Nos données personnelles sont précieuses. Les fuites n’ont pourtant jamais été aussi nombreuses en France, l’un des pays les plus touchés par les cyberattaques, selon les experts. Chaque semaine, de nouvelles bases sont compromises, exposant l’identité de millions de personnes : usagers de services publics, clients de banques, adhérents d’associations sportives, etc. Les fuites sont si massives que l’on peut légitimement se demander si nos informations (nom, date de naissance, adresse, téléphone…) ne sont pas toutes déjà dans la nature.
Qu’en est-il des données de santé ?
Plus sensibles, elles bénéficient d’une protection renforcée. De plus, elles sont moins ciblées par les cybercriminels qui privilégient les données personnelles liées à vos identité et contacts, plus faciles à exploiter pour des arnaques telles que le hameçonnage ou l’usurpation d’identité – plutôt que le chantage aux données médicales, qui a aujourd’hui très peu cours.
Pour autant, le domaine de la santé n’est pas épargné, comme le rappelle l’enquête diffusée par France 2 ce 26 février, concernant une fuite de données issues de Cegedim, un important éditeur de logiciels médicaux. Selon le média public, les données de 15 millions de patients, pas moins, sont exposées sur le « dark-web » et ont été mises en vente suite à une intrusion informatique, survenue fin 2025 et depuis circonscrite, alors que l’enquête en cours devra en évaluer l’impact réel. Trop tard malheureusement pour les patients des 1 500 médecins identifiés par l’entreprise comme compromis.
Ce qui fait de cette fuite un cas particulier, c’est que, cette fois, des données médicales font bien partie du lot. Si le contenu du dossier médical (ordonnances, résultats d’examen, etc.) n’est pas concerné, les commentaires et/ou annotations des médecins sur les fiches de leurs patients ont été divulguées. Différentes sources qui ont eu accès aux données le confirment, on y retrouve des commentaires sur des diagnostics – « porteuse du SIDA !!! !!!! » –, mais aussi sur l’orientation sexuelle – « serait homosexuelle d’après sa mère » – ou encore sur la religion de patients – « mère musulmane voilée » !
Secret médical et confiance des patients bafoués
De telles données ultrasensibles n’ont absolument pas leur place dans les commentaires enregistrés par ces médecins, tant du point de vue de la protection des informations des patients que de leur caractère potentiellement discriminatoire. « Le vrai sujet, c’est pourquoi des informations de cette nature-là se trouvaient dans la partie « administrative » des dossiers patients. Les médecins ne sont pas assez sensibilisés et formés, alors qu’ils en sont responsables », confirme Didier Ambroise organisateur du CyberCamp Santé en mars 2025, à Paris.
Dans la même veine, l’information individuelle des patients, dont sont également responsables les médecins touchés, concernant la fuite de ces données reste insatisfaisante, comme l’a révélé une précédente cyberattaque dont l’éditeur Weda a fait l’objet. Ce défaut d’information est encore plus préoccupant dans le cas de Cegedim, dans la mesure où les patients n’ont aucun moyen de savoir ce que contenait les éventuels commentaires écrits dans leur dossier et, donc, la nature des informations divulguées. Cet enjeu de la transparence est fondamental pour France Assos Santé, qui en a fait son cheval de bataille : elle est un vecteur de confiance, en général, et, en particulier, pour aider les victimes d’un piratage de leurs données à identifier les risques réels qu’elles encourent, une préoccupation souvent inexistante au sein de l’écosystème.
Sécuriser toute la chaîne des données
Alors que les éditeurs de logiciels médicaux ont bénéficié ces dernières années de subventions publiques, dans le cadre du « Ségur du numérique », notamment pour muscler leur protection des données, chacun doit prendre ses responsabilités face à l’urgence de la situation française qui semble hors-norme. « Il faut une sécurisation de toute la chaîne des données, depuis la conception des logiciels jusqu’aux usages des professionnels libéraux. Le programme ministériel CaRE a permis de faire bouger les choses dans les hôpitaux, mais pour ce qui est de la médecine de ville, il reste énormément à faire », souligne Didier Ambroise.
Cette « affaire Cegedim » provoquera-t-elle un électrochoc auprès des acteurs et décideurs ? Selon plusieurs sources, des personnalités politiques de premier plan seraient concernées par cette fuite. De quoi susciter un sursaut salutaire ?
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Bonjour,
La Cegedim par la non anonymisation des données sensibles de santé rend ses bases de datas très perméables depuis très longtemps.
Le logiciel CROSSWAY et Onkey permettent de vendre aux laboratoires pharmaceutiques bien plus que des datas.
Des cobayes humains sont profilés sans consentement dans des programmes de R&D depuis 2012. ( Mairies: CNFPT-SNDGCT)
Si des failles sont perceptibles, des individusle sont également, La recherche Française a fait des essais cliniques sauvages sur individus sains. Avis CCNE n° 122.
Les mutuelles de santé sont des passerelles: SPsanté, CETIP, SESAM.
Etre pris en otage par un café empoisonné en collectivités publiques pour devenir un cobaye scientifique est la pire période de mon existence. La chaine d’acteurs en crime de science est traçble depuis le lieu, l’action de profilage, l’empoisonnement physique du futur cobaye. Les CHSCT et les DUERP sont les boites à cafards de la science criminelle en france, les RPS sont la tenue de camouflage de ces crimes en réseaux.
PS: les nanotechnologies sont des SBDU ( bien à doubles usage) et les recherches duales à risques peuvent se transformer en armes non conventionnelles dans des guerres hybrides, comme pour le Covid 19 par exemple.
Tout est traçable sur la toile, et vivre sans INS, NIR, sans assurances, sans complémentaire santé, sans boulot est aujourdh’ui devenu une nouvelle norme de survie face aux crimes technologiques et aux R&D
https://epidemiologie-france.aviesan.fr/ccontent/pdf/(ObjectId)/88658
CEA-AVIESAN-CNRS-Labex Sérénade- HP Neurotechnologies- Clinatec- Thales- Ecole des mines- etc…recrutent des étudiants, ces derniers se voient en charge de reherches sans aucun cadre éthique et hors normes.
Le stattut des Risques Psychosociaux au travail est le statut de cobaye profilé sans consentement.
Comme à France Télécom, à bon entendeur.
Bien à tous. Nico
Il faudra bien un jour revenir aux fiches cartonnées et au crayon, cela va avec l’interdiction de stocker des données personnelles quelle qu’elles soient. Rendez vous compte que les services marketing disposent aujourd’hui de plus de données personnelles que la Stasi (Police de l’ex Allemagne de l’Est pour ceux qui auraient oublié) n’a jamais osé rêvé d’en avoir. Au début de l’informatique les bases de données servaient à la gestion des stocks , maintenant le stock c’est la population. J’attends une pétition nationale pour la signer.