Selon notre Baromètre 2026 des droits des personnes malades, 27 % des personnes vivant sur le territoire déclarent avoir été confrontées à une pénurie de médicaments au cours des 12 derniers mois. Une situation massive, qui devient alarmante pour les plus fragiles : 43 % des personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD) ont été touchées. Derrière ces chiffres, une situation critique : les pénuries frappent des médicaments sans alternative thérapeutique fiable. En 2025, au moins 14 médicaments psychotropes ont été déclarés en tension d’approvisionnement ou en rupture par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Une situation insoutenable
Comment espérer faire de la santé mentale, en 2025 puis 2026, la Grande cause nationale quand, dans le même temps :
- des patients bipolaires ne trouvent plus leur lithium, traitement de référence ;
- des patients sous antidépresseurs, anxiolytiques ou antipsychotiques font face à des ruptures répétées ;
- et que les alternatives sont inexistantes, inadaptées ou risquées ?
Cette situation expose les patients à des conséquences majeures : rechutes, décompensations, hospitalisations, et dans les cas les plus graves, un risque suicidaire accru.
2025 : aucune sanction, aucun bilan ?
Dans ce contexte, un silence interroge. À ce jour, aucune sanction de l’ANSM à l’encontre des laboratoires n’a été rendue publique en 2025. Cette absence contraste fortement avec 2024, où plusieurs laboratoires avaient été sanctionnés, comme l’a montré le classement publié par France Assos Santé.
Plus préoccupant encore : aucune communication publique sur l’ampleur des ruptures en 2025 n’a été diffusée.
L’absence de sanction est d’autant plus incompréhensible que certains cas sont documentés. A titre d’exemple, le laboratoire AbbVie n’a fait l’objet d’aucune sanction (voir mise à jour du 21 avril) malgré des pénuries ayant eu des conséquences graves pour des patients atteints de pathologies oculaires sévères, et une violation manifeste de la loi.
France Assos Santé appelle à :
- la publication immédiate par l’Agence nationale de sécurité du médicament des données 2025 sur les ruptures d’approvisionnement ;
- la reprise effective des sanctions contre les laboratoires défaillants.
L’ANSM a infligé, ce 21 avril, une sanction d’un montant de 850 000 euros contre le laboratoire AbbVie, pour un manque de communication auprès des associations de patients sur les ruptures de stock de Vitamine A Dulcis, contrairement à ce qui est prévu dans le plan de gestion des pénuries (PGP) du produit. « La spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique est utilisée notamment lors de la phase aiguë dans la prise en charge des manifestations oculaires en lien avec une Nécrolyse épidermique, Syndromes de Stevens-Johnson et de Lyell, et l’arrêt du traitement entraine une perte de chance pour le patient en termes d’aggravation ou d’évolution de la pathologie ophtalmologique », explique notamment l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé dans son communiqué.
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