L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) annonce ce 10 septembre 2026 que les femmes utilisant une contraception à base de désogestrel vont recevoir dans les prochains jours un courrier personnalisé les informant du risque rare de méningiome associé à ces contraceptifs. Après une première information des professionnels de santé en juin 2025, puis une nouvelle lettre de sécurité adressée aux prescripteurs le 11 août 2026, ce n’est qu’en septembre 2026 que les femmes concernées sont enfin informées directement et individuellement.
France Assos Santé se félicite que les femmes concernées soient enfin informées directement. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps ?
Le principe de ce courrier avait été acté dès décembre 2024, à la suite des travaux du Comité scientifique temporaire de l’ANSM sur la contraception orale progestative et le risque de méningiome. Une étude menée par EPI-PHARE avait en effet mis en évidence une augmentation très faible du risque de méningiome pour les contraceptions à base de désogestrel seul lors d’une utilisation prolongée chez les femmes de plus de 45 ans.
Il aura donc fallu près de 21 mois entre cette décision et l’envoi effectif d’une information personnalisée aux femmes concernées.
Informer directement les personnes exposées ne doit plus être l’exception.
Cette situation est d’autant moins acceptable que France Assos Santé alerte depuis plusieurs années sur les failles de notre système d’information en matière de sécurité sanitaire.
Cet épisode démontre une nouvelle fois l’urgence de créer un dispositif national, sécurisé et centralisé permettant aux autorités sanitaires d’informer directement et rapidement les personnes concernées lorsqu’un nouveau risque lié à un produit de santé est identifié. France Assos Santé le demande sans relâche depuis 2019.
L’envoi annoncé ce 10 septembre montre que cette information directe est possible. Ce qui est possible pour le désogestrel doit maintenant devenir la règle pour l’ensemble des médicaments et produits de santé.
Une alerte publiée sur un site internet, un communiqué de presse ou une information transmise aux seuls professionnels de santé ne suffit pas. La sécurité sanitaire suppose de pouvoir informée directement la personne exposée au risque, conformément à la loi.
Aujourd’hui encore, les personnes peuvent apprendre plusieurs mois ou plusieurs années après les faits qu’un médicament ou un dispositif médical qu’elles ont utilisé fait l’objet d’une nouvelle alerte. Certains ne l’apprennent jamais.
France Assos Santé demande donc aux pouvoirs publics de mettre enfin en place un véritable dispositif national d’alerte sanitaire individualisée, permettant aux autorités compétentes d’adresser rapidement une information fiable aux personnes identifiées comme ayant reçu ou utilisé un produit concerné, dans des conditions strictes de sécurité et de confidentialité.
Les outils existent. Les données permettant d’identifier les personnes exposées aussi.
Ce qui manque, c’est une organisation pérenne et une décision politique.
Les usagers sont en droit de ne plus vouloir attendre près de deux ans à chaque nouvelle alerte pour être informés de nouveaux risques liés à un produit de santé.


