France Assos Santé se félicite de l’adoption en première lecture par l’Assemblée nationale de la proposition de loi visant à réduire l’exposition de la population au cadmium, un métal lourd toxique dont les effets sur la santé sont connus depuis longtemps et dont les autorités sanitaires demandent la réduction à la source depuis plusieurs années.

Cette avancée était attendue. En France, la population est exposée à des niveaux de contamination au cadmium parmi les plus élevé…, de l’ordre de trois à quatre fois supérieurs à ceux observés dans plusieurs pays voisins. Cette situation n’est pas une fatalité : elle résulte notamment d’une dérogation obtenue par la France en 2019, autorisant l’utilisation d’engrais phosphatés contenant jusqu’à 90 mg de cadmium par kilogramme, contre 60 mg/kg dans le cadre européen.

Or les conséquences sanitaires sont particulièrement préoccupantes. Le cadmium s’accumule dans l’organisme tout au long de la vie. Il est associé à des atteintes rénales et osseuses, à des maladies cardiovasculaires et à plusieurs cancers. Face à cette menace, les agences sanitaires n’ont cessé de rappeler l’urgence d’agir sur la principale source de contamination : les fertilisants agricoles.

France Assos Santé salue donc le choix des députés d’avoir retenu une trajectoire permettant d’abaisser le seuil de cadmium dans les engrais à 20 mg/kg d’ici 2030, conformément aux recommandations scientifiques. Ce vote est d’autant plus important qu’il est intervenu contre l’avis du gouvernement, qui défendait une position beaucoup moins ambitieuse, repoussant cette échéance à 2038, et sous conditions.

Dans un contexte où les données scientifiques sont claires et où les alertes sanitaires se multiplient, il est particulièrement préoccupant que l’exécutif ait cherché à ralentir une mesure de prévention pourtant largement documentée et soutenue par les experts. En choisissant de suivre la science plutôt que l’inaction, les députés ont envoyé un message fort : lorsqu’il s’agit de protéger la santé de la population, l’attentisme n’est plus acceptable.

Mais attention, cette première victoire parlementaire n’est qu’un début et le chemin à parcourir reste long : le texte doit désormais être examiné au Sénat. France Assos Santé restera mobilisée pour que la France mette enfin fin à une exception injustifiable qui expose inutilement sa population à un contaminant reconnu comme cancérogène et dont les effets pèsent déjà sur la santé de millions de personnes.

En vue de l’examen au Sénat, foodwatch lance une pétition citoyenne pour interpeler les sénateurs et permettre à cette loi de se concrétiser en urgence :

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