Etat des lieux
Face à l’augmentation constante des maladies chroniques, faire de la prévention un pilier prioritaire des politiques de santé publique est une nécessité. Pourtant, la « révolution de la prévention » peine à s’opérer.
En effet, l’assurance maladie dénombre aujourd’hui 3,4 millions de personnes prise en charge pour des cancers, 5,3 millions pour des maladies cardiovasculaires, 4,1 millions pour le diabète ainsi que 8,5 millions de personnes en situations d’obésité. Ces maladies non-transmissibles, qualifiées de « première épidémie industrielle », représentent 80% des décès prématurés évitables et ont pour point commun d’être en lien étroit avec la consommation de produits défavorables ou nocifs à la santé. Cela signifie que la majorité de ces pathologies sont évitables et que notre système de santé mobilise l’essentiel de ses ressources pour soigner des maladies que la société génère elle-même.
Ainsi, en matière d’alcool par exemple, la France reste l’un des pays européens les plus consommateurs alors que l’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac, responsable de plus de 41 000 décès par an, notamment par cancers, maladies du foie ou accidents. Force est de constater que le poids culturel et économique de l’alcool pèse fort dans les décisions de santé publique qui devraient pourtant s’imposer. Du côté de l’alimentation, les inégalités sociales influencent fortement les comportements nutritionnels.
L’accès à une alimentation saine, choisie, équilibrée et accessible reste limité pour une partie de la population. L’environnement alimentaire favorise souvent les choix délétères : omniprésence de la malbouffe, marketing agressif des produits ultra-transformés, trop gras, trop sucrés ou trop salés. Ces facteurs contribuent à la progression de l’obésité et des maladies associées, en particulier chez les enfants.
Pour faire face à ce constat, il est urgent de cesser de faire reposer les politiques publiques en lien avec la consommation de produits défavorables à la santé (tabac, alcool, produits alimentaires trop gras, trop sucrés, trop salés ou ultra-transformés…) sur la seule responsabilité des consommateurs alors que trop souvent les profits économiques d’acteurs privés supplantent les intérêts généraux de santé publique.
France Assos Santé milite pour obtenir que des mesures structurelles soient prises, notamment en matière d’encadrement strict du marketing et de la publicité pour ces produits, d’information des consommateurs et de construction d’environnements favorables à la santé. Des mesures comme l’obligation d’apposer le logo d’information nutritionnelle Nutri-Score, la régulation du marketing pour la malbouffe et l’alcool, des mesures de fiscalité sur les produits défavorables à la santé et la priorité donnée à la santé des plus vulnérables doivent s’imposer. Il en va de la viabilité de notre système de santé et de la justice sociale en matière de prévention.













