sociétés se sont développées en France qui offrent aux candidats à l’exil d’accompagner leur séjour en garantissant à la fois que les soins seront de qualité et qu’en cas de problème, le patient ne sera pas livré à lui-même ».
Si l’idée de bénéficier de tarifs moindres à l’étranger vous effleure, il peut être judicieux de se rapprocher d’une telle société, voire de plusieurs. En gardant à l’esprit qu’il est essentiel de privilégier les intermédiaires ayant pignon sur rue en France… et de les rencontrer avant d’envisager quoi que ce soit.
Une fois votre destination choisie, il vous faudra fournir à la clinique ou à son intermédiaire en France une radio panoramique de votre dentition ou un scanner s’il s’agit de soins implantaires. Vous pouvez demander ce cliché à votre dentiste, s’il en dispose, ou le faire réaliser dans un centre de radiologie. Il permettra au professionnel du pays d’accueil d’établir son devis.
Vérifiez bien, avant de vous engager, les conditions dans lesquelles vous serez reçus (en langue française ?) et surtout qu’une garantie sur les soins est prévue au programme. Auquel cas, il convient également de se renseigner avec précision sur ce que prévoit cette garantie. En cas de pépin, l’intervention sera-t-elle reprise ? Gratuitement ou moyennant un nouveau règlement ? Qui devra régler les nouveaux frais de déplacements et d’hébergement ?
Prise en charge et qualité
La prise en charge par l’Assurance maladie des soins dentaires programmés n’est possible que s’ils ont été effectués dans un pays de l’Union européenne. Pour prétendre au remboursement, l’assuré doit adresser à sa caisse les radios avant et après le traitement, la facture (avec une preuve d’acquittement) ainsi que le formulaire 3125 que la clinique vous fournira éventuellement qui peut être téléchargé sur le site de l’Assurance maladie (www.ameli.fr). Quant à la prise en charge par la complémentaire santé, elle dépend du contrat souscrit.
Reste la question de la qualité des soins. Pour l’Ordre national des chirurgiens-dentistes, « le coût sanitaire des soins à l’étranger peut s’avérer très élevé pour le patient ». Et l’Ordre de pointer le « risque d’échec thérapeutique » encouru par les candidats à l’exil, ainsi que des temps de traitement prothétique beaucoup plus courts par rapport à ce qui se pratique dans les cabinets français.
Christian Cyffers ne partage pas cet avis : « Dans le cadre actuel, les factures font l’objet d’un examen quasi systématique, et rien ne permet d’affirmer que nous soyons en présence d’une qualité critiquable ». En Hongrie par exemple, puisqu’il s’agit d’une destination particulièrement courue par les patients qui souhaitent faire diminuer leur facture, la qualité des soins est au rendez-vous, estime-t-il.
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