Les États généraux de la bioéthique constituent un temps fort de réflexion collective sur les grands enjeux auxquels sont confrontés notre société et notre système de santé. À l’occasion de l’édition 2026, France Assos Santé s’est pleinement mobilisée pour porter la parole des usagers auprès du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et contribuer aux débats.
Pour notre collectif, ces débats doivent permettre de questionner les évolutions du système de santé en partant de l’expérience et du vécu des patients, des proches, des usagers. Ils sont aussi l’occasion de rappeler que les choix collectifs en matière de santé, de prévention, d’innovation ou encore de numérique ne peuvent être pensés sans celles et ceux qui vivent quotidiennement les conséquences de ces décisions.
Retour en quelques dates clés sur la participation de France Assos santé.
11 février : webinaire de lancement avec le président du CCNE
France Assos Santé a proposé un webinaire à son réseau associatif pour le lancement de cette vaste démarche en présence de Jean-François Delfraissy, président du CCNE, et de Mylène Gouriot vice-présidente de la Conférence nationale des espaces de réflexion éthique régionaux (CNERER). Près de 120 personnes y ont participé, représentant une cinquantaine d’association et 47 départements français, pour porter l’ambition collective d’une participation au plus près des usagers de la santé.
Retour sur les propos de représentants des associations de personnes malades et usagers de la santé au CCNE :
« L’importance que la voix des usagers prend dans ces débats est en train d’évoluer, cela reste assez nouveau, mais la maladie est avant tout le sujet des personnes malades. Ces Etats généraux sont une vraie opportunité pour les associations de mener une réflexion sur de nombreux sujets de préoccupation qui nous concernent directement. Alors que la démocratie en santé est sans cesse menacée, nous devons être des acteurs majeurs, pour se faire entendre et participer à ces réflexions qui dessinent l’avenir de la santé de demain et des choix de sociétés qui vont devoir l’accompagner. »
Yvanie Caillé, présidente de Renaloo
« Pour les associations et les représentants des usagers, C’est l’occasion d’investir le champ de l’éthique. Les Etats Généraux sont un moment particulier, mais la réflexion éthique doit vivre de manière plus pérenne. Il faut la porter dans d’autres lieux, à d’autres moments et avec d’autres personnes. C’est une grande ressource, mais ces dialogues sont souvent trop peu portés au sein des établissements de santé par exemple, au plus près des usagers et de leur vécu. Finalement, il faudrait avoir une éthique pragmatique et plus démocratique. »
Jean Wills, Association Alma Paris Allo Maltraitrance
Février – mars : trois auditions pour nourrir les travaux du CCNE
Dans le cadre de ces États généraux, France Assos Santé a proposé au CCNE plusieurs auditions visant à faire émerger les préoccupations et les attentes des usagers sur plusieurs thèmes majeurs :
- Les algorithmes aux commandes de nos parcours de santé : quelles exigences éthiques pour les 16 millions d’éloignés du numérique et les valeurs du système de santé ?
- Nourrir sans nuire : comment articuler les enjeux de production agricole, de santé publique et de préservation de l’environnement dans des politiques alimentaires cohérentes ? avec le Réseau Action Climat
- la pertinence des soins, la juste prescription et les enjeux de sobriété en médecine.
À travers ces contributions, France Assos Santé a notamment défendu une approche fondée sur l’équité, la solidarité, la participation des usagers et la préservation de la dimension humaine du soin.
2 avril : Débats sur les nouvelles solidarités en santé
Le 2 avril, Gérard Raymond est intervenu à l’Académie nationale de médecine lors d’un séminaire organisé dans le cadre des États généraux de la bioéthique, consacré à la question : « La sobriété en médecine, garante de la pérennité d’un système solidaire ? ». Le président de France Assos Santé a pris la parole lors d’une table ronde, animée par Régis Aubry président de l’Institut pour la prévention des vulnérabilités liées à la santé, consacrée aux nouvelles formes de solidarité.
Les défis évoqués ont été nombreux : Vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques et des vulnérabilités, place des aidants et leur inclusion dans la société et le travail, défis du financement du système de santé ainsi que les opportunités et les limites du numérique et de l’intelligence artificielle.
À cette occasion, France Assos Santé a défendu une vision fondée sur la prévention, l’accompagnement des parcours de vie et la nécessité de préserver un système solidaire capable de répondre aux besoins croissants de la population tout en maintenant l’accès aux soins pour tous.
« La question n’est pas seulement de savoir comment soigner davantage de personnes demain. Elle est de savoir comment mieux accompagner les parcours de vie, prévenir plus tôt les fragilités et construire un système capable de rester solidaire face aux défis démographiques qui nous attendent. »
Gérard Raymond, président de France Assos Santé
6 mai : quelle médecine à l’ère de l’IA ?
Le 6 mai, Gérard Raymond s’est exprimé à l’occasion du colloque national sur l’intelligence artificielle dans le cadre des États généraux de la bioéthique, lors de la table ronde « Médecine, société et gouvernance de l’IA », organisé par l’École normale supérieure et l’AP-HP dans le cadre des États généraux de la bioéthique.
Parmi les sujets abordés : la responsabilité des professionnels face aux outils d’intelligence artificielle, la transparence des algorithmes, l’information des patients, ainsi que la place des usagers dans la gouvernance de ces technologies.
Au nom de France Assos Santé, Gérard Raymond a rappelé que l’IA ne saurait être envisagée uniquement sous l’angle de la performance technique. Son déploiement doit s’accompagner de garanties fortes en matière de sécurité, de transparence, de responsabilité et de respect des droits des patients. La technologie doit rester un outil au service du jugement humain et de la relation de soin.
« L’intelligence artificielle et les outils numériques peuvent nous aider à améliorer la qualité des soins et à libérer du temps médical. Mais ce temps gagné doit être réinvesti dans ce qui fait la valeur du soin : l’écoute, l’accompagnement et la relation humaine. La technologie ne remplacera jamais la confiance entre un patient et un professionnel de santé. »
Gérard Raymond, président de France Assos Santé
La participation de France Assos Santé aux États généraux de la bioéthique ne s’est pas limitée aux contributions nationales. Les délégations régionales de France Assos Santé se sont également mobilisées pour faire vivre le débat éthique au plus près des citoyens et recueillir leurs attentes. Retour sur cette mobilisation territoriale dans un prochain article.


