À Lyon ce lundi 7 avril, le One Health Summit a réuni des chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier avec l’objectif affiché d’apporter une réponse coordonnée aux crises qui affectent la santé humaine, animale, végétale, et celle des écosystèmes.

L’occasion de remettre sur la table une vérité scientifique désormais incontestable : la santé humaine est indissociable de celle des écosystèmes.

Sur le papier, le concept séduit. Mais dans les faits, il patine.

Car derrière les discours ambitieux, la réalité des politiques publiques raconte une autre histoire :

  • En France comme en Europe, les reculs réglementaires s’enchaînent, souvent justifiés par une prétendue “simplification”. La transition agroécologique, pourtant cruciale face aux crises sanitaire et climatique, avance à contretemps. Dans le même temps, l’exposition aux substances toxiques — pesticides, PFAS, métaux lourds — demeure une constante inquiétante du quotidien.
  • Plus préoccupant encore : l’influence croissante des intérêts privés sur les décisions publiques, au détriment de l’intérêt général.
  • Et pendant que les alertes scientifiques s’accumulent, les piliers de l’expertise publique sont fragilisés : Santé publique France, Anses, Agence de la transition écologique, Agence BIO, Office français de la biodiversité…

Le contraste est frappant : d’un côté, un récit politique qui célèbre le “One Health” ; de l’autre, des décisions qui érodent méthodiquement les normes sanitaires et environnementales.

Le “One Health” ne peut pas rester un slogan de sommet. C’est un choix politique clair, structurant, qui implique des arbitrages. Aujourd’hui, ce choix n’est pas assumé.

À force d’inaction, ce ne sont pas seulement les écosystèmes qui se dégradent — c’est aussi notre santé, et avec elle, notre avenir collectif.

À un an d’échéances politiques majeures, une question s’impose : sommes-nous enfin prêts à aligner la science, la santé globale et les décisions publiques ?

France Assos Santé attend des engagements clairs et des actes concrets pour faire du One Health une véritable boussole politique de la protection de la santé, et non un simple principe d’affichage.

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