Plus de 8 000 personnes sont décédées, en France, en raison des épisodes caniculaires qui ont sévi de manière quasi continue entre le 24 mai et le 20 août, selon les informations fournies ce 16 septembre par Santé publique France. Au total, 8 124 morts dits « en excès », chiffre qui fait de cet été, et même un peu plus, l’un des plus meurtriers depuis les fortes chaleurs de 2003 qui avaient entraîné le décès de 14 802 personnes.

Sans surprise, ce sont les personnes de 75 ans et plus qui paient le plus lourd tribut à ces excès de chaleur : elle représente 70 % des victimes. Pour autant, aucune tranche d’âge n’est épargnée. Ainsi des personnes entre 45 ans et 64 ans, avec 11 % de décès en excès de mortalité toutes causes, notamment en juillet. Pour juin, Santé publique France avait fait état, dans son premier bilan, d’une surmortalité plus marquée chez les 15-44 ans, qui s’élevait à 30 %.

Parmi les personnes vulnérables particulièrement fragilisées par ces vagues de chaleur à répétition et excessivement intenses, il y a les usagers, les patients, notamment atteints de maladies chroniques, et les personnes défavorisées sur le plan socio-économique : accès à un médecin, aux transports sanitaires, à la continuité des soins (au point de conduire à un renoncement aux soins), à l’information des risques sanitaires liés à la prise de certains médicaments qui interagissent avec la chaleur, sans oublier, tout simplement, l’accès à un lieu rafraîchi. Les conséquences des pics de chaleur durables interrogent aussi la capacité du système de santé à prendre en charge ces personnes, souligne France Assos Santé dans sa contribution à une Mission d’information flash sur le coût des canicules, remise ce 16 septembre à la commission des finances de l’Assemblée nationale.

Ce document d’une quarantaine de pages repose pour une large part sur les témoignages de patients, de personnes en situation de handicap ou de perte d’autonomie, de proches aidants, issus des associations membres de France Assos Santé (Efappe Epilepsies, Endomind, La Ligue contre le cancer, Renaloo, Unafam, etc.). Autant d’expériences qui décrivent les risques et les carences en termes d’accès aux soins, auxquels sont exposées les personnes les plus vulnérables, qualificatif qui ne flèche pas uniquement les séniors.

France Assos Santé y défend une « vision collective de la santé », appelant à « faire du climat un enjeu politique de santé publique », ainsi qu’elle l’avait déjà exprimé fin juin, aux côtés d’Oxfam France et du Réseau Action Climat, en appelant à « actionner tous les leviers pour faire de la transition écologique et de la santé la priorité absolue ».

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