La Journée Mondiale des donneurs de sang met à l’honneur toutes celles et ceux qui, de par un geste simple, contribuent à sauver des vies. L’occasion aussi pour l’Établissement français du sang de réaliser des stocks avant l’été et pour la Fédération Française pour le Don de Sang Bénévole de réitérer sa volonté de faire du don de plasma la grande cause nationale 2027.

La France compte environ 1,5 million de donneurs. Ils fréquentent régulièrement l’une des très nombreuses Maisons du don de l’Établissement français du sang (EFS) ou l’une de ses 30 000 collectes mobiles organisées en moyenne chaque année. Ils sont fêtés le 14 juin lors de cette journée instaurée en 2004 par l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) avec le soutien notamment de la Fédération internationale des organisations des donneurs de sang (FIODS). « Elle vise à remercier les donneurs pour leur altruisme, leur générosité et à célébrer toute la chaîne de solidarité autour d’eux (associations, collectivités, entreprises…) qui aide aux collectes. D’où notre slogan repris encore cette année,  » tous unis par le don“ », précise Sophie Le Cam, directrice générale adjointe de l’EFS. « Cette journée permet également de souligner l’importance des associations locales de donneurs bénévoles (près de 2 600) sur le territoire comme vecteurs d’intégration sociale », complète Jacques Allegra, président de la Fédération Française pour le Don de Sang Bénévole (FFDSB).

Des collectes festives le 14 juin et au-delà

Ainsi ce dimanche 14 juin, dans bon nombre de communes, plusieurs dizaines de collectes festives et des animations sont prévues. Exemple à l’Hôtel de Ville de Paris et de Tours, au Hangar 14 à Bordeaux, au Carreau des Halles à Pau, aux Capucins à Brest ou encore au Musée des Abattoirs à Toulouse. Par ailleurs, pour sensibiliser davantage le grand public au don de sang, l’EFS et la FFDSB ont lancé depuis 2025 une initiative symbolique : inviter les villes à illuminer en rouge un monument ou un bâtiment public. Cette mobilisation est amplifiée cette année avec le soutien du Centre des Monuments Nationaux. Le Pont d’Avignon, les châteaux de Chambord et Chenonceau ou encore le Beffroi à Lille seront éclairés pour rappeler que le don de sang unit aussi les territoires.

Au-delà de cette date, c’est tout au long du mois de juin que les acteurs impliqués dans le don de sang battront le rappel, en organisant d’autres collectes événementielles, l’enjeu étant de faire des stocks avant l’été, période connue pour être compliquée, voire tendue pour les réserves de sang. « On a coutume de dire que les maladies ne prennent pas de vacances contrairement à de très nombreux citoyens. De fait, les besoins restent très importants », précise Sophie Le Cam de l’EFS.

Le don de sang total est la forme de don la plus courante. Il consiste en un prélèvement d’environ 460 ml de tous ses composants : globules rouges, plasma et plaquettes, qui sont ensuite séparés et transfusés aux patients qui en ont la nécessité. Des transfusions, souvent vitales, lors d’hémorragies importantes à la suite d’un accident mais aussi d’interventions chirurgicales. Elles sont également précieuses dans le cas de maladies chroniques comme la drépanocytose (maladie héréditaire du sang) ou pour des affections longue durée comme les leucémies ou certains cancers, quand des malades doivent recevoir un soutien transfusionnel pour pallier les attaques du traitement contre leurs cellules sanguines. « Le sang est l’un des premiers médicaments pour soigner une multitude de maladies », résume Jacques Allegra de la FFDSB.

Des besoins en produits sanguins contrastés

Depuis quelque temps, les besoins en concentré de globules rouges connaissent une érosion. « On observe une baisse de 2 % par an depuis cinq ans liée à des progrès médicaux : meilleure prise en charge des patients avec notamment de nouvelles techniques opératoires qui demandent moins de transfusion », détaille Sophie Le Cam. Les besoins en plaquettes, eux, sont stables. Grâce aux donneurs bénévoles, la France est autosuffisante pour ces deux produits sanguins, ainsi que pour le plasma thérapeutique. En revanche, pour le plasma pour fractionnement, nécessaire à la fabrication de médicaments dérivés du plasma comme les immunoglobulines polyvalentes, la demande est en constante progression. « On note une croissance de 6 à 8 % par an », précise la directrice générale adjointe de l’EFS. Le pays doit importer les deux tiers de ses besoins en la matière, essentiellement depuis les Etats-Unis où les dons sont rémunérés.

Pour améliorer la situation, le ministère de la Santé, à la demande de la FFDSB et des associations de patients, a mis en place, en 2024, le programme Ambition Plasma destiné à renforcer notre souveraineté sanitaire. L’objectif de l’EFS est de passer de 900 000 litres collectés aujourd’hui à 1,4 million en 2028. Cette Journée Mondiale des donneurs de sang 2026 est l’occasion de mettre en lumière cette perspective et d’asseoir en parallèle la volonté de faire du don de plasma la grande cause nationale 2027. « Une proposition de résolution transpartisane, qui a déjà le soutien de nombreux élus, a été déposée le 18 mars dernier à l’Assemblée nationale. C’est un premier pas pour une meilleure sensibilisation sur le sujet », se réjouit le président de la FFDSB.

Si le 14 juin est une date importante, en termes de visibilité, la mobilisation est nécessaire toute l’année. « Nous avons besoin de 10 000 dons de sang par jour pour répondre aux besoins des patients. Donner est un geste simple, sans douleur, qui n’est pas long. La plupart des personnes qui le font la première fois se disent très fières et affirment qu’elles reviendront. Il faut passer le cap ! », encourage Sophie Le Cam de l’EFS.

Conditions pour pouvoir donner son sang :

  • Être majeur (entre 18 et 70 ans révolus) et en bonne santé ;
  • Peser plus de 50 kg.

Contre-indications :

  • Une infection ou de la fièvre (plus de 38°) au cours des deux dernières semaines ;
  • Certains soins ou opérations dentaires ;
  • Des relations sexuelles avec des partenaires différents au cours des 4 derniers mois ;
  • Un tatouage ou un piercing datant de moins de 2 mois ;
  • Un voyage au cours de la dernière année, en fonction du pays/régions visité(es), le délai pour donner votre sang peut varier.

Tous les détails ici.

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