Des essais cliniques de traitement contre la tuberculose non déclarés, ayant donné lieu à des complications graves : c’est ce qu’a révélé l’hebdomadaire Mediapart le 22 octobre à propos de l’IHU de Marseille et du Professeur Didier Raoult.
Alors que l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), l’ANSM et l’ARS mènent leurs propres enquêtes, France Assos Santé réagit vigoureusement face à ces faits extrêmement graves et, s’ils sont avérés, illégaux et contraires à toute éthique scientifique.
Pour France Assos Santé, il est urgent d’exiger toute la lumière sur le déroulement des études à l’IHU et les manquements préoccupants éventuels rapportés dans les médias et corroborés par les déclarations de représentants de l’AP-HM et de l’ANSM.
Cette nouvelle affaire est l’’occasion de rappeler la nécessité de veiller à l’application de la loi régissant les essais cliniques et notamment le passage devant les Comités de Protection de la personne (CPP)
Par ailleurs, il est indispensable de garantir que l’exploitation médiatique d’annonces prématurées, aux conclusions d’emblée contestées ou douteuses, n’aboutissent pas à détourner les ressources, surtout dans les périodes nécessitant une forte mobilisation et des mesures d’urgence. Après les annonces de l’IHU de Marseille, de nombreuses études ont été nécessaires pour contrer les conséquences de la médiatisation des résultats sur l’efficacité supposée de l’Hydroxychloroquine à partir d’une première étude non randomisée et biaisée.
France Assos santé souligne également qu’il convient de mieux associer les représentants des usagers et les associations de patients et d’usagers dans la gestion des crises sanitaires et pour l’organisation de la recherche clinique. Alors que la France entend peser davantage en renforçant les essais conduits sur notre territoire, il convient de miser sur la Démocratie en santé afin de contrer le sentiment de défiance actuel d’une partie de la population.
Enfin, France Assos Santé considère qu’il faut réévaluer l’impact de la valorisation des publications par les établissements de soins, surtout universitaires. La publication d’articles dans des revues permettent à des établissements publics de disposer de recettes additionnelles dans le cadre de la part d’un budget alloué aux activités de recherche et d’enseignement. Ce dispositif incite certaines équipes à « gonfler » le nombre des publications au dépend de leur qualité. Il convient de préserver l’éthique scientifique et d’éviter à l’avenir ce type d’effet pervers.
Les patients et les usagers ne sont pas une « ressource » servant les stratégies de personnes ou de parties prenantes.
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