Interrogations, préoccupations, suggestions… Depuis le 15 janvier, les Français peuvent faire part de leurs remarques concernant la campagne de vaccination anti-Covid, grâce au dispositif consultatif mis en place par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Objectif affiché : produire des recommandations à destination du gouvernement pour optimiser la campagne vaccinale.
Si les Français sont conviés à se faire vacciner, par ordre de priorité, ils sont aussi invités à commenter la campagne de vaccination contre la Covid-19. Cette possibilité est effective depuis le 15 janvier, date du lancement de la consultation citoyenne organisée et pilotée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), conformément au souhait du gouvernement.
Objectif de cette consultation citoyenne ? « La question à laquelle cette consultation citoyenne doit nous permettre de répondre est la suivante : comment accompagner cette campagne de vaccination pour qu’elle soit une réussite, et comment répondre aux interrogations légitimes des Français », déclarait Patrick Bernasconi, le président du Cese, au quotidien La Croix, le 18 décembre dernier.
Une plateforme en ligne et un conseil citoyen
Pour cela, le dispositif mis en place repose essentiellement sur deux piliers : une plateforme numérique de consultation qui s’adresse au grand public (vaccinationcovid.lecese.fr) et un collectif citoyen, composé de 35 personnes, tirées au sort.
La plateforme a pour but de recueillir l’opinion des Français sur la campagne vaccinale. Deux entrées s’offrent au participant qui se rend sur le site : soit exprimer ses hésitations ou préoccupations vis-à-vis de la vaccination, soit poser des questions sur la campagne, son organisation, auxquelles les membres du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale anti-Covid-19, dirigé par le Pr Alain Fischer, s’engagent à répondre. Quelle que soit l’option choisie, cette consultation permet en tout cas d’identifier les éventuels points de blocage, et même, d’avoir une image en temps réel de ce qui se passe vraiment sur le terrain.
Le collectif citoyen a pour mission, lui, de formuler des observations et des propositions, sur la base de sujets que lui soumet le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale anti-Covid-19, ou la Commission temporaire du Cese, spécifiquement créée pour synthétiser l’ensemble des contributions citoyennes, et transmettre des recommandations au Premier ministre. Des recommandations au fil de l’eau, eu égard au contexte évolutif de la campagne de vaccination. Pas d’avis final, donc, contrairement à l’habitude, mais des rapports d’étape.
Selon le calendrier prévisionnel, une première synthèse sera rendue publique le 23 février prochain. Une deuxième phase d’accompagnement citoyen est prévue entre avril et juillet, et un bilan, a priori, dans le courant de l’automne. Une chose est sûre : le dispositif numérique et les échanges avec le collectif citoyen resteront valides tant que durera la campagne de vaccination.
« Pas un gadget ou un comité de plus »
Sur le papier, l’idée de faire participer les citoyens à l’amélioration de la campagne de vaccination anti-Covid, d’une ampleur totalement inédite, représente incontestablement une avancée. À la condition que l’esprit de cette initiative soit respecté, et les recommandations formulées prises en compte.
« France Assos Santé ne peut que soutenir le principe d’associer les citoyens à la mise en œuvre de la stratégie vaccinale. Chaque fois que les usagers de santé ont la possibilité d’être entendus, c’est un pas en avant pour la démocratie sanitaire, souligne Gérard Raymond, son président. Mais cela ne doit pas être un gadget, ou un comité de plus dont l’utilité n’est pas avérée. Nous serons particulièrement attentifs au bon déroulement de cette consultation et à ses conclusions. »
Une première recommandation a d’ores et déjà été émise, suite à la réception des premiers commentaires des Français : créer une plateforme téléphonique et un site internet dédiés à la vaccination anti-Covid. On saura donc assez vite si cette mesure, qui viserait à centraliser l’information, sera appliquée… ou pas.
De son côté, le Cese, qui reste une instance consultative, veut croire qu’une forte mobilisation des Français permettra de peser davantage auprès du gouvernement.
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