Les risques pour la santé de l’alimentation ultra-transformée sont largement documentés. A l’heure actuelle, plus d’une centaine d’études scientifiques associent une consommation élevée d’aliments ultra-transformés à un risque accru de nombreuses maladies chroniques. Pourtant, ces produits ne font l’objet d’aucun encadrement spécifique. Ils continuent d’être massivement distribués et promus, souvent à l’aide de méthodes qui rappellent celles développées par l’industrie du tabac : ciblage des enfants, marketing agressif, lobbying pour freiner les politiques de santé publique. Face à ces risques inacceptables, Yuka, foodwatch et France Assos Santé exigent une réponse politique forte et immédiate pour informer et protéger le plus grand nombre. Dans une pétition commune, les trois organisations invitent les citoyennes et citoyens à l’action en interpellant le Premier ministre ainsi que les ministres de la Santé et de l’Agriculture. Elles demandent un encadrement de la publicité, l’interdiction des stratégies marketing incitatives sur les emballages et la mise en place d’un étiquetage clair en face avant des produits.
Aujourd’hui en France, plus de 60% des produits emballés vendus en supermarché sont ultra-transformés : biscuits, sodas, céréales sucrées, chips, nuggets, plats préparés…Ces produits sont souvent composés d’ingrédients industriels et de multiples additifs, de faible qualité nutritionnelle, et très rentables pour les industriels. Ils représentent 30 à 35% des calories ingérées par les adultes et près de la moitié des calories consommées par les enfants.
Le 7 avril, au One Health Summit à Lyon, Emmanuel Macron a annoncé l’engagement de la France, aux côtés d’autres pays et de l’Organisation Mondiale de la Santé, à reconnaître les impacts des aliments ultra-transformés et à mettre en place des politiques publiques favorisant une alimentation plus saine et durable. Ces engagements doivent désormais se traduire rapidement en actions concrètes !
Car il y a urgence. Une synthèse publiée en novembre 2025 dans la revue scientifique The Lancet, confirme le lien préoccupant entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de nombreuses pathologies telles que l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, certaines maladies rénales ou encore certains cancers. D’autres études suggèrent aussi un lien avec des troubles de la santé mentale, comme les symptômes dépressifs ou certains troubles cognitifs.
Particulièrement exposés, les enfants et les adolescents qui évoluent dans un environnement saturé de stratégies marketing agressives et invasives, et d’une promotion permanente de ces produits, en particulier sur les réseaux sociaux. Dès lors, et contrairement au discours des industriels et du gouvernement, difficile de faire porter au seul consommateur la responsabilité de ses choix alimentaires.
Pour les trois organisations, « il est temps d’arrêter de faire peser uniquement la responsabilité sur les consommateurs. Dans un environnement alimentaire saturé de produits ultra-transformés, conçus pour être toujours plus attractifs, prétendre que la situation relève du “choix individuel” est un discours à la fois inefficace et inacceptable. La responsabilité est avant tout politique : les pouvoirs publics doivent agir pour encadrer ces produits et protéger la population ».
À travers une pétition, les associations demandent la mise en place de trois mesures prioritaires :
- Encadrer sans compromis la publicité pour les aliments ultra-transformés, en particulier lorsqu’elle vise les enfants et les adolescents, y compris sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux ;
- Mettre fin aux stratégies marketing sur les emballages (mascottes, personnages, cadeaux, jeux promotionnels, allégations valorisantes) qui ciblent les jeunes et induisent les consommateurs, notamment les parents, en erreur ;
- Imposer un étiquetage clair, lisible et obligatoire en face avant des emballages, conjointement au Nutri-Score, pour identifier immédiatement ces produits sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes.
Avec cette initiative commune, Yuka, foodwatch et France Assos Santé entendent porter dans le débat public la nécessité d’une régulation de l’alimentation ultra-transformée et appeler les autorités à engager sans attendre des mesures d’information et de protection efficaces. La santé publique doit redevenir la boussole des décisions politiques dans un marché alimentaire très loin du droit de toutes et tous à une alimentation saine, choisie, durable.
Pour signer la pétition « Trop d’aliments ultra-transformés : protégeons notre santé ! » :
Contact presse
Service communication France Assos Santé : communication@france-assos-sante.org – 07 56 34 10 86 Ingrid Kragl, foodwatch : ingrid.kragl@foodwatch.fr – 06 01 23 12 46 Julie Chapon, Yuka : julie.chapon@yuka.io – 06 67 41 36 99
- Plus de 60% des produits emballés en supermarché sont ultra-transformés, selon une étude publiée dans Public Health Nutrition, Février 2024.
- Pourcentage de calories ingérées venant des aliments ultra-transformés en France :
-
- 35,9% selon une étude basée sur la cohorte NutriNet Santé (74 470 personnes analysées) (Chantal et al, 2016)
- Environ 30% (29-31%) selon des études basée sur l’INCA 3 (Mertens et al, 2022) et sur l’Étude Nationale Nutrition Santé (ENNS) (Calixto Andrade et al, 2021)
- 34,2% chez les adultes et 49,3% chez les enfants selon un article basée sur l’étude Esteban (suite étude ENNS – 3456 personnes analysées) (La Garanderie et al, 2025)
- Ultra-Processed Foods and Human Health, The Lancet, Novembre 2025
- Aliments ultra-transformés : des impacts négatifs sur la santé documentés et des propositions concrètes pour limiter l’exposition des populations, Inserm, 19 novembre 2025
- Aliments ultra-transformés, quel est le problème, article foodwatch
- Programme National Nutrition Santé 2026-2030 (PNNS 5), publié le 8 avril de 2026
- Discours d’Emmanuel Macron au One Health Summit, le 7 avril 2026 à Lyon


