Tous les records de chaleur ont été battus : du jamais vu en France pour un mois de juin. L’épisode caniculaire qui a sévi durant douze jours a mis les corps à rude épreuve. Ce dont témoigne le premier bilan, provisoire, d’au moins 1 000 morts. Tous les voyants sont au rouge. La canicule a rappelé les dangers de l’inaction climatique pour la population, et notre inadaptation à ces événements dangereux. Or des solutions existent pour freiner cette tendance mortifère. France Assos Santé, Oxfam et le Réseau Action Climat appellent à actionner tous les leviers pour faire de la transition écologique et de la santé la priorité absolue. Pas d’autre choix : les deux sont indissociables.
Des services d’urgences saturés, des maladies chroniques aggravées, des urgences vitales en hausse. Un bilan humain provisoire qui dépasse déjà les plus de 1000 morts. La canicule inédite de juin 2026 a rappelé avec force l’impréparation de la France face à la chaleur, dont souffre tout le pays et en particulier les personnes malades et vulnérables ainsi que les soignants. Cette situation dégrade les conditions de prise en charge des personnes hospitalisées, des résidents en EHPAD et des personnes accompagnées dans les établissements médico-sociaux, où les fortes températures mettent en surchauffe des locaux souvent inadaptés, des équipes déjà sous tension et la capacité à garantir un accompagnement de qualité et sécurisé. La chaleur aggrave également les symptômes de nombreuses maladies. Et d’autres conséquences sanitaires ne manqueront pas d’être recensées dans les prochaines semaines, comme une probable hausse des naissances prématurées – l’exposition à une vague de chaleur aggrave ce risque de 26 %.
Une crise sanitaire due au dérèglement climatique
L’intensité de cette canicule est une manifestation évidente du dérèglement climatique. Pourtant, les investissements dans la transition écologique subissent d’importantes coupes budgétaires. Si les émissions de gaz à effet de serre baissent plus lentement depuis les deux dernières années, le rythme doit impérativement être multiplié par trois dès cette année pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Accélérer l’action est indispensable, car chaque dixième de degré de réchauffement en moins évite des risques liés à la chaleur à l’avenir. Ainsi, avec un réchauffement de 3°C, les fortes chaleurs causeraient 2,5 fois plus de morts en France par rapport à un réchauffement limité à 1,5 °C.
La canicule fait également bondir les besoins de soins. Dès les premiers jours de la canicule, plus de 650 passages aux urgences étaient directement liés à la chaleur. Lors de chaque canicule durant plus de sept jours, les consultations aux urgences pour des insuffisances rénales aiguës augmentent en moyenne de 70 %.
Un système de santé à bout de souffle
Cette hausse intervient alors que les hôpitaux et les EHPAD sont déjà fortement fragilisés et que les équipes soignantes font face à une pression croissante. Les épisodes de canicule ne sont plus des événements exceptionnels : ils révèlent la nécessité de renforcer durablement les capacités du système de santé et de lui donner les moyens de répondre à des crises climatiques appelées à se multiplier.
Une mobilisation massive et pérenne est urgemment nécessaire pour protéger la santé de la population de ces menaces, car les risques ne cesseront de croître à l’avenir. L’adaptation du bâti hospitalier, des EHPAD et des établissements médico-sociaux, le renforcement durable des effectifs soignants, y compris ceux en charge des soins à domicile, la création de lieux refuges et l’accélération de la prévention sont indispensables. Investir aujourd’hui permet de protéger des personnes atteintes de maladies chroniques, d’améliorer les conditions de travail des soignants et de protéger la santé publique.
Urgence climatique, urgence sanitaire : agir maintenant
Préparer nos établissements de santé face aux crises est vital. Mais cela ne suffira pas : il faut aussi accélérer la lutte contre le dérèglement climatique, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, pour éviter que ces situations deviennent notre quotidien. Entre reculs écologiques et coupes budgétaires, la transition écologique ne peut plus demeurer le parent pauvre des politiques publiques, tout comme notre système de santé.
France Assos Santé, Oxfam France et le Réseau Action Climat saluent la mobilisation et l’engagement de tous les professionnels de santé sans lesquels le système aurait déjà craqué et demandent de faire de la protection de la santé face aux conséquences du changement climatique une priorité. Notre santé et notre avenir climatique ne sont pas négociables.
Signataires :
- France Assos Santé
- Oxfam France
- Réseau Action Climat
Contact presse
France Assos Santé : Service communication – communication@france-assos-sante.org – 07 56 34 10 86 Oxfam France : rehl@oxfamfrance.org – 06 23 47 09 18 Réseau Action Climat : vincent.brossel@reseauactionclimat.org – 06 74 95 87 11
- Le 18 juin, Oxfam France a publié un rapport : « Santé & climat : comment le changement climatique menace notre santé» qui alerte sur les risques de la chaleur et d’autres conséquences du changement climatique pour la santé et présente des pistes d’actions.
- La revue The Lancet dès 2009 et l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) en 2015 ont qualifié le changement climatique de première menace pour la santé publique au XXIème siècle.
- Dans son rapport : « L’évaluation socioéconomique des effets de santé des projets d’investissement public », France Stratégie a estimé que la rénovation d’un logement mal isolé permet d’éviter 7 500 euros de coûts sanitaires par an.
- Le rapport annuel de la Cour des comptes de 2024 soulignait déjà que le nombre de personnes se présentant aux urgences hospitalières avec une insuffisance rénale aiguë augmente de 70 % lors d’une canicule durant plus de sept jours.
- Dans son premier bulletin sur la canicule du 17 juin, Santé publique France souligne que pour la seule journée du 22 juin, plus de 650 passages aux urgences étaient directement en lien avec la chaleur. L’agence relève également que la hausse des cas d’hyperthermie et de coup de chaleur concernait des personnes âgées de 15 à 44 ans, indiquant que la chaleur n’est pas seulement dangereuse pour des personnes identifiées comme vulnérables.
Sur le même sujet
Articles en relation
-
Tribune : « Il faut un signal politique fort pour l’accès de toutes et tous à une alimentation saine et durable »
En 2024, des citoyens et citoyennes (1) ont partagé leur colère de se voir confisquer un sujet de société sur...


