Ce portrait a été réalisé par France Assos Santé Grand-Est.

Jean‑Pierre Brunseaux se présente avec simplicité. Trésorier de l’UDAF de Haute‑Marne, il siège également comme Représentant des Usagers au Centre hospitalier de Bourbonne‑les‑Bains. Avant d’endosser ce rôle, il évoluait dans un tout autre décor : celui de l’aéronautique et du nucléaire, un univers de normes, de sécurité et de rigueur technique. « Rien à voir avec la santé », sourit-il volontiers, presque amusé de ce virage inattendu.

Ce détour par la santé, il l’a pourtant vécu dans sa chair. Un accident de moto — « le poids lourd a gagné », commente-t-il avec un humour sec — l’a obligé à fréquenter divers services hospitaliers pendant plusieurs mois. Une immersion forcée, mais fondatrice : il y observe in fine le quotidien des patients, le fonctionnement des équipes, les zones d’ombre comme les gestes qui rassurent. Une expérience marquante qui a affiné son regard d’usager.

Aujourd’hui, Jean‑Pierre entame déjà sa deuxième mandature. Quatre ans qu’il représente les usagers, un rôle qu’il exerce avec sérieux, humour et un sens aigu du concret.

Les raisons pour lesquelles vous aviez candidaté ?

« Honnêtement, c’est un peu le hasard : la présidente de l’UDAF m’a dit qu’il manquait quelqu’un à Bourbonne, et on n’avait personne dans le secteur. Comme souvent dans les associations, on m’a “tiré par le bras” et j’y suis allé.

Mon ancien métier n’avait rien à voir avec la santé, mais justement : j’arrivais avec un regard d’usager, pas formaté au fonctionnement hospitalier. »

Ce qu’être Représentant des Usagers permet selon vous ?

« Pour moi, le RU est une courroie de transmission : un lien entre les patients et les professionnels. On n’est pas là pour gêner qui que ce soit, mais pour aider les deux côtés. On fait remonter ce que vivent les patients, et on explique aussi aux équipes qu’on peut agir ensemble.

Nous avons d’ailleurs animé plusieurs réunions RU‑professionnels en petit comité pour mieux nous faire connaître des professionnels et fluidifier les échanges. »

Ce qui vous a aidé à investir ce rôle ?

« La formation « RU en avant », animée par France Assos Santé, m’a beaucoup aidé. Et surtout, j’ai eu la chance d’avoir un président de CDU avec qui le courant est passé tout de suite.

On se téléphone avant les réunions, on se coordonne, et on a réussi à obtenir un vrai fonctionnement : accès aux réclamations, aux lettres des patients, etc. On forme un groupe de RU soudé, ce qui est précieux. »

Les retombées positives que vous avez pu percevoir ?

« Il y en a eu beaucoup. Par exemple, pour la signalétique, nous avons demandé des améliorations pour éviter que les patients se perdent à l’entrée : panneaux déplacés, ajout de chaînettes, avec un projet de fléchage qu’on espère voir harmonisé entre les 3 établissements du groupement… Cela a été fait en une journée.
Nous avons aussi obtenu qu’un plan avec nos coordonnées soit affiché dans toutes les chambres.

Les professionnels nous sollicitent davantage, certains nous remercient même car cela améliore leur quotidien aussi. Et le taux de satisfaction des patients est très élevé. »

Pourquoi, si demain vous deviez renouveler votre mandat, vous le feriez sans hésiter ?

« Je l’ai déjà renouvelé ! Je me sens bien dans ce rôle : ça marche, c’est utile, on trouve des solutions concrètes. Si un jour cela devenait une simple chambre d’enregistrement, j’arrêterais tout de suite. Mais tant qu’on peut agir, faire bouger les choses et être entendus, je continue. Et une CDU sans RU, ce n’est pas une vraie CDU. »

Un message pour celles et ceux qui hésiteraient à devenir RU ?

« Ne pas avoir peur. On peut être dérouté par les sigles et les codes du milieu hospitalier, mais on apprend vite. Si on a envie de faire du bien, il faut y aller.
Comme disait Coluche : « Le bénévolat, ça ne paye pas, mais ça nourrit. »

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