Le rapport « Charges et Produits » de l’Assurance Maladie est le document annuel par lequel la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (CNAM) formule ses propositions pour améliorer le système de santé et contribuer à l’équilibre financier de l’Assurance Maladie.

Si le rapport Charges et Produits 2027 de l’Assurance maladie reconnaît la nécessité d’améliorer la pertinence des prescriptions et de mieux évaluer les innovations thérapeutiques, face aux milliards d’euros consacrés chaque année aux nouveaux anticancéreux, les propositions restent toutefois largement insuffisantes.

Pour France Assos Santé et la Ligue contre le cancer, le véritable enjeu est de prescrire mieux, sur la base de preuves solides de réels bénéfices pour les patients. Aujourd’hui encore, de nombreux anticancéreux arrivent sur le marché sans démonstration robuste d’un gain de survie ou d’amélioration de la qualité de vie, alors que ces deux critères sont primordiaux pour les patients. Pourtant, le système français continue très largement à prescrire et financer ces traitements sans disposer des outils permettant d’en mesurer les résultats en vie réelle.

Une approche timorée

Le rapport de l’Assurance maladie retient la pertinence des prescriptions et la qualité des soins comme objectifs généraux. Il met également l’accent sur le développement des systèmes d’aide à la décision médicale et l’amélioration de la pertinence des prescriptions. Mais sur le sujet des médicaments anticancéreux, les propositions concrètes restent limitées. Aucune mesure forte n’est proposée, excepté la mise en œuvre d’essais de désescalade thérapeutique dans la continuité du rapport de 2026. Le diagnostic est posé, mais les outils permettant d’agir restent absents.

France Assos Santé et la Ligue contre le cancer défendent une logique beaucoup plus ambitieuse, fondée sur des résultats tangibles. Nous demandons notamment :

  • Que tous les essais confirmatoires recueillent systématiquement des données de survie globale et de qualité de vie ;
  • Que les essais de désescalade thérapeutique bénéficient enfin d’un financement dédié par les industriels et l’Assurance maladie ;
  • Que les recommandations de prescription soient effectivement appliquées ;
  • Que les modalités de financement des établissements encouragent la pertinence plutôt que les volumes ;
  • Que des outils comme les accords préalables ou les systèmes d’aide à la décision médicale puissent être mobilisés lorsque cela est justifié.

Les soins non pertinents, à commencer par les surprescriptions provoquent des effets indésirables, parfois graves, sans pour autant permettre aux patients de bénéficier d’une augmentation de l’espérance de vie ou d’une amélioration de la qualité de vie. Ces pratiques inappropriées génèrent également des dépenses inutiles par notre Assurance maladie solidaire.

Le temps des constats a assez duré : France Assos Santé et la Ligue contre le cancer appellent l’exécutif à transformer les propositions prudentes de l’Assurance maladie en réformes concrètes.

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