66 Millions d’IMpatients continue à soutenir la campagne de santé publique autour du « Moi(s) sans tabac », qui a lieu tout au long du mois de novembre pour sensibiliser l’ensemble de la population à l’arrêt du tabac.
Après le témoignage de Marie-Astrid, en sevrage depuis 3 semaines, que nous avons publié la semaine dernière, voici celui de Jean qui a tenu bon durant deux mois… mais a craqué le week-end dernier.
En espérant que son expérience vous aidera à anticiper les moments difficiles de l’arrêt du tabac si vous y êtes confronté…
Jean, 43 ans, fumeur depuis l’âge de 15 ans.
En sevrage depuis 2 mois.
Jean est responsable qualité dans l’industrie.
Aviez-vous déjà réussi à arrêter de fumer au cours de votre vie ?
Oui, j’y étais déjà parvenu durant 3 ou 4 mois. C’était suite à un grave accident de moto. Le sevrage s’est fait malgré moi puisque j’ai été immobilisé pendant plusieurs jours sur un lit d’hôpital dans un premier temps. J’ai continué sur ma lancée un petit moment, sans patch, ni pastille de nicotine.
Et pourquoi avez-vous repris à l’époque ?
Par habitude. Je m’étais arrêté malgré moi en fait, je crois que je n’étais pas vraiment motivé à l’époque.
Quand vous avez arrêté au mois de septembre dernier, combien de cigarettes fumiez-vous chaque jour ?
Une quinzaine environ.
Cette fois, qu’est-ce qui a déclenché l’arrêt de la cigarette ?
Deux événements simultanés qui ont eu lieu cet été. D’une part, mon père a fait un accident cardiaque. Il ne fumait pas mais j’ai été confronté aux malades cardiaques qui étaient hospitalisés avec lui et qui étaient très nombreux à être là à cause de la cigarette. Quelques jours après, cela a été à mon tour de me retrouver aux urgences. J’avais mal à la poitrine, mon cœur battait très fort. Le médecin m’a dit que c’était dû à un coup de stress, mais il m’a conseillé de faire une radio des poumons. Cela m’a fait très peur. Je suis sorti des urgences et je n’ai pas retouché de cigarettes pendant deux mois… Jusqu’à ce week-end où j’ai craqué…
Avez-vous utilisé une méthode particulière pour vous sevrer cette fois-ci ?
Rien du tout. Mon petit tour aux urgences a suffi à me motiver. Physiologiquement je n’étais même pas spécialement stressé les premiers jours, je me sentais au contraire assez bien. J’avoue que je trichais un peu car pour me déstresser, j’ai consommé occasionnellement de la marijuana mélangée à du tabac, j’avais donc de petites doses de nicotine. Ce qui me pose le plus de problèmes en fait, c’est de perdre l’habitude de fumer. Pour moi, tout se passe dans la tête, j’ai l’impression.
Quelles sont les cigarettes qui vous manquent le plus ?
Celle du matin, et surtout celle après déjeuner. En fait, toutes celles que je fumais après les repas. Mais plus généralement, c’est le rituel entier autour de la cigarette qui est en jeu. Mon briquet, mon paquet de clopes font partie de ma vie depuis tellement longtemps. Cela m’oblige à sortir de ma zone de confort et c’est déstabilisant.
Quelles ont été vos astuces pour ne pas craquer durant ces deux mois ?
Dès que j’avais envie de fumer, je buvais de l’eau. J’avais aussi la sensation d’avoir besoin de me « remplir » pour pallier à l’envie de cigarettes. J’ai mangé plus que d’habitude et j’ai pris un peu de ventre en deux mois. J’ai surtout fait en sorte de rester occupé le plus possible. Cela tombait bien, j’entamais un nouveau job et je faisais des travaux chez moi…
Vous avez craqué ce week-end ? Pour quelle raison selon vous ?
Mon beau-fils avec qui je vis depuis quelques mois est parti vivre à l’étranger la semaine dernière. Son départ chamboule mon quotidien. Je me suis retrouvé seul à la maison. Cela m’a mis un coup au moral. La clope m’a servie de compagnie.
Comment vivez-vous cette reprise de la cigarette depuis ce week-end ?
J’ai replongé. Et malheureusement j’ai envie de fumer depuis ce week-end, alors je fume. La crainte pour ma santé est toujours là, mais je n’ai plus la motivation. Mon erreur, c’est que lorsque j’ai arrêté en sortant des urgences, je n’ai même pas jeté les paquets qu’il me restait à la maison ou dans ma voiture. Je les avais laissés dans un tiroir. Je n’aurais pas dû car ce sont avec ces cigarettes que j’ai craqué.
Mais vous êtes toujours décidé à arrêter la cigarette ?
Absolument. Mais je pense à aller voir un hypnothérapeute car une amie qui a essayé m’a dit que cela permettait de ne plus se considérer comme un fumeur. C’est bien de cela dont j’ai besoin, perdre l’habitude d’être fumeur. Je suis décidé à prendre rendez-vous pour me faire accompagner.
Que pensez-vous de l’opération « Moi(s) sans tabac » qui se déroule en ce moment ?
J’en ai entendu parler à la radio. J’avais déjà arrêté la cigarette lorsque cela a commencé, je pensais donc que je n’en avais pas besoin. Mais maintenant que je me suis remis à fumer, je vois les choses différemment. Il y a un mois, je me serais dit que je n’avais pas besoin de ce genre d’initiative mais je me rends compte que j’ai besoin d’aide en fait, surtout pour ne pas reprendre.
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